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Publié par Patrick Granet

Mexique : sur l'auto-dissolution des « Cellules Autonomes de Révolution Immédiate–Praxedis G. Guerrero »

Ni mensonge, ni invention ! Avant tout l’action anarchiste contre l’Etat/Capital :
Quelques mots, explications et positionnements de la part des quelques compagnon-ne-s qui avons constitué les CARI-PGG

« Il n’y a eu ni fin, ni enterrement. Le conflit a continué, tandis que la critique avançait. Une critique acerbe contre le système de domination, mais surtout une critique envers nous-mêmes. Nous avons créé des réflexions et de nouvelles perspectives sont nées en nous, mais l’attaque contre le pouvoir a continué et reste encore d’actualité » …

Nous n’adressons pas ces mots à un quelconque journaliste, d’Etat ou alternatif. En effet, ces journalistes ne font rien de moins que calomnier les paroles du révolutionnaire pour les classer en « bonnes ou mauvaises causes », en « causes justes ou injustes ». Ces mots ne s’adressent pas non plus aux sempiternels gauchistes qui, depuis le début de cette guerre qu’il nous est donné de livrer avec d’autres, n’ont cessé de nous cataloguer sous d’absurdes qualificatifs tels que « terroristes, ultragauchistes, aventurier-e-s, insus, flics, exagéré-e-s, etc. ».

Ces mots et ces réflexions sont et seront toujours pour les compagnon-ne-s honnêtes, pour celles et ceux qui ne sont pas laissé berner ou hypnotiser par une propagande visuelle tape-à-l’œil ; ils sont aussi pour celles et ceux qui vivent au quotidien dans le conflit contre l’autorité, un conflit destiné à anéantir tout pouvoir et tout dogme, y compris cette pantomime de pouvoir populaire. Pantomime, qui en ces temps troubles et malheureux a attiré dans ses filets d’innombrables individus et projets libertaires, leur faisant croire que pouvoir populaire est synonyme d’anarchie, alors qu’en réalité ce sont des concepts et des luttes antinomiques.

Ces réflexions et ces mots s’adressent à celles et ceux qui vivent le conflit à la première personne, qui font que l’anarchie est beaucoup plus qu’un mot, ainsi qu’aux autres compagnon-ne-s qui, étant proches de la pratique de destruction de l’existant, voudront bien les lire. Ce n’est qu’une petite partie de l’histoire, racontée par celles et ceux qui l’ont vécue … pour que d’autres ne la racontent pas à leur manière.

1- Qu’ont été les CARI-PGG ?

Cellules Autonomes de Révolution Immédiate–Praxedis G. Guerrero, nous avons été un groupe d’individualités anarchistes qui avons décidé ensemble de passer à l’action au cours des derniers mois de l’année 2008 avec quelques actions incendiaires non revendiquées telles que des attaques à coup de cocktails molotov contre des banques et d’engins incendiaires contre des patrouilles de police. C’est le 8 septembre 2009 que sous le sigle CARI-PGG nous avons attaqué avec un engin explosif un concessionnaire Renault à quelques rues de l’Aéroport International Benito Juárez à Mexico DF. Cette action a été revendiquée par un court communiqué contre la construction d’un nouveau et énorme commissariat de police et d’une nouvelle prison aux mains du gouvernement de la capitale, dirigé à l’époque par Marcelo Ebrard du PRD. Cependant, cette action se plaçait aussi dans la continuité de ce qui précédait, mais dans un temps où l’agir anarchiste local commençait à nouveau. En disant « nouveau », nous ne faisons pas référence au fait que serait née une « nouvelle anarchie », nous nous référons seulement à une nouvelle étape venue poursuivre la lutte que les compagnon-ne-s avant nous avaient déjà mise en pratique.

Du 1er au 21 septembre de cette année 2009, divers groupes anarchistes, éco-anarchistes et de libération animale ont fait irruption dans le panorama local, utilisant le mode opératoire de l’engin explosif artisanal construit avec de la dynamite et des bombonnes de gaz butane pour passer à l’attaque contre les structures de la domination. Il faut pourtant dire que pour certains de ces groupes, nous attaquions déjà auparavant, dans l’anonymat ou avec un petit communiqué sans aucun sigle – sauf l’ALF et le FLT qui ont toujours revendiqué leurs actions. A partir de ce 1er septembre et jusqu’à aujourd’hui, les attaques explosives, les incendies volontaires, les mitraillages de flics et les expropriations anarchistes ont inondé presque tous les états de ce pays ; depuis l’heure, les attaques contre le pouvoir n’ont pas cessé et elles ne cesseront pas, bien que ce soit ce que beaucoup souhaiteraient.

En décembre 2009, après plusieurs rencontres avec d’autres compagnon-ne-s, quelques compagnon-ne-s du Front Subversif de Libération Globale (qui depuis environ 6 mois commençaient à revendiquer diverses actions, entre autres des attaques de banque au molotov, des attaques de cabines téléphoniques de l’entreprise Telmex et l’attaque explosive au gaz butane du 1er septembre qui marquera une ligne claire dans l’agir de divers groupes) décident de « faire partie » des CARI-PGG, agissant en tant que cellule coordonnée. C’est ainsi que l’action des CARI-PGG s’est amplifiée et les 31 décembre 2009, les noyaux de CARI-PGG nous avons fait exploser deux engins dans des banques de Metepec (Etat de Mexico) qui ont été totalement détruites, ainsi qu’un autre dans un abattoir à Nicolás Romero, dans l’état de Mexico ; cela participait d’une coordination au niveau national avec des cellules anarchistes et le FLA-FLT de l’état de Mexico et de San Luis de Potosí. Au total, 9 attaques ont été réalisées la nuit du 31 décembre, la plupart avec des engins explosifs et ce fut sans aucun doute un coup de propagande anarchiste que l’Etat mexicain a pris comme une menace totale.

Les CARI-PGG sont nées dans un climat d’extrême tension dû aux divers conflits sociaux qui avaient surgi les années antérieures, comme ceux de Oaxaca, Atenco, comme les émeutes récurrentes dans les défilés du 1er mai et du 2 octobre. Mais cela a aussi contribué à ce qu’un conflit qui ne resta pas en marge de ces révoltes et conflits sociaux se propage et s’étende, devenant un problème pour le système. Nous n’avons été ni les premiers, ni les seuls. Et nous savions bien, comme nous le savons aujourd’hui, que nos « bombinettes » dans les banques ne renverseraient pas l’Etat d’un jour à l’autre, comme l’ont affirmé d’un ton moqueur nos détracteurs, c’est-à-dire les repentis, les détracteurs d’une insurrection pour laquelle ils avaient « lutté » dans leur folle jeunesse. Avant tout, nous avons été des individualités qui avons fait ce que nous pensions nécessaire, par les moyens que nous considérions adéquats à l’époque (attaques et paquets explosifs en général). Aujourd’hui et en tant qu’individualités, nous continuons à croire dans la nécessité de l’attaque et de la destruction du pouvoir ; cette idée vit dans nos cœurs, sans médiation ni accord avec le pouvoir, mais sous d’autres modes organisatifs et avec d’autres éthiques que nous considérons nécessaires pour avancer l’insurrection pour l’anarchie.

Le nom que nous avons choisi a toujours signifié pour nous notre conception de l’action anarchiste : l’anarchie est ici et maintenant. C’est pourquoi nous appelons à la révolution immédiate, aujourd’hui, pas demain ou après-demain, ni quand les conditions seront mures ; et si nous parlons de conditions, alors il faut les impulser et pas attendre qu’elles se donnent.Mais l’immédiat veut aussi dire pour nous l’attaque individuelle, informelle et autonome, parce que pour nous l’insurrection est un mouvement collectif de réalisation individuelle. Voilà ce qu’a signifié le sigle, même si actuellement et depuis quelque temps nous nous requestionnons sur le sens que nous avons donné à notre informalité. A propos du nom de Praxedis G.Guerrero nous pouvons seulement souligner que l’intention a été de revendiquer un anarchiste local, un comme un autre, qui a compris l’anarchie comme quelque chose d’intégral, pas comme des fractions divisées entre théoriser d’abord et agir après. Notre intention a aussi été de sortir de l’oubli un anarchiste – comme lui, beaucoup d’autres ont été enterrés par les défaitistes de l’insurrection– qui a compris l’importance de l’agir tant collectif qu’individuel et a saisi que les collectifs ne sont pas une masse amorphe, mais qu’ils sont (ou du moins devraient l’être) formés d’individus actif-ve-s et conscient-e-s de leur propre individualité. Praxedis G.Guerrero, comme nous, ne croyait pas aveuglément dans les masses, car il avait aussi compris la complicité que celles-ci entretenaient avec leurs maîtres et leurs matons et sans peur d’être démentis nous pourrions affirmer qu’en son temps il a avancé sa propre critique de la servitude volontaire qui est la complicité du peuple avec ses maîtres dans tout leur agir. Praxedis a refusé de faire partie des intellectuels de la révolution, ce que lui recommandaient d’autres anarchistes en référence à sa capacité intellectuelle dans sa reconnaissance des divisions absurdes des tâches. Au lieu de ça, il a préféré aller au combat frontal contre l’ennemi, ce qui lui a valu de mourir sur le champ de bataille le 31 décembre 1911 à Janos, Chihuahua. Aujourd’hui, nous avons abandonné la revendication de compagnon-ne-s convertis en icônes par les révolutionnaires eux-mêmes, tout comme celle de sigles ou d’acronymes, car nous ne nous revendiquons que nous-mêmes, comme individus en conflit constant avec l’autorité et le pouvoir.

Nous pourrions bien sortir une liste de toutes les fois où nous avons attenté contre le pouvoir et faire une brochure sur nous et le groupe que nous avons été, il ne manque ni de matériel, ni d’histoires, de critiques et d’expériences de chacun-e. Pourtant, cela ne nous intéresse pas de faire de nous un mythe, car cela signifierait passer à l’histoire comme un groupe d’aventuriers de plus et annihiler l’essence de nos attaques. En même temps, faire cela laisserait à la marge d’autres compagnon-ne-s qui ont agi en même temps que nous. Cette propagande ne nous intéresse pas. Ce qui nous a intéressés et nous intéresse encore, c’est la subversion des rôles sociaux imposés et la propagation des attaques contre le pouvoir, visant à rien de moins qu’à sa destruction.

Nos dernières attaques en tant que CARI-PGG (en prenant en l’occurrence le sabotage et l’action directe comme définition d’attaque, car nous entendons par ce terme tout un éventail d’interventions qui ne se centralisent pas en une ou deux manières) ont été en novembre 2013 des attaques explosives coordonnées contre des institutions bancaires et des camions de propriétaires terriens à Teluca, Mexico DF et Nezahualcóyotl. Ces actions ont été revendiquées par un court communiqué en solidarité avec la grève de la faim de Mario González. Il faut ajouter qu’à cette époque nous entrions déjà dans une critique envers nous-mêmes, comme individus et comme « organisation ». Durant des années, nous avons laissé ces critiques de côté, précisément parce que nous avons vécu une partie de tout ce temps extrêmement immergés dans les nécessités que requiert le fait de maintenir un groupe stable – et à certain point formel– d’action anarchiste, ce dont nous ne nous repentons certainement PAS, même si aujourd’hui nous réfléchissons là-dessus.

2- Quelques explications nécessaires.

Beaucoup de choses ont été dites sur les CARI-PGG car, de la même façon qu’une infinité de gens ont maintenu une forte sympathie pour le groupe (sympathie que nous n’avons jamais voulue… nous voulions la ,propagation de l’attaque !), nous avons eu aussi de féroces détracteurs qui, sans rien savoir de nous, nous ont accusé (et continuent à le faire aujourd’hui encore !) y compris de ce qu’il y a de plus misérable, comme par exemple « de faire le boulot de l’EPR, de l’ERPI, du TDR-EP et d’autres guérillas Marxistes-Léninistes »… Quelles accusations de merde !

Les CARI-PGG sont nées d’une conception anarchiste qu’elles n’ont jamais abandonnée. Une conception anarchiste proche de l’insurrection et critique contre tout type de pouvoir et d’autorité, mais elles sont aussi nées d’une conception organisative antagonique à toute structure armée hiérarchique ; nous les refusions à l’époque et nous les refusons et critiquons avec encore plus de force, d’arguments et de détermination aujourd’hui.

Nous pensons que la misérable accusation selon laquelle nous aurions fait (ou faisons) partie de l’EPR, TDR-EP ou ERPI est surtout née de l’envie et de l’esprit de concurrence de quelques pauvres imbéciles, ou bien du fait « de n’avoir rien d’autre à foutre de leurs vies que de raconter des conneries ». Mais comme cette accusation n’a pas seulement été portée contre les CARI-PGG, mais aussi, quoique dans une moindre mesure, contre les compagnon-ne-s de la Cellule Insurrectionnelle Mariano Sánchez Añon, contre les compagnon-ne-s d’Action Anarchiste Anonyme de Tijuana et même contre les CCF locales… bref contre toutes celles et ceux qui se sont efforcé-e-s à mettre l’anarchie en pratique, c’est-à-dire qui ont attaqué le pouvoir sans médiation, et bien nous pensons que ces signalements sont teintés d’autre chose que de la simple envie ou concurrence. Pour nous, ce genre de ragots populaires ont leur racine dans un théorème plutôt clair, celui de la contre-propagande ; c’est-à-dire qu’il sont partis de la logique « puisque les anarchistes CONSCIENT-E-S DE CE QU’ILS SONT nous rejettent, alors qu’ils et elles soient rejeté-e-s également », « que tous pensent qu’ils et elles sont subordonné-e-s à ceux-ci ou à ceux-là », pour qu’ils ne « suivent pas leur chemin », « pour qu’ils et elles ne propagent pas les attaques contre le pouvoir », « pour qu’ils et elles ne propagent pas leur idée individualiste de l’insurrection »… cette merde ne nait pas d’un seul esprit croyant dans la concurrence, dans le quantitatif et dans la lutte par imitation, manipulation et fanatisme.

Quoi qu’il en soit et bien que nous sachions clairement que beaucoup savent ce à quoi nous faisons exactement référence et dont nous ne parlerons JAMAIS publiquement, précisément pour ne pas tomber dans la DELATION, ce que nous avons à dire sur le sujet c’est que les CARI-PGG n’ont jamais été subordonnées aux ordres d’aucun groupe de pouvoir ni d’aucune guérilla rouge, qu’elle s’appelle EPR, TDR-EP, FARP, EZLN ou ERPI. Ce n’est pas pour rien que nous avons mis AUTONOMES à notre sigle du moment. Nous n’avons jamais reçu ni argent ni armes d’aucune de ces guérillas et ce que nous avons eu, nous nous le sommes procuré grâce aux modestes contributions de chaque individu qui a formé les CARI-PGG, fruit de notre travail d’exploités, ainsi que par quelques expropriations monétaires et de récupérations d’armes aux uniformes. Tout comme nous n’avons jamais occupé notre temps et notre espace à les critiquer ou à les attaquer verbalement, nous n’avons éprouvé non plus aucun intérêt pour ces organisations.

Alors arrêtez tout de suite, ne serait-ce que pour votre propre dignité !

3-Une plateforme informelle ? Quelle stupidité !

Parmi les conceptions qui ont animé les CARI-PGG, il y avait celle de l’insurrection, celle de l’informalité, celle de l’attaque et le conflit quotidien. Thèses que nous concevions à l’époque avec une idée très particulière, née surtout des nécessités du temps qu’il nous a été donné de vivre en tant que groupe. Même s’il y a eu quelques manquements, erreurs ou des perspectives qui ont pris une autre direction – comme par exemple le fait que les sigles et les communiqués finissent par être une nouvelle identité, alors qu’au début nous avions décidé de les utiliser comme une nécessité pour que nos actions pour la liberté ne se confondent pas avec les agissements des narcotrafiquants ou des guérillas communistes en quête de pouvoir –, nous ne sommes jamais tombés dans des stupidités et des déviations magistrales comme celle de vouloir constituer une “plateforme informelle”. Une plateforme informelle ? La plus grande des contradictions parmi les contradictions quotidiennes que tou-te-s les anarchistes connaissent – surtout ceux qui se targuent de “politiquement corrects”. Plateforme et informalité sont des concepts antinomiques, tout comme le sont aussi “commando et informel”.

L’idée et la pratique de l’informalité anarchiste telle que nous la concevons aujourd’hui, rompt nettement précisément avec l’idée organisative d’une plateforme du simple fait que l’informalité ne reconnaît aucune structure pour agir pour organiser la lutte et même pour vivre nos vies. La plateforme est une manière d’agir de manière subordonnée à certains paramètres établis par un ou des groupe(s) et ce n’est qu’en agissant à l’intérieur de ces paramètres que l’on peut avancer dans la lutte, sinon ce serait le chaos et la désorganisation : ce avec quoi nous ne sommes pas d’accord. L’informalité est une manière d’agir et de s’organiser basée sur le libre accord, sur la non délégation, sur la responsabilité individuelle, sur l’autonomie de l’individu ; l’informalité détruit les schémas hiérarchiques ou de délégation qui donnent vie à une plateforme. L’informalité détruit tout dogme, toute organisation identitaire qui nie l’individu ; mais elle règle aussi les comptes avec les commandos, car pour l’informalité il n’y a ni « commandants, ni commandés », c’est-à-dire ceux qui forment les « commandos ».

C’est pour ces motifs qu’à un moment nous avons refusé, sans le rendre public, l’invitation à étendre le conflit que les « Guérillas Noires » nous avaient adressée, ainsi qu’aux compagnon-ne-s de Sánchez Añon. Outre le fait que nous n’avions déjà plus rien à voir en tant que groupe, cela été surtout dû au fait que nous critiquions que l’organisation sur le mode des guérillas puisse être compatible avec la pensée, l’éthique et la pratique anarchiste, particulièrement pour quiconque est partisan d’une organisation informelle. Mais ce fut aussi parce que, même si nous avons toujours été pour une insurrection généralisée et populaire, nous n’avons rien à faire avec le populisme populacier insurrectionaliste qui s’exprime dans certains communiqués publiés actuellement ; être pour une insurrection généralisée et populaire est une chose, mais le populisme pur et dur quoique bien camouflé, bien accommodé, bien digeste et qui veut bien passer en est une tout autre.

Il faut être authentiques et créatif-ve-s, il faut chercher nos propres chemins, entrevoir nos propres horizons, créer nos propres projectualités et projets de lutte et cesser d’essayer d’imiter les guérillas rouges, arrêter de vouloir se mettre « à leur niveau » et de fanatiser leur image visuelle ou le fétichisme des armes, laisser de côté et critiquer la glorification des attaques armées spectaculaires qui s’imposent elles-mêmes comme la forme supérieure de lutte ou d’attaque face aux attaques plus simples. Comme nous l’affirmions auparavant, nous l’affirmons maintenant : pour nous, il n’y a pas de différence entre une embuscade contre un commando de la Police Fédérale, un incendie de voitures avec un engin incendiaire rudimentaire ou un molotov contre un distributeur ; ce qui importe vraiment, c’est la perspective dans laquelle se place l’attaque, l’impact qu’elle cause en termes qualitatifs, ce qui importe vraiment, ce sont les pourquoi, les pour quoi et la finalité.

L’informalité est et sera toujours notre proposition, alors que la « plateforme informelle » n’est rien de moins qu’une aberrante déviation du terme et de la pratique de l’informalité.

4-Le conflit continue et doit continuer malgré toutes les conséquences

Contrairement à ce qu’affirment certaines grandes gueules et délateurs de merde qui disent que ce sont eux qui ont constitué, qui ont « initié et formé » les CARI-PGG et ont entrainé … Oups, so sorry ont « recruté » celles et ceux qui « ont fait partie de ce projet » (des compagnon-ne-s dont d’ailleurs personne ne sait qui ils sont, ni qui nous sommes, par conséquent ces blabla se réduisent à des suppositions [délation] et à des inventions de mythomanes invétérés … mais malheureusement leur mythes peuvent finir par affecter des compagnon-ne-s qui n’ont rien eu à voir avec ce projet) et qui affirment que les CARI-PGG nous sommes retirés du conflit ou que nous sommes tombés dans l’inactivité, pour notre part nous affirmons que c’est le cas ni de l’un, ni de l’autre.

La lutte dans laquelle nous sommes beaucoup, vraiment beaucoup de compagnon-ne-s à être entré-e-s il y a longtemps d’une manière ou d’une autre a donné ses fruits. La défense acharnée et quotidienne de l’attaque qui s’est reflétée aussi bien dans la théorie que dans les faits est sans doute un élément important qui a impulsé l’agir des compagnon-ne-s au cours des dernières années de révoltes de rue à la lumière du jour – ce qui a d’ailleurs toujours fait partie de l’intention des CARI-PGG, car nous n’avons jamais conçu l’attaque comme un moment ne se donnant que dans l’obscurité de la nuit, mais plutôt qu’elle se met en pratique partout et à tout moment. Cela est allé de pair avec des « conditions » de mécontentement social présentes de 2006 jusqu’à ce jour, c’est-à-dire que notre activité, comme celle de beaucoup de compagnon-ne-s –car nous n’avons été ni ne sommes les seul-e-s– n’a été qu’une intervention (quoiqu’une grande contribution) pour que la guerre sociale s’intensifie et qu’elle atteigne un certain point, et cela ne s’accomplit qu’avec de la détermination et des convictions. Ça a été une contribution de taille pour que les compagnon-ne-s anarchistes comprennent que faire ce pas vers l’inconnu n’est pas aussi difficile et compliqué que le dépeignent certaines (mais pas toutes) les organisations de guérilla, précisément de par leur professionnalisme ; et que ce n’est pas non plus impossible comme le prétend l’Etat avec sa propagande. Et il en a été ainsi, pas seulement grâce à nous, mais de toutes celles et ceux qui en leur temps se sont proposé la propagation de l’attaque, à commencer par les compagnon-ne-s conscient-e-s de leur qualité d’anarchistes … même si notre finalité particulière a toujours été que l’attaque soit mise en pratique dans le champ social, en dehors des cercles anarchistes.

Nous voulons inviter tou-te-s les individus désireux-ses de liberté à passer à l’attaque. Le conflit et la lutte de presque toutes et tous (malheureusement pas de toutes et tous) celles et ceux qui avons formé les CARI-PGG à un moment donné se sont poursuivis durant tout le temps écoulé et ils se poursuivront, tout au moins jusqu’à notre mort. Mais même lorsque nous serons mort-e-s, de la même manière que nous sommes la continuité de la lutte des compagnon-ne-s qui depuis deux siècles ont mis en pratique une lutte anarchiste énergique, sans dialogues ni médiations, demain d’autres compagnon-ne-s viendront continuer cette lutte, car la lutte n’est pas contre un président, un Général ou un projet de loi. La lutte n’est même pas seulement contre l’Etat et le Capital, mais, sortant de toute analyse économiciste propre au Marxisme, la lutte est avant tout contre tout type de pouvoir et d’autorité, les rapports mêmes qui se manifestent dans chaque aspect de cette vie et à n’importe quel endroit de ce monde, y compris là où supposément « il n’y aurait pas de capitalisme », où « les communautés paysannes et indigènes seraient presque puritaines » et autres lieux idéalisés. Le pouvoir et l’autorité sont présents dans nos vies, en nous, dans notre manière de nous relationner et c’est l’authentique champ de bataille sur lequel se livre la guerre sociale. Subvertir et détruire l’existant pour une liberté authentique et absolue.

Pour finir, nous voulons envoyer des saluts et des accolades chaleureuses au cher compagnon Gabriel Pombo da Silva qui vient de sortir de prison et, pour ce que nous parvenons à comprendre de sa lettre publique, est disposé à ne pas négocier avec le pouvoir et à assumer la clandestinité, vu que c’est l’option à laquelle ils le poussent. Pour cela, nous voulons te manifester toute notre solidarité dans ce chemin, tout notre soutien et notre tendresse. De même pour tou-te-s les compagnon-ne-s qui sont en cavale ou en prison, au Mexique comme dans le monde entier.

Comme le dit bien ce groupe de musique qui plait tant à tous les compagnon-ne-s du Mexique : C’est une lutte sans fin… Ceci dit, il n’y a rien à ajouter.

Pour l’anarchie ! Guerre sociale et insurrection !

Ce que furent les CARI-PGG

District Fédéral, Mexico, mois de juin 2016

[Traduit de l’espagnol de contrainfo, 3 julio 2016]

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