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Publié par Patrick Granet

ensent apercevoir un ovni en France. Depuis 1978, le Geipan (groupe d'études et d'informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés), collecte les témoignages sur les observations d’ovnis et enquête sur le terrain.

Organisme public, le Geipan, basé à Toulouse au sein du Centre national d’études spatiales (Cnes) a une double mission. D’ordre civique – pour rassurer et trouver des éclaircissements à des témoins parfois paniqués – mais également scientifique. Les observations de phénomènes étrangers mènent parfois à des découvertes sur ce qui se passe au dessus de nos têtes. En près de quarante ans, le Geipan a collecté 3 700 rapports d’observation. Le plus vieux témoignage recensé concerne un événement de 1952.

Le début du phénomène «ovnis»

Quelques années plus tôt, en 1947, c’est aux Etats-Unis qu’a lieu la première rencontre connue avec un ovni. Kenneth Arnold raconte avoir croisé neuf disques brillants au-dessus des montagnes de l’Etat de Washington. Il décrit alors des objets se déplaçant deux fois plus rapidement que le son, alors qu’aucun avion n’a encore franchi ce cap à l’époque. Son récit est largement diffusé dans les journaux, lançant le phénomène des ovnis. Du vol de pélicans à une rencontre avec des avions expérimentaux en passant par une invention de toute pièce de l’histoire par la presse, des nombreuses explications ont été avancées, sans éclaircir le mystère

elon les spécialistes, le phénomène des ovnis s’explique en partie par l’influence de la pop-culture. Près de 1 000 témoignages ont été recensés en France entre 1980 et 1990, en faisant la période la plus foisonnante en terme d’observation. En 1982, le film E.T. sort sur les écrans. Cinéma, bande dessinées, ufologie – étude des ovnis – ces années étaient fortement marquées culturellement par les histoires d’extraterrestres. Le nombre d’observation a ensuite diminué année après année, jusqu’à 400 environ de 2000 à 2010.

«Notre cerveau fonctionne de telle façon que lorsqu'il voit quelque chose qu'il ne comprend pas, il a

Maillot, collaborateur du laboratoire de zététique de l’université de Nice. Il a mené de nombreuse enquêtes sur des témoignages d’ovnis. «Chacun réagit à sa façon : un bijoutier va comparer la patrouille de France de nuit à un collier de diamant en train de voler. Les références sociopsychologiques de chaque personne vont influencer leur observation en modifiant leur taille ou leur vitesse. Les personnes marquées par la science-fiction ont plus vite tendance à aller vers l'explication extraterrestre.»

La mystérieuse fusée russe

Maillot, collaborateur du laboratoire de zététique de l’université de Nice. Il a mené de nombreuse enquêtes sur des témoignages d’ovnis. «Chacun réagit à sa façon : un bijoutier va comparer la patrouille de France de nuit à un collier de diamant en train de voler. Les références sociopsychologiques de chaque personne vont influencer leur observation en modifiant leur taille ou leur vitesse. Les personnes marquées par la science-fiction ont plus vite tendance à aller vers l'explication extraterrestre.»

La mystérieuse fusée russe

Le 5 novembre 1990 fut un jour exceptionnel. Un «étrange phénomène lumineux» a traversé une grande partie de la France en fin de soirée. Plus de 500 témoignages ont été enregistrés ce jour-là. Après recherche, le Geipan a conclu à l’entrée dans l’atmosphère du troisième étage d’une fusée russe retombant après son lancement.Dans leurs récits, les témoins décrivent la plupart du temps un objet rond, la fameuse soucoupe volante. Cette image populaire est née d'un malentendu. Lorsque Kenneth Arnold parlait de soucoupes, ce n’était pas pour évoquer leur forme, mais bien le mouvement,«comme des soucoupes rebondissant sur l'eau». L’Américain avait plutôt évoqué des«ailes». Mais les journaux ont fait leur gros titre sur «des soucoupes volantes dans le ciel» et ont implanté pour de bon cette image dans la tête

Blanc, rouge, orange

les observations consignées par le Geipan décrivent des couleurs correspondant aux phénomènes spatiaux les plus courants. Etoiles, satellites, illusions dues aux reflets du soleil colorent le ciel de halos lumineux blancs, rouges ou orange. En fonction des années, les phénomènes pris à tort pour des ovni ont changé. Dans les années 1980, les premiers spots de boîtes de nuit dessinant des disques dans le ciel ont pris au dépourvu beaucoup de témoins pas encore habitués. De nos jours, ce sont plutôt les lanternes thaïlandaises, ces bougies volantes lâchées dans le ciel pour diverses célébrations, qui surprennent les promeneurs.

10% de témoignages inexplicables

A l'aide de rapports météorologiques, de données sur les vols spatiaux ou militaires, le Geipan arrive à résoudre la plupart des cas qui lui sont présentés. Mais un cas sur dix considéré comme sérieux n'est pas encore résolu. «Des témoignages que l'on ne peut pas expliquer, il y en aura toujours, concède Eric Maillot. Parfois, j’ai mis plus de vingt ans pour trouver l’explication à un témoignage.»Le travail d’enquête des amateurs ou du Geipan est compliqué par le fait que les récits des témoins peuvent être très éloignés de la réalité. «Du point de vue émotionnel, les témoins peuvent avoir un tas de réactions différentes. Cela peut être neutre, de la peur, de la transcendance, limite divin. Pour certaine, un clignotement peut être expliqué comme une tentative de communication. Le gros piège est de penser que la charge émotionnelle ou l'étrangeté du récit confirment l'étrangeté de l'objet», poursuit Maillot.

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