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SERPENT -  LIBERTAIRE

anarchiste individualiste

Ce dont nous ne voulons plus :

Qu’une classe exploiteuse monopolise les moyens de production, les capitaux et impose au reste de la population de se faire exploiter pour vivre, que cette classe dominante se permette de s’arroger le droit de décider de la vie et de la mort du reste de la population en la jetant dans la misère, en la réprimant ou en la licenciant, parce qu’elle détient en plus le monopole du pouvoir politique.

Que le capitalisme soit présenté comme le seul moyen de développer l’économie, d’enrichir un pays, alors qu’aujourd’hui l’époque où le capitalisme développait le monde est depuis longtemps révolue. Même aux USA, le capitalisme ne développe plus que la misère. Nous ne voulons plus qu’on nous affirme qu’une autre société n’est pas possible. Il y a eu bien de sociétés humaines avant le capitalisme et il y en aura d’autres après. Les travailleurs sont indispensables au capitalisme et il craint leurs révolutions mais le capitalisme n’est pas indispensable aux travailleurs. Ils peuvent fonder, sur la base des techniques modernes, une société bien plus humaine fondée sur la satisfaction des besoins des hommes.

Que la classe exploitée se voie refuser ce qui est nécessaire pour vivre correctement et aussi le droit de s’organiser politiquement, syndicalement et localement pour défendre ses intérêts et ceux de la population des quartiers populaires, que les travailleurs, la jeunesse et les milieux pauvres se voient interdire de donner leurs avis sur tous les sujets qui concernent la société.

Que la classe exploitée soit opprimée également de mille manières, en fonction du sexe, de la région, de la religion, des origines ou de la couleur de la peau.

Que l’Etat soit au service des exploiteurs, de toutes les manières possibles, en faisant intervenir ses forces de l’ordre (police, armée, justice, administration) contre les travailleurs et pour les exploiteurs, qu’il prenne toutes les décisions en fonction des seuls intérêts des riches et des puissants, en servant le système qui domine le monde, le système capitaliste, lui-même entièrement déterminé par les intérêts du grand capital qui ne s’enrichit que de l’exploitation des travailleurs du monde.

Que la démocratie soit confondue avec la pseudo-démocratie bourgeoise. La démocratie dont les travailleurs et les peuples ont besoin nécessite qu’ils puissent se réunir librement pour discuter de leurs problèmes et se donner les moyens de les résoudre, notamment en organisant des luttes, mais aussi en décidant définitivement d’organiser eux-mêmes le fonctionnement social en le retirant des mains des exploiteurs. Il ne s’agit pas du seul droit de vote dans les institutions bourgeoises (parlements, présidence) mais du droit de décider des choix à tous les niveau : local, régional, national, aussi bien au plan économique, social et politique. Il s’agit de retirer aux forces armées leurs armes et leur organisation et donc la possibilité de prendre le pouvoir à tout moment en faisant un coup d’état ou d’intervenir pour écraser les mobilisations des masses. Il s’agit de retirer aux classes possédantes leur mainmise sur toute l’organisation de la société en ne leur permettant plus de garder pour elles le pouvoir social, politique, médiatique, militaire ou juridique. Il n’y aura jamais de démocratie là où les besoins des masses populaires ne sont pas satisfaits. Il n’y aura jamais de démocratie là où un patron peut jeter à la rue mille salariés. Il n’y aura jamais de démocratie là où une armée peut prendre en otage une population en instaurant la dictature. Il n’y aura jamais de démocratie là où les généraux, les commissaires, les patrons, les hauts fonctionnaires n’ont aucun compte à rendre à la population. Il n’y aura jamais de démocratie tant que les travailleurs n’auront pas pris le pouvoir politique.

Que le socialisme et le communisme, représentés notamment par les efforts des travailleurs français en 1871 lors de la Commune de Paris et par ceux des travailleurs russes et européens lors de la révolution de 1917-1920, soient confondus avec des régimes dictatoriaux sous l’égide de Staline, Mao, Castro, Kim Il Sung, et autres Pol Pot. Il n’y a pas plus de communisme dans le stalinisme, qui a été le principal soutien de l’impérialisme en l’aidant à écraser les révolutions prolétariennes, que de socialisme dans l’indien Nehru, dans la social-démocratie de Mitterrand, Blair et Schroeder. Le parti unique, le syndicat unique, le « socialisme dans un seul pays », le régime policier où les travailleurs n’ont aucun droit, n’ont rien à voir avec l’Etat-Commune comme l’appelait Lénine et que défendait Trotsky contre les staliniens. Le socialisme et le communisme, sociétés où les plus larges masses ont un accès direct à toutes les décisions, à tous les niveaux, n’a rien de commun avec le centralisme policier du stalinisme.

Que le réformisme soit confondu avec la transformation nécessaire de la société. Il ne fait que diffuser des mensonges en cherchant à faire croire que l’on peut éviter la révolution sociale. Il est indispensable qu’il soit clairement dit que sont des menteurs dangereux tous les dirigeants politiques qui prétendent que l’on peut arranger ensemble l’intérêt des exploiteurs et celui des exploités, que la lutte des classes est due à une incompréhension qui peut se résoudre dans un dialogue, que les riches et les pauvres d’un même pays sont du même camp, que le nationalisme défend les intérêts des peuples, que le capitalisme ne doit pas être renversé.

Que la démocratie soit présentée comme une solution suffisante parce qu’il y a des démocraties bourgeoises et des démocraties prolétariennes, ce qui est très différent. Nous ne défendons qu’une seule sorte de démocratie : le pouvoir de tous ceux qui ne vivent que de leur travail sans exploiter personne. Nous ne défendons qu’une seule société d’avenir : celle où il n’y aura plus de classes, plus d’exploiteurs, plus d’oppression et plus d’Etat parce qu’il n’y aura plus besoin de diviser les peuples.

N’acceptons pas la logique destructrice du capitalisme en crise

Patrons et gouvernants nous baratinent. Les chefs d’Etat prétendent nous sortir de la crise en inondant le monde de milliers de milliards qu’ils tirent des caisses des Etats et des banques centrales. Chaque mois, ils en balancent d’autres. Sarkozy annonce encore dix milliards et demi pour les banques et d’autres milliards pour les capitalistes, notamment ceux de l’Automobile. Malgré cela, le capital privé refuse de reprendre ses investissements. Les banques refusent de reprendre leurs crédits. Les industriels, comme ceux de l’Automobile, déclarent manquer de capital et désinvestissent, supprimant massivement des emplois.

Le grand capital refuse de croire à l’avenir du capitalisme. Pourquoi les travailleurs devraient-ils être les seuls à se fier au système, à en accepter les règles ? Pourquoi accepteraient-ils le chantage : pas de travail égale pas d’emploi ? Pourquoi accepteraient-ils d’être licenciés comme les mille intérimaires de Renault-Flins, les 900 de PSA Sochaux, ou les 1200 prestataires renvoyés de Renault-Guyancourt ? Pourquoi devraient-ils attendre comme une catastrophe inévitable des fermetures et des licenciements comme à Renault et PSA ?

Mais, comment se défendre s’il s’agit d’une crise mondiale, demandent les salariés ? C’est comme si une fatalité s’abattait sur nous, disent-ils. C’est comme le froid : il faut attendre que ça passe en se protégeant tant bien que mal. C’est faux. Le printemps ne suivra pas l’hiver du capitalisme. Car il ne s’agit pas d’un refroidissement passager. Les milliers de milliards jetés par les Etats ne peuvent pas restaurer la rentabilité du capital.

Le capitalisme a atteint ses limites. Ses capitalistes n’ont jamais été aussi riches. Mais, justement, c’est là qu’est la cause de la crise. Le capitalisme, ne trouvant pas assez d’investissements rentables, ne peut que s’effondrer. Et nous, travailleurs, n’avons pas intérêt à rester les bras ballants dans une maison qui s’effondre. Les dépenses mirifiques des Etats ne peuvent, en retardant un peu cet effondrement, qu’aggraver la situation des travailleurs. Ils mènent notamment à la suppression des emplois publics, à la dégradation de l’hôpital public, des chemins de fer, de la poste et de l’électricité. Les subsides d’Etat n’empêcheront pas les entreprises bénéficiaires de ces sommes de licencier ou d’imposer du chômage partiel.

S’il n’y a rien de bon à attendre des Etats et des patrons, les travailleurs ne doivent s’en remettre qu’à eux-mêmes pour se défendre dans la crise. Pour cela, il ne faut plus accepter la logique et les lois d’un capitalisme qui se propose de détruire nos emplois, nos logements, notre santé, nos vies.

Plus question d’admettre qu’un patron déclare que les caisses de l’entreprise sont vides. Il faut prendre sur ses revenus et biens personnels. Plus question d’admettre qu’un patron nous dise qu’il n’y a plus de travail. Du boulot ou pas, c’est une question de choix du grand capital en fonction de la rentabilité. Ce n’est pas notre problème. Nous exigeons, dans tous les cas, d’être payés. Plus question d’allocations chômage impayées. Plus question d’électricité coupée, de téléphone coupé, de crédits coupés, de compte fermé, d’emplois supprimés. Quand un capitaliste, un banquier, une assurance sont en difficulté, la société trouve des milliards pour le sauver. Imposons qu’il en soit de même quand il s’agit des travailleurs.

Il faut aussi en finir avec la logique des directions des centrales syndicales qui quémandent des petits accommodements, signent des contre-réformes, divisent les luttes, les lâchent en cours de route et organisent des journées d’action sans lendemain.

Il faut unir les travailleurs précaires, les chômeurs et ceux qui ont un emploi, les travailleurs du public et du privé, les travailleurs de l’Automobile et ceux de l’Audiovisuel, ceux de la Recherche et ceux de la Construction, ceux de l’Enseignement et ceux des grands magasins. C’est à nous de défendre notre avenir. Personne ne le fera à notre place ! Il ne s’agit pas de défendre chacun notre entreprise mais de défendre collectivement le sort de la classe ouvrière.

Les travailleurs, s’ils ne veulent pas subir de plein fouet le chômage, la misère, et aussi les dictatures et les guerres, conséquences inévitables de la crise, comme le fascisme et la guerre mondiale ont été des conséquences de la crise de 1929, doivent diriger eux-mêmes leurs luttes aujourd’hui et devront diriger demain la société.

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