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Publié par Patrick Granet

Cet article a été écrit juste avant les massacres de Novembre. Merci d’en tenir compte.

La mémoire fait défaut quand il s’agit de dater des événements précis. Il faut réfléchir un instant pour se rappeler qu’il y a douze mois la France et sa capitale ont vécu une semaine de guerre. C’était entre le 7 et le 11 janvier 2015. Dans les jours qui suivirent plus de 10 000 soldats furent déployés dans toutes le pays.

Ce fut une semaine où il y eut dans les rues parisiennes et juste autour 20 morts par balles. Cette guerre qui faisait jusqu’alors la une des journaux et des télévisions mais qui se passait bien loin de chez nous. Nous avions oubliés les quelques accrocs au contrat social comme l’affaire Merah entre autres. Là, ces jours là, cette guerre était là. Non seulement du côté des tireurs mais aussi du côté des forces de l’ordre déployées. Il suffisait de voir ces files de blindés circulant à tombeau ouvert pour se rendre compte que nous avions basculé dans quelque chose que nous avions oublié, la guerre. Quelle est au fond la nature de ce conflit ? Les assaillants étaient Français, serait ce une guerre civile ? Il ne le semble pas. C’est en fait un mélange de tous les types d’affrontements qui ont existés au cours de la fin du siècle dernier, il s’agit d’une guérilla tant culturelle que territoriale, avec qui, contre qui, au fond cela est bien secondaire.

Depuis les choses sont claires, la France, c’est-à-dire nous citoyens, fait la guerre contre Daesh. Dont le vrai nom, qui gêne beaucoup de monde [1] est « État islamique en Irak et au Levant ». Avant d’aller plus loin dans une tentative de décryptage de la redistribution des cartes étatiques dans le monde, il convient de revenir sur ces jours sanglants à Paris.

Donc vingt morts. Trois assaillants, 7 journalistes, 4 pékins qui avaient plus ou moins à faire à cet endroit, 4 autres pékins qui allaient faire leur courses et qui se trouvaient être juifs, (je ne connais pas d’ailleurs la religion des autres), deux flics dont une policière municipale. Puis des millions de personnes dans la rue.

Beaucoup de personnes dirent d’une façon ou d’une autre « je suis Charlie ». Pas mal d’autres dirent « je ne suis pas Charlie ». Parmi ces derniers beaucoup en vinrent à penser, certains à dire, « ces journalistes l’avaient bien cherché ».

La question du blasphème

Est il besoin de rappeler qu’une grosse partie des classes populaires dans notre pays est d’origine musulmane. Qu’elle soit pratiquante ou pas, cette culture imprègne sa façon de penser. Victimes de la crise, encore plus que d’autres, ses membres s’accrochent à leur culture sociologique. Toute critique est ressentie comme aggravant leur situation de rejet par une société jugée à tort ou à raison comme repue. Les caricatures faite par Charlie Hebdo, enfin certaines, celles qui touchaient au cœur de la culture musulmane, c’est-à-dire le prophète Mahomet, furent jugées non seulement choquantes mais insupportables. Voici ce que l’on pouvait lire à ce propos sur un site web : « Pourtant, il faut oser le dire et l’écrire, Charlie Hebdo était un journal ordurier. Cette publication se plaisait à dépasser toutes les limites de l’outrance et à choquer pour le plaisir de choquer, mais toujours de la façon la plus odieuse possible. Charlie Hebdo affectionnait particulièrement d’offenser les croyants par les blasphèmes et les sacrilèges les plus ignobles, avec une obsession manifeste pour la sodomie. Charlie Hebdo ne faisait pas dans le registre humoristique. Charlie Hebdo cherchait à repousser sans cesse les limites de la tolérance de notre société pour le blasphème poussé au paroxysme de l’abject [2] ». Ce jugement, en date du 8 janvier 2015, ne vient pas d’une publication islamophile d’aucune sorte mais bien d’un média lié à l’extrême droite catholique. On voit donc bien qu’en fait Charlie Hebdo, comme ses prédécesseurs HaraKiri, mensuel et hebdo, dérangeait toute société installée dans des certitudes, religieuses ou pas. A gauche, gauche radicale s‘il en est on trouve ceci : « Deuxième problème : même s’ils ne méritaient évidemment pas de mourir, et que ces morts sont déplorables et choquantes, les journalistes et caricaturistes de Charlie étaient racistes [3] ». Le mot évidemment est remarquable mais ce qui suit est bien pire lorsque l’auteur met sur le même plan Je suis Laval et Je suis Charlie.

En fait la présence, parmi les assassinés, de personnes n’ayant rien à faire avec les journalistes de Charlie Hebdo devrait obliger pour le moins à un minimum de réserve si ce n’est de distance. Il apparait clairement que celles-ci illustrèrent le fait qu’il s’agissait d’autre chose que de faire un taire un journal et que de passer sous silence ces meurtres permettait de garder en nos frontières française les effets d’un conflit qui se passait ailleurs et dans lequel à l’insu de notre plein gré nous étions partie prenante. Mais ce qui suscita bien des discussions et des disputes et des accrochages furent les manifestations qui accompagnèrent et suivirent les assassinats.

Mais qui manifesta ?

Dès le jour même, c’est-à-dire le 8 janvier, il semble que 100 000 manifestants se sont exprimé publiquement et spontanément partout en France, Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Rennes etc. La carte de France, interactive, publiée sur le site du journal Le Monde [4] est impressionnante. Il est tout aussi important de préciser que c’est la première fois depuis la Libération de la France après guerre que des tels rassemblements ont lieu sans qu’aucune organisation tant politique, syndicale ou religieuse n’y appelle.

Dans les jours qui suivirent les manifestations se succédèrent sans faiblir, rassemblant plus en plus de personnes pour culminer le dimanche 11 janvier avec un chiffre officiel (sic) à 1.5 million à Paris et bien plus dans le reste de la France puisque pour le samedi et dimanche rassemblés le ministère de l’intérieur chiffra à 4 Millions le nombre de manifestants.

Certains d’entre nous , anarchistes, manifestèrent d’autre ne le firent pas. Beaucoup, qui se défièrent, invoquèrent les tentatives de récupération par les pouvoirs politiques et administratifs, sur le modèle de ce qui s’est passé à Paris où les « ceusses » qui nous gouvernent et leurs amis tentèrent de manifester en tête de cortège.

Avant d’aller plus loin, il convient de s’arrêter sur une certain nombre de points incontestables. Il y a d’abord le fait que dès le premier jour, le premier soir, partout dans le pays des gens éprouvèrent le besoin de se réunir pour partager leur émotion. Et ils se réunirent où, sur les places des villes, comme l’ont fait des années plus tôt les manifs du Printemps arabe ou celles des Indignés ou d’Occupy Wall Street. Ce qui confirme un déplacement géographique des endroits de lutte, des entreprises vers les agora publiques. Ceci mettant à mal l’idée de la grève autogestionnaire. L’autre point d’importance est qu’aucune organisation politique, sociale ou religieuse n’appela à manifester. Ce qui illustre bien l’existence du fossé entre la population et les institutions quelles qu’elles soient, chose que tous les sondages comme les résultats électoraux répètent événements après événements. Enfin il faut noter que la seule revendication qui fit consensus « je suis Charlie » ne réclamait rien, pas de hausse de salaire, pas de changement de régime, pas de nouveau dirigeant. Il n’y eut pas plus de cri contre l’Islam ou les islamistes que contre les arabes ou les musulmans. Nous sommes donc face à une foule qui se rassemble sur des places de façon spontanée, sans répondre à un mot d’ordre et qui ne revendique rien. Une autre caractéristique importante, il me semble, c’est l’absence de toute contre-manifestation. C’est comme si ces rassemblements faisaient consensus.

Faut il pour autant qualifier comme le fait Emmanuel Todd ce moment particulier d’hystérique ? [5] Si l’on prend la définition de ce terme appliqué la plupart du temps à de jeunes femmes [6] nous pouvons nous demander de qui il parle. Il faudrait beaucoup plus de place pour discuter des thèses de cet éminent universitaire qui voit dans le recul de la religion la raison de cette hystérie. Les cinq citations de cet auteur mises en notes suffiront peut être à cadrer cette question. [7]Les textes qui précédent celui-ci prouvent bien que nous étions tous bien au-delà de ces assertions autorisées.

Mais qui compose cette foule ? La réponse est plus facile, au vu des photos et des reportages. Il s’agit de représentants de cette classe moyenne qui fait couler beaucoup d’encre depuis une ou deux décennies. Les classes populaires semblent absentes. Le qualificatif de prolétariat qui aurait put être pertinent en d’autres temps n’a plus de valeur dans ce cas aujourd’hui, dans la mesure où étant une catégorie du capital il englobe une majorité de la population qui jouit d’un revenu direct (salaire) ou indirect (subvention) sans capacité de décision réelle sur son avenir.

Pour ce que j’en ai vu en personne (à Strasbourg) ou en photo, il y a peu de « gens de couleur » [8]. On a beaucoup glosé sur cette question. Refus de participer, car risque de rejoindre une manifestation contre le monde musulman, refus de participer car séparation de classe ou bien exclusion de fait entre ceux qui vont aux centres-villes et ceux qui restent dans leur quartiers. Bien des raisons peuvent être avancées. Il en est une que je n’ai pas vu mentionnée, celle de la séparation culturelle formelle. Par là je veux dire, une séparation entre ceux pour qui la lecture est une chose vitale et ceux pour qui elle n’est qu’annexe. Ce qui d’une certaine façon explique cette situation, entre classe moyenne et classes populaires. Nous savons bien que cette revendication généreuse, « je suis Charlie » avait peu à faire avec l’hebdo éponyme. Ce dernier était en phase de dépôt de bilan faute de lecteurs dont une bonne partie ne se reconnaissait pas dans le fond de commerce satirique affiché. Pour autant il ne faudrait pas oublier le rôle qu’avait joué dans l’éducation politique de beaucoup HaraKiri puis Charlie-hebdo. C’est ce que rappellent dans un petit livre passionnant Patrick Boucheron et Mathieu Riboulet « Je suis d’une génération qui a cru, sincèrement, à la puissance émancipatrice de ce type d’humour, pensant qu’il était susceptible de renverser le monde en menant une guerre contre la connerie sous toutes ses formes : programme assez ample, mais entraînant et efficace [9] », quitte à déchanter comme beaucoup : « Nous y avons cru, puis nous nous sommes peu à peu laissés gagner par l’idée qu’il s’agissait en fait d’une impasse, que la dérision n’était rien d’autre que le ricanement des nantis, qu’elle s’accommodait fort bien de tous les petits arrangements de cette caste arrogante et étriquée qui nous gouverne, et que par conséquent elle constituait le type même de la fausse subversion, confortant l’ordre qu’elle prétendait moquer ». Cependant comme me le faisait remarquer une amie cette appréciation ne vaut que dans un pays où la liberté de la presse est reconnue, ailleurs cela serait différent.

Donc ces foules rassemblées partout exprimaient tout à la fois leurs peurs de ce qui venait de se passer comme de ce qui pouvait advenir et le refus d’accepter cela. Ce slogan « Je suis Charlie » répété partout, affiché en tout endroit exprimait, à mon avis, plus un désir qu’autre chose, celui de lire ce que l’on avait envie de lire. Mais, il y a un mais. Quatre morts vinrent s’ajouter au macabre décompte où les journalistes de Charlie Hebdo concentraient tous les regards. Quatre morts qui changèrent tout le regard que nous pouvions porter sur le sens des assassinats de la rue Nicolas-Appert. Ces meurtres d’une brutalité infinie m’assommèrent, moi et bien d’autres. Nous obligèrent à regarder autrement ce qui venait de se passer. Cette nouvelle façon de voir les choses n’influa pas sur l’émotion exprimée dans les manifestations. Peut être était il trop tôt ?

Contre la liberté de la presse ou acte de guerre ?

Un an après, peut-on avancer que ce qui s’était passé ce 7 janvier était un leurre ? Les medias toutes ensembles ont considéré qu’il ne s’agissait au fond que d’un attentat contre la liberté de presse alors que le but profond réel et les meurtres de l’HyperKasher comme celui de la policière municipale montrait qu’il en était autrement. Il fallait pousser notre pays dans la paranoïa. Ce fut une réussite. Les actes terroristes, planifiés ou pas se succédèrent au courant de 2015. Ainsi se trouvèrent justifiés tout à la fois la mise en place d’une législation de surveillance accrue et le glissement irrésistible d’une grande partie de la population vers les positions racistes sous-tendant les déclarations du Front national.

Les grandes proclamations déclarant « nous n’avons pas peur » ont laissé la place, simultanément et quasiment contradictoirement, à l’appel au respect des valeurs de la République et au renforcement législatif des mesures de sécurité tout azimut.
Le discours de Manuel Valls , Premier Ministre, du 13 janvier 2015 développe ce qui va se passer dans les mois qui vont suivre. Il y a ce rappel des valeurs de la République qui tiennent tout entier dans ce petit paragraphe :« La France c’est l’esprit des lumières. La France c’est l’élément démocratique, la France c’est la République chevillée au corps. La France c’est une liberté farouche. La France c’est la conquête de l’égalité. La France c’est une soif de fraternité. Et la France c’est aussi ce mélange si singulier de dignité, d’insolence, et d’élégance. Rester fidèle à l’esprit du 11 janvier 2015 c’est donc être habité par ses valeurs ». Le problème avec ces valeurs c’est qu’elles restent dans les proclamations comme sur les frontons des monuments publics, c’est-à-dire non appliquées.

Il y aura beaucoup plus de place pour le développement des mesures de sécurité. Puis il se trouvera que Valls se pose une question à propos de la guerre et y réponds lui-même : « Sommes-nous en guerre ? La question a, en réalité peu d’importance… ». Cette réponse est le comble de l’hypocrisie. Les guerres post-coloniales depuis la fin de la guerre d’Algérie n’ont quasiment pas cessées. Sous la mandature de Hollande elles ont pris plus d’ampleur médiatique parce que celui qui était l’ennemi pouvait être démonisé. Depuis ce discours la France en tant qu’Etat est entré en guerre officielle, déclarée, sans que cela dérange beaucoup de monde. Il faut dire que l’ennemi est loin et pas défendable. Au fond, il n’est pas si loin que cela, puisqu’à sa question-réponse Valls ajoute « car les terroristes djihadistes en nous frappant trois jours consécutifs y ont apporté, une nouvelle fois, la plus cruelle des réponses ». Nous sommes en guerre, tout le monde trouve cela normal. Il n’y a même pas d’opposition antimilitariste ! Le piège est fermé. Mais qui est donc cet ennemi contre lequel une coalition mondiale est partie en guerre. Sommes nous à la veille d’une troisième guerre mondiale ou bien a-t-elle, comme je le crois déjà, commencée. M. Valls a raison, l’ennemi de cette coalition sont les djihadistes sous quelque appellation qu’ils puissent exister.

Le millénarisme, l’apocalypse et nous

Ces quatre morts en plus, ces quatre juifs qui allaient faire leurs courses nous obligent à décentrer notre regard, à regarder ce qui se passe ailleurs. Il y a une guerre dans laquelle nous sommes impliqués. Une guerre mondiale qui ne dit pas son nom. Un conflit planétaire qui ouvre sur un nouveau partage du monde. Un affrontement dont l’écume arrive à nos portes sous la forme de masses de réfugiés aux abois. Il y a donc ce drame sanglant qui est le pendant à la promesse de la fin du monde.
Aujourd’hui, il n’y plus de Katmandou ou de retour à la terre possible. Quel projet enthousiasmant peut on offrir à une jeunesse déboussolée ou pas ? Y a-t-il une échappatoire à une vie de « métro-boulot-dodo » ? Non ! Parfois on rencontre quelqu’un qui part pour un tour du monde et on se prend à l’envier. Mais c’est une solution individuelle, rien de collectif. La Révolution comme nous la concevons est devenu un mythe obsolète. Il faut partir !

Il faut bien le reconnaître, le djihad islamique, mais il y en a d’autres, est une aventure collective, pleine de bruits et de fureurs. Celui qui y participe a l’impression de faire partie d’une devenir glorieux ! Mais quel projet alternatif pourrions nous donc proposer à cette jeunesse ? En tous les cas pas, celui que prône en septembre 2015 le nouveau président du CFCM (Conseil français du culte musulman). « Le vrai djihad est en France, c’est celui de l’intégration et de la réussite sociale [10] ». En proposant ce genre de défi ce président tout comme celui de la République, tout comme tout le système de notre pays envoie la jeunesse dans une impasse de vie. Qui étant jeune n’a pas eu envie de vivre l’aventure ? Et bien l’aventure c’est dans le désert irako-syrien qu’elle se passe de nos jours. Rien de sert de nous boucher les yeux, elle n’est nulle part ailleurs.

Ce qui se passe au Proche Orient illustre bien cette problématique. Des vaincus, qui ont longtemps opprimé une population d’un autre courant religieux, qui se trouvent opprimés à leur tour et qui s’organisent pour résister. Pour donner à leur action une autre signification que celle d’une revanche ils habillent leur résistance d’une idéologie religieuse, messianique et millénariste. Toutes les religions du livre ont en définitive cette perspective. En ce qui concerne Daesh voici ce qu’en dit un intellectuel musulman et qui vaut autant pour les juifs que pour certains chrétiens évangélistes : « Un hadith très obscur et longtemps délaissé réapparaît depuis quelques mois. Il stipule que le Prophète aurait dit : "Le prophétat [gouvernement du Prophète] restera parmi vous tant qu’il plaira à Dieu, ensuite le califat sera établi selon une méthode prophétique ; ensuite le royaume mordant ; puis le royaume tyrannique ; puis recommencera le califat selon la voie prophétique". Les jihadistes de Daesh identifient ce dernier gouvernement évoqué dans ce hadith au califat d’Al-Baghdadi » [11].

Georges Bush, membre du courant fondamentaliste protestant américain, aurait à propos de l’Irak dit à Jacques Chirac que... "Gog et Magog sont à l’œuvre au Proche-Orient" et que "les prophéties bibliques sont sur le point de s’accomplir". Ce que confirme en ces termes un organisme qui se veut le représentant des chrétiens sionistes à Jérusalem [12] : « Beaucoup de chrétiens sionistes pensent que la réémergence d’Israël sur la scène mondiale est l’accomplissement des promesse de Dieu et que cela annonce que la venue d’autres temps prédit par la Bible vont suivre ».

Chez les juifs il en est de même. Au printemps 2015 le journaliste Charles Enderlin réalise un documentaire intitulé Au nom du temple qui expose la situation en Israël de ce courant qui lutte pour la venue du Messie. Pour cela il faut que les juifs conquièrent le Mont du temple à Jérusalem, celui là que les musulmans nommentHaram al Sharif. Une sociologue israélienne avance que 51 % des Israéliens sont convaincus de la venue du Messie et qu’ils sont 67 % à estimer que le peuple juif est le peuple élu.
Nous pouvons donc dire que cette région du monde non seulement est dans une situation explosive du fait des réaménagement territoriaux en cours sur place pour les uns, un Kurdistan unifié pour les uns, une enclave alaouite pour les autres et un nouvel Etat islamique pour les derniers, sans parler de l’éternel conflit israélo-palestinien. Au-dessus de ce méli-mélo tragique plane un nouvel ordre mondial, un nouveau Yalta que la Russie impériale met en place envers et contre tous.
A tout cela il faut ajouter que cette région rassemble un nombre impressionnant de gens qui ont une vision du monde démente. A partir de quel moment va-t-on enfin considérer la religion comme l’opium du peuple ? Le meurtre de quatre juifs le vendredi 9 janvier 2015 n’est donc pas un accident, ni une bavure. Les juifs sont une cible permanente. Ils sont comme toujours les premières cibles d’une guerre qui ne veut pas dire son nom.

Il y a un an quelques coups de feu, quelques corps par terre nous ont tirés de notre quiétude. Un monde terrible a fait irruption dans nos petites vies bien rangées par le biais non seulement de ces morts mais aussi par l’arrivée des réfugiés syriens et autres en attendant celles des réfugiés climatiques.. Il nous faut faire face. Il nous faut repenser le monde qui vient !

Pierre Sommermeyer

Notes

[1] C’est la première fois qu’un groupe armé prend le nom d’Etat pour se qualifier. Cela illustre tout à fait ses intentions et en même temps sa volonté d’apparaître comme l’un des multiples décideurs mondiaux. Selon les informations publiées une bonne part des activités de ce groupe relève effectivement des fonction d’un Etat classique. Vu la difficulté de son éradication par les airs et le refus des grandes puissances d’aller au sol, on peut parier que d’ici un ou deux ans des pourparlers se mettront en place avec Daesh !

[2] http://www.medias-presse.info/

[3] http://lmsi.net/De-quoi-Charlie-est-il-le-nom

[4] https://www.google.com/maps/d/viewer?mid=z5sqmALSpm3U.kolQaDQwM8JU (vue le 8 octobre 2015)

[5] Emmanuel Todd “Nous savons désormais, avec le recul du temps, que la France a vécu en janvier 2015 un accès d’hystérie.”

[6] La névrose hystérique touche essentiellement des jeunes femmes. Elle est la conséquence de la fixation symbolique de l’angoisse sur des symptômes physiques ou psychiques. L’angoisse n’est pas vécue comme telle : elle est convertie de façon inconsciente en pseudo-symptômes physiques. Trouvé sur le site Doctissimo.

[7] “Le basculement de la France dans l’incroyance généralisée (...) pose des problèmes d’équilibre psychologique et politique à la population.”

“L’athéisme est générateur d’angoisse, la population de l’Hexagone est en risque métaphysique et donc à la recherche d’un adversaire structurant, d’une cible : l’islam.
” Ce qui a marché en tête des manifestations, ce n’était pas la vieille laïcité, mais une mutation des forces qui avaient autrefois soutenu l’Eglise catholique, c’est le catholicisme zombie.
”Il est clair qu’assassiner des enfants ou des hommes, simplement parce qu’ils sont juifs, est plus ignoble que de massacrer une rédaction engagée dans un combat."
"Cette classe moyenne confite de bonne conscience qui a, par son égoïsme et son mépris, autorisé le pourrissement au bas de la société française et qui persiste, jour après jour, à condamner des catégories entières à la relégation sociale dans laquelle elles auront tout loisir de recuire leur frustration et le
ur rage."

[8] Un ami me signale qu’il a vu à Bayonne des femmes voilées dans la manifestation.

[9] Prendre dates Paris 6 janvier-14janvier 2015. Verdier 130p. avril 2015

[10] http://oummatv.tv/

[11] Soheib Bencheikh. http://www.jeuneafrique.com/

[12] http://int.icej.org/

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Un an après, Charlie

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