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Publié par Patrick Granet

jeudi 7 juillet 2016, par Déserteurs actifs

Le système de « démocratie » représentative dans lequel nous vivons a été conçu pour faire en sorte que les décisions qui conditionnent la vie du plus grand nombre soient prises par une poignée d’individus, intronisés par le suffrage universel mais jamais tenus ni de respecter la volonté populaire lorsqu’elle s’exprime, ni de rendre des comptes.

De surcroît, le système présidentiel instauré par la Ve République — caricature de démocratie représentative déjà en soi — a viré au grotesque : avec l’aide de médias contrôlés par quelques grands capitalistes, un président peut désormais se faire élire en annonçant avoir pour ennemi « la finance » et imposer à des millions de travailleurs, en toute légalité républicaine, une série de lois destinée à répondre aux exigences de cette même « finance »...

La lutte contre la loi El Khomri montre au moins une chose : que l’eau a fini par déborder du vase. Que nous sommes des millions à refuser de courber un peu plus l’échine face à un pouvoir patronal de plus en plus dictatorial. Mais la rencontre inattendue avec la dynamique « Nuit debout » dit aussi autre chose : que nous ne voulons plus de cette caricature de démocratie, que nous voulons reprendre du pouvoir sur nos vies en inventant d’autres façons de décider collectivement de ce qui nous concerne.

Non, nous ne sommes pas condamnés à subir le monde tel qu’il est. Oui, un autre monde est possible, mais à condition d’inventer collectivement d’autres institutions, autrement dit d’autres façons d’assumer les fonctions indispensables à toute vie sociale, d’autres façons de s’organiser pour répondre aux besoins essentiels de l’existence.

Dans un an, loi El Khomri ou pas, nous serons de nouveau invités avec insistance à participer à la mascarade de l’élection présidentielle. Ce sera le moment de dire que nous ne voulons plus de ce spectacle imposé dont l’issue est toujours, au bout du compte, dictée par la loi du fric. Collectivement, nous pouvons refuser de nous laisser enfermer dans un « choix » défini par les puissants ; mais aussi dépasser le recours passif à l’abstention. Partout, sur nos lieux de travail et de vie, et notamment partout où des gens se rassemblent pour discuter et réfléchir, nous pouvons promouvoir l’idée du boycott de l’élection, en expliquant nos raisons. En en faisant l’occasion d’oser penser « l’autre monde » que nous voulons.

Les déserteurs actifs
27 mai 2016

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