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Publié par Patrick Granet

Pour Noël, nous vous offrons quelques extraits des Carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914-1918. En ces temps de prolifération des discours nationalistes et bellicistes, il est bon de se souvenir que la guerre n’est pas un jeu mais qu’au milieu de ses horreurs peuvent parfois jaillir des étincelles de fraternité.

Un monument a récemment été élevé à Neuville-Saint-Vaast dans l’Artois, en hommage aux soldats qui ont fraternisé pendant les fêtes de Noël 1914 et 1915 sur le front Ouest. Pourquoi ce lieu ? Parce que Louis Barthas, tonnelier et militant socialiste originaire de Peyrac-Minervois dans l’Aude mobilisé à 35 ans dans le 280ed’infanterie basé à Narbonne, a raconté dans le précieux témoignage qu’il a livré de ce conflit un épisode de trêve ayant eu lieu à cet endroit en décembre 1915.

Les carnets de guerre de Louis Barthas, que nous avons déjà évoqués ici sont, parmi les nombreux témoignages existant sur le premier conflit mondial, particulièrement intéressants du fait de l’engagement politique de leur auteur qui, bien que confronté à l’horreur des combats, ne s’est jamais départi tout au long de sa vie au front se ses convictions socialistes, humanistes, antimilitaristes et pacifistes. Nous avons décidé de vous offrir pour Noël quelques extraits de ces carnets, qui relatent plusieurs épisodes de fraternisation entre soldats français et allemands.

L’édition sur laquelle nous nous basons est la réédition du centenaire parue en 2013 aux éditions La Découverte. Les carnetsont été publiés pour la première fois en 1978 aux éditions Maspero, et leur histoire est relatée dans la postface de l’édition 2013 par l’historien Rémy Cazals. L’immense succès de ce livre a marqué l’historiographie de la Première guerre mondiale en lançant un mouvement de redécouverte des récits des combattants ordinaires, pour lesquels l’intérêt du public n’a depuis jamais été démenti.

Noël 1914

Parti au front le 4 novembre, Louis Barthas n’a vécu qu’indirectement la trêve de Noël 1914 :

p.85 : « La nuit suivante était la nuit sacrée de Noël. Dès la nuit tombée, nous nous étions blottis dans nos trouspensant bien y sommeiller jusqu’à l’aube, lorsque vers neuf heures du soir une voix bourrue nous intima l’ordre de sortir de nos trous et de monter nos sacs en toute hâte.

De fait, il se passait en première ligne quelque chose d’anormal, on entendait des chants, des clameurs, de nombreuses fusées furent lancées de part et d’autre, mais pas de fusillade.

Deux heures après, l’alerte pris fin. Nous n’eûmes l’explication de ce qui s’était passé que le lendemain ; je cède la plume, une plume plus autorisée que la mienne, à notre capitaine qui raconte dans un livre cette curieuse anecdote.

[Il s’agissait d’une coupure de presse, glissée par Louis Barthas dans le cahier. Elle a été malheureusement perdue.] »

Si les trèves de Noël sont longtemps restées un tabou côté français (même si certains journaux de marche de régiments en ont rendu compte), en revanche, côté britannique, elles étaient connues dès 1914 et même relayées par la presse :


Pour en savoir plus sur les trêves de Noël, vous pouvez réécouter l’émission que nous y avions consacré il y a un an dans « L’Actualité des luttes » sur FPP en présence de Patrick Le Moal, militant du NPA et auteur d’un texte sur le sujet :

A noter que ces trêves ont également été racontées de manière romancée dans un film sorti en 2005, Joyeux Noël, réalisé par Christian Carion. Le réalisateur est d’ailleurs à l’origine du monument construit à Neuville-Saint-Vaast.

Deux images supplémentaires de la trêve de Noël 1914 :

Décembre 1915 : les « trêves de la boue »

Retour en Artois. En décembre 1915, Barthas détaille une trève due non pas à Noël, mais aux nécessités de la survie alors que les soldats se noyaient dans la fange. La trêve prend un sens politique quand un soldat allemand brise son arme devant les combattants des deux camps :

pp. 215-217 : « […] Boyaux et tranchées avaient complètement disparu sous l’eau, presque tous les abris s’effondrèrent […].

Le 10 décembre, en maints endroits de la première ligne, les soldats durent sortir des tranchées pour ne pas s’y noyer: les Allemands furent contraints d’en faire de même et l’on eut alors ce singulier spectacle: deux armées ennemies face à face sans tirer un coup de fusil.

[…]

Français et Allemands se regardèrent, virent qu’ils étaient des hommes tous pareils. Ils se sourirent, des propos s’échangèrent, des mains se tendirent et s’étreignirent, on se partagea le tabac, un quart de jus ou de pinard.

Ah si l’on avait parlé la même langue !

Un jour un grand diable d’Allemand monta sur un monticule et fit un discours dont les Allemands seuls saisirent les paroles mais dont tout le monde comprit le sens, car il brisa sur un tronc d’arbre son fusil en deux tronçons dans un geste de colère. Des applaudissements éclatèrent de part et d’autre et L’Internationale retentit. »

Malheureusement, les chefs sont d’un autre avis :

Cependant nos grands chefs étaient en fureur. Qu’allait-il arriver grands dieux si les soldats refusaient de s’entretuer ? Est-ce que la guerre allait donc si tôt finir ? Et nos artilleurs reçurent l’ordre de tirer sur tous les rassemblements qui leur seraient signalés et de faucher indifféremment Allemands et Français comme aux cirques antiques on abattait les bêtes féroces pour refuser de s’égorger et se dévorer entre elles.

De plus, dès qu’on put établir tant bien que mal la tranchée de première ligne on interdit sous peine d’exécution immédiate de quitter la tranchée et on ordonna de cesser toute familiarité avec les Allemands.

C’était fini, il aurait fallu un second déluge universel pour arrêter la guerre, apaiser la rage et la folie sanguinaire des gouvernants.

Qui sait ! peut-être un jour sur ce soin de l’Artois on élèvera un monument pour commémorer cet élan de fraternité entre des hommes qui avaient horreur de la guerre et qu’on obligeait à s’entretuer malgré leur volonté. »

Son vœu sera donc exaucé quelques 100 ans plus tard. Dans les jours suivants et à leurs risques et périls, les soldats persistent à fraterniser. Barthas décrit même le cas d’un de ses camarades qui, menacé d’être fusillé, préfère déserter et rejoindre les Allemands :

« Cependant, en dépit d’ordres féroces, on continua surtout aux petits-postes à familiariser entre Français et Allemands ; à la 24ecompagnie le soldat Gontran, de Caunes-Minervois, rendait même visite à la tranchée boche.

Il avait fait la connaissance du capitaine allemand, bon père de famille qui lui demandait des nouvelles des siens et lui donnait toujours quelques cigarettes.

Quand Gontran prolongeait trop sa visite le capitaine le poussait hors de la tranchée en lui disant : « Allons, va-t’en maintenant ! »

Malheureusement pour Gontran, un jours qu’il revenait de la tranchée allemande il fut aperçu par un officier de sa compagnie et quel officier ! le lieutenant Grulois, « Gueule de Bois », qui lui dit : « Je vous y prends, vous serez fusillé demain. Qu’on arrête cet homme. »

Personne ne bougea, les hommes regardaient stupides cette scène. Gontran affolé par cette menace de l’officier escalada le talus de la tranchée en lui criant : « Béni mé querré »1, et en quelques enjambées il fut à la tranchée ennemie d’où il ne revint plus.

Le soir même un conseil de guerre composé des officiers supérieurs du régiment et présidé par le colonel se réunit à l’abri de notre commandant.

En cinq sec le soldat Gontran fut condamné par coutumace à la peine de mort.

Après enquête, le lieutenant Grulois trop zélé fut puni des arrêts pour avoir effrayé le coupable et être cause de sa désertion ; on faillit traduire en conseil de guerre le caporal Escande, de Citou, et les soldats de son escouade pour ne pas avoir tiré sur leur camarade déserteur. »

Quelques jours plus tard, le régiment de Barthas est dissous et versé dans le 296e régiment d’infanterie.

Août 1916, petit-poste n°10

Champagne, août 1916 : le caporal Louis Barthas est de garde avec ses compagnons d’infortune dans un avant-poste à quelques mètres seulement des Allemands. Il raconte un épisode de fraternisation au quotidien, et décrit l’état d’esprit des combattants qui refusent de se tirer dessus :

p.355 et suivantes : « Deux jours après, notre 6e escouade alla occuper le petit-poste n°10. […]

A six mètres de notre barrage les Allemands avaient établi leur barrage, et quelques fils de fer épineux jetés entre et qu’on aurait pu franchir en quatre enjambées séparaient seuls deux peuples, deux races qui s’exterminaient.

[…]

Apprenant qu’il était condamné à passer vingt-quatre heures dans un tel petit-poste, un embusqué ou un bon bourgeois, si patriote qu’il fût, eût senti ses cheveux se hérisser sur sa tête et n’eût pas manqué de faire son testament avant d’entrer dans ce coupe-gorge.

Quel n’aurait pas été leur étonnement, même leur stupéfaction de voir le calme et la tranquillité qui régnaient dans ce coin. […]

Leur stupéfaction se fût changée en ahurissement s’ils eussent vu sentinelles françaises et allemandes assises tranquillement sur le parapet en train de fumer la pipe et échanger de temps en temps un bout de conversation comme de bons voisins prenant le frais sur le pas de leur porte.

De relève en relève, on se transmettait les usages et coutumes de ces petits-postes, les Allemands de même et toute la Champagne pouvait s’embraser, il ne tombait jamais une grenade en ce point privilégié.

[…]

Quelque fois il y avait échange de politesses, c’était des paquets de tabac de troupes de la Régie française qui allaient alimenter les grosses pipes allemandes ou bien les délicieuses cigarettes « Made in Germany » qui tombaient dans le poste français.

Voilà une drôle d’affaire de commerce et d’intelligence avec l’ennemi qui ferait bondir d’indignation patriotes et super-patriotes depuis le royaliste Daudet jusqu’au fusilleur de Narbonne Clemenceau en passant par le caméléon Hervé2.

[…]

On peut être certain que ce geste de fraternité s’est produit en plus d’un endroit, partout où la proximité des postes le permettait. Et que nos grands chefs, nos dirigeants ne s’illusionnent pas : s’il ‘y avait pas eu entre les tranchées une distance raisonnable, s’il n’y avait pas eu une barrière de fils de fer épineux c’est partout que les mains se raient tendues, preuve entre mille que cette horrible guerre a été déchaînée contre le consentement des peuples.

La génération future frappée de stupeur, déconcertée par cette folie sanguinaire universelle apprendra-t-elle par quelque plume autorisée ces gestes de fraternité qui sont comme une protestation de révolte contre le sort fatal qui mettait face à face des hommes qui n’avaient aucune raison de se haïr ?

Pour l’honneur de notre génération, de la civilisation, de l’humanité, que ceux qui nous suivront en aient la révélation, ce sera pour les uns un réconfort, pour les autres un exemple, une leçon, un avertissement sur le danger de déchaîner une nouvelle guerre. »

Alors que ces fraternisations s’ébruitent, les soldats sont placés sous surveillance. Une nuit, un lieutenant tente de déclencher un incident avec le camp d’en face, mais les sentinelles l’en empêchent en lui désignant un mauvais endroit de la tranchée allemande quand il leur demande ont est le petit-poste ennemi. Les soldats ont tout de même eu chaud : « vous avez de la chance que je ne vous aie pas surpris en train de causer avec les Boches, j’avais mission de vous tuer sur place », confie l’officier. Barthas raconte la suite :

« Au petit jour, les Allemands nous appelèrent. Ils étaient trois dont un bien jeune, joufflu et rose comme une « Fraülein » nous demandèrent si nous avions bu le café. Ils nous dirent que la veille notre artillerie leur avait tué deux camarades, mais je me hâtais de mettre fin à la conversation ; on leur raconta l’incident de la veille et qu’ils évitassent de se montrer étant nous mêmes surveillés étroitement.

Les Allemands émus nous remercièrent vivement et avant de disparaître derrière leurs sacs de terre un d’eux une main dans l’autre s’écria : « Français, Allemands, soldats, tous camarades ; officiers, et il leva son poing serré, NON. »

Ah ! Comme il avait raison cet Allemand. […] »

Quelques jours plus tard, Barthas et son unité rejoignent un autre petit-poste :

« […] Un peu peu plus loin dans ce boyau les Allemands aussi avaient quelques sentinelles. Trop loin les unes des autres pour engager la conversation, elles n’en étaient pas assez pour ne pas s’apercevoir dans l’embrasure des créneaux, simples vides aménagés entre les sacs de terre des parapets, puis peu à peu confiantes dans l’intérêt réciproque qu’on avait à ne pas se tirer les uns sur les autres elles avaient fini par se montrer sans défiance, échanger un geste de camaraderie, un sourire, un regard amicaux.

De ceux qui n’ont pas vécu la crise des tranchées, beaucoup ne pourront comprendre cette entente tacite, cette fraternité d’adversaires qu’ils croyaient toujours en train de se guetter, le doigt sur la gâchette. Mais qu’ils réfléchissent sérieusement au sort d’hommes qu’une longue communauté de souffrances de dangers a rapprochés par la force d’un irrésistible instinct de la nature humaine. »

Les mutineries de 1917

En mai 1917, Barthas vivra un épisode de mutinerie au moment où en Russie éclate la révolution. Inspirés par cet événement, les soldats de son régiment crient « Paix ou Révolution ! A bas la guerre ! », réclament le droit de partir en permission et chantent L’Internationale. Les hommes tentent même de monter un soviet pour prendre la direction du régiment, et des coups de fusils sont tirés sur des officiers. Finalement, une fois le calme revenu, les soldats sont renvoyés aux tranchées entre deux rangées de cavalerie, « comme des forçats qu’on conduit aux travaux forcés », nous dit Barthas (cet épisode est relaté p. 471 et suivantes).

Le 296e est dissous quelques mois plus tard et Barthas rejoint un régiment breton : « il y eut des raisons à cette dissolution, explique Barthas : la part prise par le 296e aux manifestations antimilitaristes de juin dernier n’était pas peut-être étrangère à cette disgrâce qui nous frappait. Le 296e régiment était aussi le régiment dont le dépôt était à Béziers, Béziers où, en 1907, lors des troubles viticoles, le régiment se révolta ». Barthas suggère que cette dissolution doit quelque chose au retour de Clemenceau au pouvoir, « plutôt la dictature », et qu’il s’agit de la réponse à une crainte du « bourreau du Midi » qui était déjà au pouvoir en 1907 qu’un tel épisode ne se répète (p. 488 et suiv

« Gloire au 17e », chanson de Montéhus (1907). Bien que marquée par un ton patriotique et républicain courant à l’époque, cette chanson rend hommage aux mutins du 17e régiment d’infanterie de ligne de Béziers, dont le régiment de Barthas est considéré comme étant l’héritier.

Tout au long de la guerre, les soldats ont opposé des résistances à l’atroce boucherie3. Les Carnets de Louis Barthas, portés par la plume vivante et par la finesse d’analyse de leur auteur, en en sont un témoignage particulièrement précieux.

Et pour finir dans le ton, une autre chanson. Dominique Grange, « Fraternité », extrait de son album Des lendemains qui saignent(Amoc, 2009) :

O. G.

Image de « une » : The Graphic, journal britannique, janvier 1915.

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  1. En occitan : « Viens me chercher »

  2. En 1907, l’armée tire sur la foule pour réprimer les grèves de vignerons dans la région de Narbonne et de Béziers. Un régiment se mutine. Clemenceau est alors président du Conseil. Léon Daudet, fils d’Alphonse, après avoir été républicain, s’est converti au monarchisme et est devenu le polémiste de l’Action française. Enfin, Gustave Hervé est qualifié de « caméléon » par Barthas à cause de son spectaculaire retournement de veste : fondateur du journal La guerre sociale et socialiste antimilitariste jusqu’en 1912, il se rallie en août 1914 à l’Union sacrée, avant de devenir après guerre un admirateur du fascisme mussolinien et du nazisme, dont il se distancera à cause de son désaccord avec l’antisémitisme virulent d’Adolf Hitler. Note de Confusionnisme.info.

  3. Sur ce sujet, signalons le livre du psychologue cognitiviste François Roux, La Grande guerre inconnue : Les poilus contre l’armée française, publié aux éditions de Paris/Max Chaleil en 2006

Sur le même thème

Lire, écouter, voir : des ressources sur la Première guerre mondiale2 août 2015Dans "Histoire et mémoire"

A lire : Les dix derniers jours, de Jean-Claude Lamoureux7 novembre 2014Dans "Histoire et mémoire"

Jean-Luc Mélenchon compare le gouvernement Merkel au régime nazi16 juillet 2015Dans "La gauche"

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ARTICLE PRÉCÉDENTCalaisiens en colère : « Je vais chercher mon gun, c’est la guerre ce soir »ARTICLE SUIVANTViolences racistes à Ajaccio

RENDEZ-VOUS

  1. IRAN : RASSEMBLEMENTS CONTRE LA VENUE D’HASSAN ROHANI EN FRANCE 25 janvier 2016 Ornella Guyet

    Cette semaine, François Hollande recevra le président de la République islamique d’Iran, Hassan Rohani. Les opposants à la dictature appellent à protester mercredi et jeudi après-midi à Paris, comme l’annoncent nos camarades de Soliran Paris. Deux rassemblements sont prévus :

    – Le mercredi 27 janvier 2016 de 15 h à 18 h place de la République,
    – Le jeudi 28 janvier de 15 h à 18 h à l’angle de la rue Vaugirard et de la rue de Tournon (face au sénat).

    Venez les soutenir !

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À LA UNE

BRÈVES

  1. © Simond Colaone via France 3 CALAIS : CGT DOCKERS, COMMERÇANTS, ALLIANCE POLICE, ÉLUS LR ET PS UNIS CONTRE LES MIGRANTS 25 janvier 2016 Ornella Guyet

    Dimanche, un rassemblement suivi d’une manifestation a rassemblé de 1000 à 2000 personnes Calais. En dépit du caractère auto-proclamé« apolitique » de l’événement, qui avait pour mot d’ordre « Mon port est beau, ma ville est belle », personne n’est dupe quant à sa signification politique, puisqu’il s’agit d’une réaction à l’occupation du port et d’un ferry la veille par des migrants et leurs soutiens. Si parmi les organisateurs, on n’est pas surpris de retrouver les traditionnelles organisations droitières : Agir ensemble pour sauver le port de Calais (commerçants), Fédération maritime (association patronale), mais aussi selonLa Voix du Nord et plusieurs autres médias le syndicat de police Alliance, des CRS et plusieurs entreprises, force est cependant de souligner la présence des fédérations nationales CGT Dockers et Port de Calais. Côté élus, on a pu apercevoir Natacha Bouchart (mairesse LR de Calais), mais aussi le député Yann Capet (PS), le maire de Oye-Plage Olivier Majewicz (PS) ou encore le maire de Sangatte, Guy Allemand (sans étiquette). De son côté, l’extrême droite locale prévoit de manifester le 31 janvier.

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  2. An aerial view of a field called the « New Jungle » with tents and makeshift shelters where migrants and asylum seekers stay, is seen in Calais, France, in this picture taken October 1, 2015. The number of migrants in the Calais camp on France’s north coast has doubled to close to 6,000 people, the prefect for the region said October 16, 2015. REUTERS/Pascal Rossignol SALUTATION DE LA KEERFA AUX MANIFESTANTS DE CALAIS 25 janvier 2016Ornella Guyet

    Ce week-end, plusieurs centaines de personnes ont aussi manifesté leur soutien aux migrants à la frontière gréco-turque. Voici le communiquépublié par nos camarades grecs :

    « Salutation de la KEERFA aux manifestants de Calais

    Nous les manifestant.e.s qui sommes venu.e.s des 4 coins de la Gréce, ici à Alexandroúpolis, pour revendiquer de mettre fin aux noyades dans la mer Egée, nous ne sommes pas seul.e.s. Nous saluons toutes et tous les antiracistes et les antifascistes qui manifestent aujourd’hui leur colère, qu’ils soient à Lampedouza ou à Calais.

    Il s’agit d’un soulèvement international contre les Le Pen et les partis fascistes de l’Europe mais aussi contre les politiques de Hollande et Merkel qui leur ouvrent la voie!

    Le 23 janvier, des manifestant.e.s descendent dans les rues d’Istanbul et le 24 nous allons nous rencontrer sur la frontière gréco-turque aux Jardins (Kipoi) d’Evros. Le 23 vous, les antiracistes et les antifascistes en France vous manifestez à Calais, la « jungle » de la honte, malgré que les fascistes menacent d’empêcher cette manifestation.

    A Evros, la voix de protestation des travailleuses, des travailleurs et de la jeunesse contre l’obstacle meurtrier du mur d’Evros, s’exprimera haut et fort. Nous manifesterons pour que ce mur, qui bloque le passage des celles et ceux qui fuient la guerre et la famine, des refugié.e.s et des migrant.e.s, tombe.

    Le fait qu’en Grèce le mouvement international de solidarité est persécuté avec des arrestations des pompiers Espagnols et d’autres personnes solidaires, est scandaleux.

    Nous n’acceptons pas que les personnes solidaires qui sauvent des vies à Mytilène ou sur d’autres îles, soient chasées par la police et FRONTEX.

    Nous n’acceptons pas cette Europe Forteresse avec ses camps de concentration, les renvois, les murs, les exclusions, l’islamophobie et sa FRONTEX.

    Nous n’acceptons pas que le gouvernement SYRIZA-ANEL coupe les retraites de nos grand-mères de Mytilène qui portent les enfants des refugié.e.s dans leurs bras.

    Ils ne peuvent pas cacher la sauvagerie des noyades dans la mer Egée derrière la proposition de donner aux habitant.e.s des îles le prix « Nobel de la Paix ».

    Le gouvernement devrait faire tomber les murs, arrêter la police et ses contrôles racistes, couper les budgets pour les armements et il devrait donner enfin cet argent à l’assurance sociale, pour l’éducation et la santé. Cet argent pourrait financer la construction des vrais espaces d’accueil pour les refugié.e.s.

    D’Evros jusqu’à Calais, créons une vague de solidarité des peuples.

    De notre part nous saluons les syndicats, les mouvements de solidarité aux refugié.e.s, les communautés des migrant.e.s et les oganisations de la gauche qui participent à votre manifestation. Toutes et tous ensemble nous continuerons avec l’organisation de la journée internationale contre le racisme et le fascisme, le 19 mars, le même jour que le sommet de l’UE décidera l’autonomisation de FRONTEX au niveau interventionnel aux frontières.

    Toutes et tous ensemble nous pouvons faire tomber les murs! »

    Pour suivre l’actualité des migrants bloqués en Grèce et dans les Balkans, suivre (en anglais principalement) :

    Forgotten in Idomeni
    Le hashtag « Idomeni » sur Twitter
    Moving Europe
    No Border Serbia

    Et en France, découvrir le formidable travail du journal Merhaba.

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  3. LE CALAISIEN QUI A MENACÉ MIGRANTS ET MANIFESTANTS AVEC UN FUSIL EST UN NÉO-NAZI 25 janvier 2016 Ornella Guyet

    Le site Lutte en Nord confirme l’appartenance du Calaisien armé d’un fusil qui a menacé les manifestantssamedi appartient bien à l’extrême droite locale. Contrairement à ce que raconte l’extrême droite, l’homme n’était bien évidemment absolument pas en situation de légitime défense : c’est lui qui a provoqué les manifestants en les insultant. C’est lui et ses proches qui leur ont lancé des tas d’objets et pas l’inverse. L’homme a d’ailleurs reçu le soutien de Kevin Rèche, leader du groupuscule Sauvons Calais et lui-même néo-nazi notoire :

    Mise à jour, 27 janvier 2015, 13h15 : Le site antifasciste La Horde a depuis sortiun portrait beaucoup plus détaillé de David et Gaël Rougemont.

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  4. CALAIS : HUIT CAMARADES AU TRIBUNAL, DEUX EN CENTRE DE RÉTENTION 25 janvier 2016 Ornella Guyet

    Lu sur Paris-Luttes.info :

    « Lundi 25 janvier – 00h

    Point répression :
    -* Huit personnes dont six migrants, ont été déferrées ce soir au Tribunal de Boulogne-sur-mer (ils passeront devant le procureur certainement, avec possibilité de comparution immédiate). Un rassemblement de solidarité est appelé pour 13h30 devant le tribunal.
    -* Trois personnes d’origine italienne sont au centre de rétention de Lille, avec une OQTF (obligation de quitter le territoire français).
    -* Quatre gardés-à-vue (avec des papiers français) ont été relâchés ce dimanche en début de soirée.

    Des banderoles ont été accrochées dans la soirée à Paris, à La Chapelle et devant l’AFP. Un rassemblement avait également lieu à Marseille. »

    Nous exprimons toute notre solidarité aux victimes de cette répression. Voirnotre reportage sur cette manifestation.

    Mise à jour, 27 janvier 2015, 13h20 : Parmi les huit inculpés, six migrants sont maintenus en détention. Les autres ont été libérés, mais tous passeront en jugement le 22 février. Pendant ce temps, trois camarades italiennes sont toujours elles aussi en centre de rétention, menacées d’expulsion.

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  5. FOOD NOT BOMBS MONTPELLIER LÂCHÉ PAR SES PAIRS 20 janvier 2016 Ornella Guyet

    Le Food Not Bombs de Toulouse s’est publiquement désolidarisé de celui de Montpellier, qui entend faire la promotion d’Etienne Chouard, de Thierry Casasnovas et des « enfants indigos » :

    Le groupe d’Avignon dénonce lui aussi ces rapprochements :

    Nous sommes heureux d’apprendre que l’ensemble du mouvement ne soutient pas cette initiative malheureuse, et espérons que Food Not Bombs Montpellier saura en tirer les conséquences qui s’imposent.

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  6. ETIENNE CHOUARD, THIERRY CASASNOVAS ET ENFANTS INDIGO À FOOD NOT BOMBS MONTPELLIER 19 janvier 2016 Ornella Guyet

    Quelques jours avant la gauche morbihannaise, c’est le collectif libertaire Food Not Bombs de Montpellier qui va assurer la promotion d’un film dans lequel apparaissentEtienne Chouard, mais aussi Thierry Casasnovas ou des références aux« enfants indigo », théorie new age source de dérives sectaires. Au programme également de ce film intituléMontpellier 2018 : revenu de base et ateliers constituants. Ce « documentaire » exploite comme tant d’autres le filon de la « transition », concept utilisé à tort et à travers pour promouvoir des projets degreenwashing, surtout en ville. Voici la présentation du film (cliquer sur les images pour les agrandir) :

    Sur la page Facebook de l’événement, de nombreux commentateurs ont protesté, rappelant que ce genre d’inepties est incompatible avec les valeurs du mouvement anarchiste dont se réclame Food Not Bombs, collectif qui fait de la distribution de repas vegans gratuits élaborés à base de produits de récupération. Apparemment, ils ont obtenu une fin de non recevoir puisque la projection est maintenue :

    Notons au passage que l’image choisie pour illustrer l’événement, reprise de l’iconographie du film, est tirée du site de Laura Marie, une personne que l’on retrouve aussi, par exemple, à développer ses aberrantes thèses mystiques sur la webTV d’extrême droite MetaTV et qui est l’une des principales promotrices de la théorie des « enfants indigo » sur le Net, dont elle fait d’ailleurs tout un business :

    Plus inquiétant, le film est également diffusé en milieu scolaire et péri-scolaire, ainsi qu’auprès d’acteurs du monde de l’éducation. Qu’en pensent les syndicats d’enseignants, les associations de parents d’élèves et les autorités académiques ?

    Merci au lecteur qui nous a signalé cette information.

    Partagez ce contenu :

  7. Une lectrice nous signale qu’hier le collectif Urgence notre police assassine, qui est composé de familles de victimes de violences policières et qui fait un travail utile de veille et de lutte sur ce sujet en dépit de certains rapprochements avec les Indigènes de la République, a diffusé sur Facebook une vidéo appelant à soutenir sa porte-parole Amal Bentoussi lors d’un procès qui s’est déroulé… en 2014 :

    Jusqu’ici, rien de choquant ni de surprenant si ce n’est l’anachronisme, sauf que… le compte YouTube sur lequel est publiée la vidéo, Sam Rina, est par ailleurs spécialiste de la diffusion de contenus d’extrême droite, allant du duo Dieudonné/Soral au clan Le Pen en passant par… Adolf Hitler ! Cliquer pour agrandir :

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