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Publié par Patrick Granet

Attentat d’Orlando : pour une commune résistance à l’islam radical / Après Orlando, les gays vont-ils se droitiser?

Par Ivan Rioufol le 13 juin 2016

Ce lundi soir, la Tour Eiffel sera illuminée aux couleurs arc-en-ciel du mouvementLGBT (lesbiennes, gays, bi et trans) : une décision prise par Anne Hidalgo, en hommage aux 51 morts et 54 blessés de l’attentat islamiste d’Orlando (Floride). Le tueur, Omar Seddique Matee, américain d’origine afghane, a fait feu dans une célèbre boite de nuit pour homosexuels, dimanche matin. Le jeune musulman radicalisé avait prêté allégeance à l’Etat islamique peu avant de commettre ses assassinats. L’EI a d’ailleurs revendiqué l’attentat un peu plus tard.

Pourtant, Barack Obama n’a pas voulu parler de terrorisme islamiste. Il a évoqué tout d’abord un « acte de terreur et de haine », puis un « terrorisme extrémiste », au motif que la religion n’aurait « rien à voir » avec cette tuerie épouvantable.

« Ceci n’est pas l’islam » répètent pareillement les autorités françaises – Manuel Valls mis à part – après chaque atrocité commise au nom de cette religion, quand elle est appliquée à la lettre. Les juifs, les chrétiens, les musulmans démocrates, les femmes libres, les homosexuels, les occidentaux plus globalement, sont les cibles désignées de cette idéologie totalitaire et violente. Elle devient d’autant plus puissante que ses adversaires persistent dans leur pusillanimité. Les capitulards sont légion parmi la gauche française et dans une partie de la droite mimétique : ils n’osent nommer l’islam radical comme le danger, de peur d’apparaître « islamophobes ». Cet attentat, commis au nom d’Allah, vient rappeler à ceux qui, en France, se laissent gagner par un antiaméricanisme irréfléchi, qu’une même communauté de destin unie les Etats-Unis au reste du monde occidental, à commencer par l’Europe et Israël.

Rien n’est plus commode que de nier le choc des cultures qui oppose cruellement le monde islamique revanchard au monde occidental somnolent. Les ravis de la crèche sont trop heureux de relativiser la dynamique coranique en pointant du doigt les ivrognes anglais ou russes, présentés comme étant d’extrême droite, qui s’affrontent en marge de l’Euro 2016. Ces scènes, pour lamentables qu’elles soient en effet, ne sont néanmoins que l’expression de la sous-culture du football, élevé au rang de religion de substitution par beaucoup de supporteurs.

Or ce décervelage n’est rien à côté de la haine des djihadistes, portés par l’esprit de conquête et le goût de la mort. Même la Turquie « modérément islamiste », qui participe à l’Euro alors qu’elle ne devrait rien avoir à faire en Europe (même élargie à ses cousins occidentaux), ne maîtrise plus son mépris pour l’Union européenne. Le sultan Erdogan envisage de faire inculper les onze élus allemands d’origine turque qui ont voté la reconnaissance du génocide arménien. Il veut même faire « analyser dans un laboratoire » le « sang corrompu » de ces députés. Ces surenchères se poursuivront tant que les pays occidentaux se laisseront marcher sur les pieds. Il est probable queDonald Trump, aux Etats-Unis, ne se privera pas de dénoncer la lâcheté d’Hillary Clinton, soutenue par un Obama trop conciliant face à l’islam. En France, les responsables politiques doivent enfin oser tenir tête à l’ennemi. Mettre les couleurs LGBT sur la Tour Eiffel plutôt que celles des Etats-Unis doit inciter encore plus la communauté gay à entrer en résistance, solidairement avec toutes les autres victimes potentielles d’une idéologie mortifère.

http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2016/06/lattentat-dorlando-appelle-a-u.html

Après Orlando, les gays vont-ils se droitiser?

Jusqu’ici tout va bien Le 13/6/16 Eric Verhaeghe

Après l’attentat d’Orlando, une question doit être suivie avec une attention particulière: la puissante communauté gay, traditionnellement à gauche et opposée au bloc identitaire, va-t-elle changer son fusil d’épaule et se montrer moins tolérante vis-à-vis de la communauté musulmane? Il est trop tôt pour le dire, mais nous assistons peut-être à un basculement des positions politiques acquises jusqu’ici.

Gays et anti-racisme: une continuité naturelle

Dans le grand mouvement de lutte contre la domination majoritaire (chrétienne et hétérosexuelle), les mouvements homosexuels ont, à la fin des années 80, cherché à multiplier les points d’attaque. L’émergence de SOS Racisme, en son temps, fut l’une des facettes de cette stratégie, bientôt augmentée avec la naissance d’Act’Up.

Les deux associations ont la particularité d’avoir été activement soutenue par l’un des plus éminents représentants de la communauté gay en France, Pierre Bergé.

Dans les années 90, s’ouvre donc une ère où l’expression des minorités convergent dans une contestation globale de ce qui est aujourd’hui défendu par les mouvements identitaires. Cette convergence des luttes, comme dirait la Nuit Debout, s’est largement appuyée sur une posture victimaire qui a soudé les affects. Les immigrés sont des victimes de l’esprit colonial défendu par les Français de souche. Ces derniers n’aiment pas les homosexuels et les discriminent volontiers.

Difficile de soutenir un combat sans soutenir l’autre.

Les gays et la pensée unique

L’unité de combat a aussi impliqué l’unité de méthode, fondée sur une logique binaire appelée pensée unique. D’un côté, il y a le langage autorisé: les minorités sont victimes de la majorité, et elles ont droit à une sorte de réparation éternelle pour cette discrimination, et en même temps qu’elles bénéficient d’une impunité, d’une sorte de grâce permanente.

De l’autre, il y a ceux qui refusent la tyrannie des minorités et la déconstruction organisée du fait majoritaire. Ceux-là sont forcément d’extrême-droite, des fascistes, des dissidents.

Face à la montée d’un projet politique sournois mais invasif dans les « quartiers », fondé sur une compréhension politique de l’Islam, la communauté gay a donc volontiers rejoint la communauté féministe dans la cécité et la persécution tyrannique. Tous ceux qui ont expliqué que les attentats de 2015 participaient d’une visée politique dangereuse liée à une montée d’un Islam non laïcisé en France ont été assimilés à des racistes bien sûr, mais aussi des partisans naturels de l’homophobie, du machisme, de la discrimination sexiste.

En quoi Orlando change la donne

L’attentat d’Orlando sape durablement les fondements de cette alliance entre minorité musulmane et minorité homosexuelle. Il montre en effet que les homosexuels n’ont absolument rien à gagner de la montée de l’islamisme, telle qu’elle est encouragée de fait dans les quartiers les plus sensibles, y compris au plus haut niveau du Parti Socialiste.

À force de nier les évidences qui montaient, les évidences sont venues aux homosexuels: ils seront les premiers sur la liste des victimes d’un système de soumission à l’Islam. Dans le grand débat qui opposent les défenseurs de « l’après-tout ce n’est pas si grave » et les partisans d’un retour à une laïcité intégrale et militante, les homosexuels ont largement, jusqu’ici, rejoint le premier camp. Orlando souligne l’erreur stratégique de cette attitude.

Combien de temps prendra la droitisation homosexuelle?

Reste à savoir combien de temps prendra la transformation politique des points-clés de l’identité homosexuelle. D’un simple point de vue sociographique, le phénomène est intéressant à suivre. Dès le début de l’année 2016, un premier signe est apparu: le roman Histoire de la Violenced’Édouard Louis met en scène la désillusion et l’incompréhension d’un jeune homosexuel victime de la violence perpétrée par un Arabe. Or, Edouard Louis est une sorte de ludion créé de toutes pièces par la communauté homosexuelle et qui en exprime assez bien les clichés, les caricatures et les stéréotypes.

Orlando devrait accélérer ce mouvement de « reflux » et de dissociation entre la minorité homosexuelle et la communauté musulmane.

http://www.eric-verhaeghe.fr/apres-orlando-gays-se-droitiser/

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