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Publié par Patrick Granet

Antoine doit être rétabli dans ses droits !

Après plus de huit heures d’audience, avec des centaines de manifestant.e.s rassemblé.e.s à ses portes, le Tribunal de Grande Instance de Lille, a condamné Antoine, militant de la CGT Valenciennes, à dix mois de prison avec sursis avec mise à l’épreuve : huit mois pour de prétendus « faits de violence », deux mois pour refus de prélèvement ADN. Autre inculpé, François écope de six mois avec sursis. Antoine et François sont également interdits de manifestation dans le département du Nord pendant deux ans. Cette condamnation est parfaitement inique et arbitraire.

Le dossier de l’accusation est vide (comme un article d’investigation de Mediapart l’a démontré). C’est bien un procès politique qui s’est déroulé le jeudi 9 juin à Lille. Antoine a été condamné pour son engagement syndical, parce qu’il est connu comme militant antifasciste et libertaire.

Nous ne pouvons pas nous habituer à la répression qui frappe le mouvement social contre la loi « travail ». Une condamnation à une peine de prison, même avec sursis reste une condamnation inacceptable. Interdire à quelqu’un de manifester c’est grave, c’est porter atteinte à ses libertés fondamentales. Comme l’exige l’Union locale CGT de Douai, Antoine doit être rétabli dans ses droits, le plus vite possible, et nous serons à ses côtés pour cela.

Nous remercions chaleureusement tous les soutiens – hexagonaux comme internationaux – qui se sont manifestés pour Antoine et les appelons à rester mobilisés. C’est notre mobilisation qui a permis qu’Antoine retrouve ses proches et sa famille hier soir. À l’heure où le gouvernement, en pleine dérive autoritaire, menace de réquisitionner des grévistes, nous devons plus que jamais être uni.e.s, déterminé.e.s et solidaires dans la lutte contre la loi « travail » et contre la répression.

Le 10 juin.

Libérez Antoine !

Télécharger l’appel en format PDF

Antoine, militant de la CGT de Valenciennes est en détention préventive depuis le 17 mai.

Il a été arrêté à Lille durant une manifestation contre la loi travail. Trois policiers l’ont alors interpellé en se jetant violemment sur lui et en l’immobilisant.

Un policier accuse Antoine de l’avoir frappé. Or les personnes qui étaient à ses côtés et ont témoigné en sa faveur affirment qu’il n’en est rien. Antoine était juste venu manifester avec dans ses mains son drapeau CGT.

Rien ne justifiait donc son arrestation.

Cette arrestation s’inscrit dans une vague répressive qui touche tout le pays ; celle-ci vise particulièrement les organisations actives dans le mouvement social qui dure depuis trois mois. Les organisations syndicales sont spécialement ciblées : arrestations, provocations policières, intrusion dans des locaux syndicaux, charge contre des piquets de grève,…

L’incarcération d’Antoine voulue par les autorités participe d’une véritable stratégie de la tension. Il s’agit d’en faire un exemple pour faire peur afin de dissuader celles et ceux qui se mobilisent contre la loi Travail et plus largement contre un ordre de plus en plus inégalitaire et autoritaire de descendre dans la rue.

Ce qui est en fait reproché à Antoine, c’est d’être un militant syndicaliste, antifasciste et libertaire particulièrement actif dans le Valenciennois. Antoine est victime de l’arbitraire le plus total. Outre les conséquences morales, une condamnation judiciaire à une peine d’emprisonnement aurait des conséquences dramatiques pour ce jeune travailleur précaire.

Antoine doit être jugé à Lille jeudi 9 juin.

Aussi les organisations et les personnes signataires de cet appel :

  • affirment leur solidarité avec Antoine ;
  • appellent toutes les organisations syndicales, démocratiques et progressistes, locales ou nationales, ainsi que toutes les personnes révoltées par cette situation à soutenir Antoine et à se mobiliser ce jour-là ;
  • exigent sa libération immédiate et l’abandon de toutes les poursuites à son encontre.

Appel signé par plus de 300 syndicalistes, universitaires, militants associatifs et politiques, artistes, de nombreux pays, dont :

Clémentine Autain, Ensemble ; Ludivine Bantigny, historienne, Université de Rouen ; Hervé Basire, secrétaire général de la FERC-CGT ; Olivier Besancenot, NPA ; Eric Beynel, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires ; Frédéric Bodin, secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires ; Béatrice Bonneau, syndicaliste, élue PCF, Paris 2e ; Angel Bosqued, Confederacion General del Trabajo (CGT État espagnol) ; Jean-Marc Cannon, secrétaire général de l’UGFF-CGT ; Anne Clerval, géographe ; Philippe Corcuff, maître de conférences en sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Lyon ; Jérémie Crépel, conseiller municipal EELV Lille, conseiller régional Nord-Pas-de-Calais ; François Cusset, historien et écrivain, Université Paris Ouest Nanterre ;Laurence De Cock, historienne et enseignante ;Christophe Delecourt, secrétaire national de l’UGFF-CGT ; Christine Delphy, sociologue ;Gérard Delteil, romancier ; Alain Desjardin, ancien président de la CFDT métallurgie de Roubaix-Tourcoing ; Jean-Baptiste Eyraud, militant associatif ; Eric Fassin, sociologue, Université Paris-8 ; Bernard Friot, économiste et sociologue ; Cécile Gondard-Lalanne, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires ; Dominique Grange, chanteuse engagée ;Nacira Guénif, anthropologue, Université Paris 8 ; Eddy Guilain, Union locale CGT Douai ;David Hamelin, CNT-Solidarité Ouvrière Poitiers ; Razmig Keucheyan, sociologue, Université Paris 4 ; Lola Lafon, romancière ; Frédéric Lordon, économiste et philosophe, CNRS ; Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire ; Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT ;Xavier Mathieu, comédien, CGT Continental ; Hugo Melchior, militant d’Ensemble, doctorant, trois fois interdit de manifestation à Rennes ; Julian Mischi, sociologue ; Olivier Neveux, Professeur d’études théâtrales ; NnoMan, Photoreporter Co-Fondateur du Collectif ŒIL ; Mohammed Oussedik, secrétaire général de la Fédération CGT Verre-Céramique ;Aline Pailler, journaliste, CGT-SFA ; Willy Pelletier, sociologue, Fondation Copernic ; Irène Pereira, sociologue ; Christine Poupin, NPA ; Théo Roumier, appel de syndicalistes « On bloque tout ! » ; Eric Santinelli, secrétaire fédéral SUD Rail ; Annie Sic, secrétaire générale de la Confédération paysanne ; Elsa Squirone, Alternative libertaire ; Baptiste Talbot, secrétaire général de la Fédération CGT des Services publics ; Tardi, dessinateur ; Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT, Enzo Traverso, historien, Cornell University ;Charles-André Udry, économiste, Suisse ; Céline Verzeletti, membre du Bureau confédéral de la CGT ; Jean Vignes, secrétaire général de la Fédération SUD Santé-sociaux ; Olivier Vinay, membre du bureau national de la FSU…

Liste complète des signataires

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