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Publié par Patrick Granet

Le meurtre de civils innocents est un acte atroce. Mais ce type de terrorisme pourrait bientôt perdre en rareté.

Le type d’attentats que vient de connaître Paris –des assaillants multiples armés de fusils d’assaut, d’explosifs et, plus important encore, d’une volonté de mourir en s’en prenant à des cibles civiles– peut être reproduit partout.

Si une telle idée, écœurante, est correcte, nous devrions commencer à nous y faire et à prendre conscience que de tels attentats risquent de perdre en rareté.

L’an dernier, le Premier ministre britannique David Cameron déclarait que le conflit syrien «est désormais le plus grand risque auquel nous faisons face –pire encore que l’Afghanistan et le Pakistan. Le temps que doivent y allouer la police, les services de sécurité et le gouvernement est de plus en plus important». Et l’un des phénomènes qui aura monopolisé les forces de l’ordre américaines et européennes depuis le début de cette guerre concerne desindividus partis combattre à l’étranger, avant de revenir semer le chaos dans leur pays d’origine. Aujourd’hui, on estime à 1.200 le nombre de Français partis combattre en Syrie, sans savoir exactement combien en sont revenus. Et les probabilités sont très faibles que les autorités soient en mesure de surveiller tous ces gens sept jour sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans les années à venir.

Les liens concrets entre l’État islamique et sa diaspora djihadiste restent à éclaircir, mais à entendre François Hollande déclarer aussi vite après les attentats qu’ils avaient été organisés de l’étranger, on peut raisonnablement déduire que les services de sécurité français disposent d’informations permettant d’associer ces deux pôles.

Ce qui nous amène à cette question: l’État islamique oriente-t-il désormais sa stratégie vers des attaques extérieures? Rien que le mois dernier, la marque de Daech a été décelée dans le pire attentat à la bombe de l’histoire turque, l’un des pires attentats de l’histoire libanaise récente et sans doute dans le crash d’un avion de ligne russe en Égypte. Avec les attentats de Paris, peut-on en déduire que le groupe djihadiste aurait gagné en confiance et serait désormais décidé à investir du temps et des ressources pour mener des actions terroristes en dehors d’Irak et de Syrie?

Sinistre équation

Programmer des bombes demande un peu de formation et de connaissances, faire sauter sa ceinture d’explosifs au milieu de la foule beaucoup moins

Si la trajectoire stratégique de l’État islamique connaît effectivement un tournant –de l’intérieur vers l’extérieur–, les attentats les plus faciles à mener sont identiques à ceux de Paris. Programmer des bombes demande un peu de formation et de connaissances, faire sauter sa ceinture d’explosifs au milieu de la foule beaucoup moins.

Comprendre les groupes terroristes requiert d’en passer par une double problématique: celle de l’intention et de la capacité. Les intentions de l’État islamique sont claires: que ses adhérents tuent des occidentaux en son nom. En matière de capacité, il n’est pas impossible de se procurer des armes via des trafiquants recyclant les arsenaux des guerres des Balkans. À cela s’ajoute un nombre inconnu d’individus prêts à mourir pour la cause et, l’un dans l’autre, l’équation en devient des plus sinistres.

À chaque terme de l’équation qui augmente –la quantité de personnel disponible, l’armement accessible–, ce sont aussi les probabilités chaotiques qui augmentent.

J’espère que mes calculs sont faux. Mais si la direction de l’État islamique commande et contrôle effectivement ses partisans en Europe, comme l’a laissé entendre le président français, nous devons nous attendre en Occident à des attentats encore plus nombreux. Les temps qui s’annoncent risquent d’être très sombres.

Aki Peritz

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Par Aki Peritz

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