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Publié par Patrick Granet

Les relations entre le Parti communiste français et le député européen n'ont cessé de se dégrader depuis l'annonce de la candidature de ce dernier à l'élection présidentielle en février.

  • Jean-Luc Mélenchon enterre le Front de gauche

Une rupture sans fin. Depuis des mois, Jean-Luc Mélenchon et le Parti communiste français (PCF) s’échangent des mots doux à distance. Reproches. Rancœurs. Le tout, sous le regard de leurs sympathisants et militants. Dans une interview à Mediapart, Jean-Luc Mélenchon a allumé la dernière mèche. Le candidat à la présidentielle a enterré le Front de gauche qui«n’existe plus», selon ses mots. Il argumente :«La confiance aussi est morte. J’ai été maltraité d’une manière inacceptable. Cherchez un propos de ma part qui traite les dirigeants communistes comme je viens d’être traité.»

Aujourd’hui, dans son regard, la «France insoumise» règne en solo. Et les sondages favorables (du moment), entre 10 % et 13 %, lui donnent des ailes. Il garde tout de même la porte ouverte et pose sa condition : respecter le cadre de la France insoumise. Comprendre : Jean-Luc Mélenchon est prêt à accueillir tout le monde, mais avec ses règles du jeu.

«Ce n’est plus le même»

Le comportement du député européen irrite beaucoup de monde Place du Colonel-Fabien. Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, explique à Libération : «On en a assez de sa manière qui consiste à dire que nous sommes ses ennemis si on ne pense pas comme lui.»Outre la manière «d’imposer» sa candidature sans prévenir ses anciens alliés (il l’avait fait en direct au 20 heures de TF1), les désaccords sont nombreux. Le PCF demande un nouveau traité européen mais ne menace pas de quitter l’Europe. Le clivage droite-gauche disparaît du langage de Mélenchon, une «faute» selon les communistes. Et les mots du candidat au sujet des réfugiés – «les accueillir n’était pas la réponse au problème» – ont mis «mal à l’aise»la direction du PCF. Pour Olivier Dartigolles, Jean-Luc Mélenchon a changé depuis 2012 : «Ce n’est plus le même.» Il ajoute : «On ne critique pas l’homme mais ses choix.»

Du coup, l’été ne changera rien : Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon ne partiront pas en vacances ensemble. D’un côté, le PCF attend le retour de sa grande consultation auprès des Français et la Fête de l’Humanité, en septembre, pour faire le point sur 2017. Olivier Dartigolles, qui croit encore à un «candidat commun» à gauche de François Hollande, promet des«rebondissements» dans les prochains mois.«La situation politique change tous les jours et personne ne sait où seront les frondeurs en novembre. Pareil pour les écologistes», souffle-t-il. Pendant ce temps, chez Mélenchon, le doute n’existe presque pas. Seul hic pour le moment, il compte 170 parrainages alors qu’il lui en faut 500 pour postuler à l’Elysée.

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