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Publié par Patrick Granet

En matière d’environnement, les bonnes nouvelles sont rares. Selon une étude parue jeudi 30 juin dans la revue Science, le trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique se résorbe, grâce à des mesures prises lors du protocoleinternational de Montréal en 1987. Retour en cinq questions sur cette lente amélioration.

1. Qu’est-ce que la couche d’ozone ?

L’ozone est un gaz (O3, formé de trois atomes d’oxygène). Il est à 90 % concentré dans la stratosphère, entre 20 et 40 kilomètres d’altitude. Cette « couche » d’ozone absorbe une grande partie des rayons ultraviolets du soleil, et surtout les rayons UV-B, qui sont les plus dangereux.

Il joue donc un rôle de filtre à UV, protégeant les organismes vivants de ces rayonnements qui altèrent l’ADN des cellules, accroissent chez l’homme les

risques de cancer de la peau, l’occurrence des cataractes, affaiblissent son système immunitaire, et chez les végétaux, réduisent la photosynthèse et la croissance des plantes. Selon des simulations du Programme des Nations unies pour l’environnement en 2015, « d’ici à 2030, le protocole de Montréal, adopté par tous les pays [pour réduire le trou d’ozone], aura évité deux millions de cancers de la peau par an, des dégâts oculaires et immunitaires sur les humains ».

La formation de la couche d’ozone, liée à la création d’oxygène par les premiers organismes vivants, a aussi facilité le développement de la vie. Car, en protégeant la Terre des rayons ultraviolets nocifs, elle a permis à ces organismes de migrerdes profondeurs de l’océan vers les continents.

2. Pourquoi y a-t-il un trou dans la couche d’ozone ?

De multiples substances libérées dans l’atmosphère favorisent la dissociation de l’ozone (O3) en dioxygène (02). Parmi elles figurent les chlorofluorocarbones, ou CFC, et les halons, présents dans les systèmes de climatisation, de réfrigération, les aérosols et dans certains processus industriels.

L’ozone est détruit par le chlore et le brome dérivés de leur décomposition, à condition qu’il y ait des températures très basses et de la lumière. C’est pourquoi le trou dans la couche d’ozone a lieu après l’hiver polaire (il y fait alors, dans la stratosphère au-dessus de l’Antarctique, environ - 80°C !), au moment où la lumière réapparaît à ces latitudes :

  • au-dessus de l’Antarctique, pendant le printemps austral (de septembre à décembre) ;
  • au-dessus du pôle Nord, de mars à juin, mais dans une bien moindre mesure.

3. Depuis quand se résorbe le trou de la couche d’ozone ?

Selon les chercheurs qui ont mené cette dernière étude parue dans Science, dont l’auteure principale est Susan Solomon, professeure de chimie et de science duclimat au Massachusetts Institute of Technology (MIT, Boston, Etats-Unis), le trou de la couche d’ozone a diminué depuis 2000 de plus de 4 millions de kilomètres carrés, soit environ la moitié de la superficie des Etats-Unis. Les mesures ont été prises chaque année en septembre, moment de l’année où le trou varie le moins.

« Globalement, le trou d’ozone paraît être sur la voie de la guérison », concluent les scientifiques. Selon leurs modèles, une « guérison complète » de la couche d’ozone est prévue avant 2050.

L’étude montre en fait, note Sophie Godin-Beekmann, directrice de recherche au CNRS, un retardement du jour où le trou atteint 12 millions de km2, surface à partirde laquelle on l’estime significiatif. « On avait déjà constaté que le trou ne s’aggravait plus depuis la fin des années 1990, il stagnait. Mais ces travaux donnent pour la première fois un indice, ténu mais intéressant, qui montre un début de résorption », explique la chercheuse. Qui souligne, toutefois, qu’il faudrait selon elle de plus longues observations pour s’en assurer.

Lire aussi : La couche d’ozone en bonne voie de guérison

4. Pourquoi se résorbe-t-il ?

Le trou dans la couche d’ozone a été découvert en 1985. Deux ans plus tard, en 1987, 196 pays signent le protocole de Montréal, le premier traité environnemental international, et celui qui a été le plus courroné de succès. Il prévoit l’interdiction progressive des gaz chlorés (CFC) et bromés (halons), toxiques pour l’ozone, dès 1996 dans les pays développés.

La concentration atmosphérique de ces substances chimiques a baissé de 10 % à 15 % par rapport au pic de la fin des années 1990, selon le dernier rapport de l’Organisation météorologique mondiale et du programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) publié en 2015.

Selon l’étude dans Science, ces mesures portent donc aujourd’hui leurs fruits. D’après elle, la moitié de la réduction du trou d’ozone serait directement imputable à la réduction de ces substances chlorées et bromées.

5. Y a-t-il un lien avec le changement climatique ?

Paradoxalement, le changement climatique en cours… contribue, dans une moindre mesure, à la réduction du trou de la couche d’ozone. Si les gaz à effet de serre réchauffent la basse atmosphère, ils refroidissent la stratosphère à très haute altitude, ce qui peut avoir un léger effet positif en ralentissant les réactions chimiques qui détruisent l’ozone. Autre effet, léger lui-aussi : en augmentant les mouvements de circulation atmosphérique, le changement climatique peutaccélérer l’amélioration globale de la couche d’ozone, surtout aux moyennes latitude et au pôle nord, note Sophie Godin-Beekmann.

Par ailleurs, un effet collatéral de l’interdiction des CFC, au pouvoir d’« effet de serre » très important, par le protocole de Montréal, aura été de contribuersignificativement à la lutte contre le changement climatique. Toutefois, les CFC ont été remplacés par des produits de substitution, les HFC (hydrofluorocarbures), qui, s’ils sont bien moins nocifs pour la couche d’ozone, sont aussi de puissants gaz à effet de serre. « De nouveaux substituts, moins nocifs pour le climat, sont actuellement à l’étude dans l’industrie chimique », selon Sophie Godin-Beekmann.

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Vos réactions (9)Réagir

JEAN CLAUDE HERRENSCHMIDT Hier

@Dioex Gemini. Vous avez mille fois raison. D'autant que cette ignorance dans laquelle on (les scientifiques et les politiques habilement manipulés par les lobbies militaro-industriels) maintien le peuple dépasse largement la seule énergie électromagnétique. La place de l'énergie noire ainsi que de l'énergie du vide, est totalement laissée de côté. On en parle pudiquement dans les sphères qui intéressent la cosmologie et les grands espaces intersidéraux. Mais à notre échelle, rien. Top secret.

Martin Desruisseaux 02/07/2016 - 12h07

La matière noire et l'énergie noire ne sont pas top secret. On soupçonne leur existence pour des raisons théoriques, mais personne n'a encore réussi à les détecter. On ne voit que des effets indirects à l'échelle des galaxies, mais aucune détection directe de cette matière noire et encore moins de leur interaction avec la matière ordinaire, qu'on soupçonne très faible (sinon on s'en serait aperçu bien avant). Alors que voulez-vous qu'on en dise?

FrJedi 02/07/2016 - 12h33

+1 Pour le bien des peuples, il n'a jamais été jugé bon d'abreuver d'informations trop complexes nos cerveaux tiers-étatiques. C'est très ancien, les lobbys étaient alors composés un peu différemment, c'est tout. De même, voire surtout, il est inconcevable de développer chez les petites gens la culture du doute, de l'incertitude face à la multiplicité de facteurs, de l'inconnu et de la rigueur du raisonnement scientifique. Imaginez les conséquences !

perplexe Hier

Et quid des pluies acides dont on nous rebattait les oreilles, il y a une trentaine d'années ? L'écologie et la mode du jour, voilà un beau sujet d'investigation pour Le Monde.

FrJedi Hier

Outre qu'elles restent d'actualité et ont fait des dégâts ? Voyez-vous, le vrai problème c'est que si on fait quelque chose et qu'on obtient des résultats, ou que ces résultats sont dus à une conjonction de facteurs, dont ce qu'on a fait, voire sans aucun rapport avec ce qu'on a fait, alors les détracteurs et autres septico-réalistes peuvent clamer que ce qu'on a cherché à prévenir ne se serait pas produit et/ou que ce qu'on a fait n'a servi à rien. Faut-il alors ne rien faire ? Cornélien !

mercure 02/07/2016 - 17h00

Elles ont considérablement diminué: Diminution considérable de l'utilisation du charbon dans les pays de l'Europe de l'Est- Amélioration considérable des techniques de raffinage, les carburants contiennent 10 ou 20 fois moins de souffre qu'il y a 20 ans- Utilisation de pots catalytique sur les véhicules entrainant une forte diminution des rejets d'oxydes d'azote.

Dioex Gemini Hier

Les énormes bases de données électromagnétiques solaires et terrestres ne servent donc à rien dans la science climatique officielle,des milliards de dollars en orbite inutiles? Pas une ligne dans les rapports du giec....Les changements drastique dans l'activité solaire a également un rôle dans la couche d'ozone mais chut,c'est le CO2 le dieu du climat.Seule la sécurité nationale peut justifier une telle omerta.7 milliards de conscience électromagnétique unifiées c un aimant trè puissant.

Martin Desruisseaux 02/07/2016 - 12h02

Changements climatique et trou dans la couche d'ozone sont sensibles à des processus différents. La couche d'ozone est effectivement sensible aux variations de l'activité solaire; ça n'a jamais été caché. En revanche ces variations ne suffisent pas à expliquer le changement climatique, même s'ils ont un léger impact. L'activité solaire a bien été prise en compte dans les études du GIEC, il n'y a pas d'omerta. Mais elle n'a pas le même impact sur tous les phénomènes (ozone et climat).

Dioex Gemini Hier

L'ozone est produite par électrolyse ou radiation , de l'électromagnétisme pur et dur. Même dans cette catégorie dédié à l'énergie, on ne parle pas de l’affaiblissement du champ magnétique terrestre On invoque l'action humaine positive(mouaif) et des gaz à effet de serre,comme d'habitude. Il manque toujours le même chapitre dans la science climatique malgré toutes les recherches dessus?Le peuple ne doit pas être initié aux lois de la lumière on ne peut qu'en arriver à cette conclusion

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