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Publié par Patrick Granet

Plus de deux semaines après le 13 novembre, nous sommes encore bou­le­ver­sés par la vio­lence ter­rible des atten­tats, les très nom­breuses vic­times assas­si­nées, et la détresse de leurs proches. Mais aussi, nous consta­tons qu’un sen­ti­ment de soli­da­rité a spon­ta­né­ment saisi une grande par­tie de la population.

L’attitude gou­ver­ne­men­tale n’en est que plus condam­nable : pro­fi­ter de l’émotion pour faire pas­ser l’état d’urgence d’une durée de trois mois, voire même un pro­jet de révi­sion dans la panique de la consti­tu­tion, est indigne. Les consé­quences de cette poli­tique n’ont pas tardé à se révé­ler : per­qui­si­tions et assi­gna­tions à rési­dence arbi­traires pour des mili­tants écolo­gistes et d’extrême gauche, mani­fes­ta­tions inter­dites, etc. Avoir subi un choc n’est pas une excuse pour une fuite en avant dans une impasse. Sur­tout que tout au bout de l’impasse, il peut y avoir la barbarie.

Nous devons bri­ser ce cercle vicieux où la haine entraîne la haine. On le voit mal­heu­reu­se­ment avec ces atten­tats com­mis par Daesh, groupe d’extrême droite isla­miste qui mas­sacre au nom de son idéo­lo­gie sec­taire, atten­tats qui tendent à ren­for­cer en France leFN, parti d’extrême droite qui attise les peurs et les haines. Alors que la bar­ba­rie de Daesh s’exerce de façon san­glante prin­ci­pa­le­ment en Irak et en Syrie, on ne peut pas oublier le rôle mor­ti­fère de la guerre de 2003 à l’initiative de George Bush, qui a créé le chaos sur lequel ce groupe pros­père. C’est ce que des cen­taines de mil­liers de mani­fes­tants dans le monde avaient déjà dit à l’époque. Les stra­té­gies impé­ria­listes se révèlent cri­mi­nelles, leurs consé­quences tra­giques s’étalent sur des durées extrê­me­ment longues. Il est donc indis­pen­sable de sor­tir de ces cycles de la ter­reur, ce qui passe par la néces­sité de la lutte sociale contre les impé­ria­lismes là où nous nous trou­vons. Cela ne doit évidem­ment pas conduire à atté­nuer ou rela­ti­vi­ser la res­pon­sa­bi­lité des groupes comme Daesh, qui portent la res­pon­sa­bi­lité de leurs crimes.

Notre déter­mi­na­tion à l’ouverture des fron­tières est encore ren­for­cée, quand tant d’exilés ten­tant d’échapper à Daesh, à Bachar el-Assad, etc., cherchent un refuge que trop sou­vent les Etats leur refusent. L’accueil des réfu­giés dans des condi­tions dignes, avec du per­son­nel d’accompagnement formé et des loge­ments adé­quats, est une néces­sité immédiate.

Inter­na­tio­na­listes, mar­xistes, fémi­nistes, nous com­bat­tons l’intolérance et les dis­cri­mi­na­tions, nous défen­dons la liberté et l’égalité humaine par­tout dans le monde. Ces prin­cipes sont à mettre en avant par­tout, face à tous ceux qui les bafouent. En par­ti­cu­lier, il y a aujourd’hui la néces­sité de com­battre l’extrême droite isla­miste par nos propres moyens, notam­ment la soli­da­rité de classe, la fra­ter­nité des tra­vailleurs (par exemple par un sou­tien du mou­ve­ment ouvrier aux forces pro­gres­sistes qui affrontent Daesh). Or, les choix gou­ver­ne­men­taux vont à l’encontre de cette pers­pec­tive. La liberté de mani­fes­ter est notam­ment un prin­cipe fon­da­men­tal, il est dès lors par­fai­te­ment légi­time de main­te­nir des mani­fes­ta­tions même lorsque l’Etat fran­çais en a décrété l’interdiction. C’est pour­quoi il est néces­saire de se mobi­li­ser pour la levée immé­diate de l’état d’urgence, l’arrêt de la répres­sion des mou­ve­ments sociaux, des pour­suites judi­ciaires et des assi­gna­tions à rési­dence contre les mili­tants. C’est parce que les luttes sociales pro­gres­sistes pour­ront être puis­santes, sus­ci­ter l’auto-organisation à la base, obte­nir des vic­toires, que la conscience de classe pourra rem­pla­cer la peur et le réflexe de repli.

C’est dans cette situa­tion de crises mul­tiples qu’il est plus que jamais néces­saire de mettre en avant l’objectif concret d’une autre orga­ni­sa­tion sociale, basée sur la coopé­ra­tion et non plus la com­pé­ti­tion, où la pro­duc­tion serait déter­mi­née par les besoins de tous et non les pro­fits de quelques uns. Qu’on l’appelle socia­lisme, com­mu­nisme, ou autre­ment, c’est pour cette société d’auto-émancipation géné­ra­li­sée que nous lut­tons et conti­nue­rons de lut­ter, en com­bat­tant les conser­va­teurs et tous les réac­tion­naires sur nos propres bases d’indépendance de classe.


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