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Publié par Patrick Granet

texte, anonyme, est publié non pas pour soutenir aveuglement une mouvance radicale (décriée), mais pour permettre l’expression d’individus dont les cris ont trop souvent des échos de caricature.

Voilà qu’à la lecture d’un libre cours, mes pensées se sont senties obligées d’agresser le clavier poisseux d’une bibliothèque municipale : paradoxe pour un « casseur » qui prône une destruction de cet Etat avec un E majuscule effrayant.

Disons-le maintenant : nous – individus violents des manifestations – ne sommes pas un corps unis et solidaire comme peuvent l’être ceux qui forment (toujours) un obstacle entre nous et les banques (françaises ou panaméennes ?). À certains égards, quelques-uns de mes camarades de luttes ont trop souvent des allures enfantines de fouteur de merde lycéens envieux de nos cagoules et de nos gants qui lancent – incertains – un cocktail de temps en temps. Pourtant, nul mépris dans mes propos à leur égard. Loin de moi l’idée de vouloir hiérarchiser les différents individus violents qui composent une masse bouillonnante d’énergie et parfois d’un certain savoir faire.Dès lors, nous sommes et nous savons que notre action est violente. Pire, nous nous préparons pour cet objectif, tout en sachant que d’autre individus, isolés en théorie, en font de même. Les rencontres se font par des regards, des hochements de têtes et une énergie palpable. Sachez-le. Notre organisation est bien souvent inexistante. Nos ennemis nous traitent comme leurs égaux dans leurs propos, ils délivrent un mythe d’activistes hiérarchisés, organisés, préparés et ordonnés entre eux. Pourtant c’est très souvent faux. Notre seule organisation relève de la haine qui brûle nos êtres. Cette haine liquide et instable fait de nous des êtres fougueux, prêts à frapper des individus qui nous ressemblent – masqués et préparés – mais qui eux sont dans un calcul. Voilà ce qui nous sépare. Nous sommes révoltés et révolutionnaires. Malraux, dans Les Conquérants, cherchait à émettre une grande différenciation entre ces deux termes. Pourtant, la vacuité de nos existences fait que nous sommes à la fois dans un état général de révolte et dans une envie instantanée de révolution pour un changement de système. Ce monde nous oppresse, cette vie prônée est notre hantise.

Ainsi, nous cassons. Abribus JC Decaux. Guichets BNP Paribas. Vitrines Starbuck. Tous ces chantres d’une vie d’illusion. Irréelle. Factice. Facile aussi, du moins vantée comme telle. Certains diront que nos actions ne servent à rien. Pire, qu’elles tirent tout un mouvement vers le bas du fait de la focalisation des médias sur nous. Mais « nous » sommes vous. Nous sommes serveurs, livreurs, étudiants, libraires, sauveteurs, intérimaires. Nous sommes partout, et vous nous croisez chaque jour : « un café, s’il vous plait ». Et un sourire aimable parcoure nos visages. Et nous nous efforçons de penser que ce monde peut changer. Que tous nos amis qui commencent à se calmer, à vouloir protéger leur confort familial et à de moins en moins voir la misère que provoque ce système et notre mode de vie occidental, sont dans l’erreur. Il est facile de se conformer. Car se soumettre c’est ne plus s’astreindre à réfléchir. C’est s’épargner le doute et la peur. Alors je le dis en tant que « casseur », « anarchiste », « black bloc ». Nous, enfants du Capital, avons la Haine. Avec un H monumental.

-A-

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