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SERPENT -  LIBERTAIRE

anarchiste individualiste

Energies renouvelables : l'incohérence de la COP21

Par Bjorn Lomborg

Ici à Paris, beaucoup de gens bien-pensants croient qu'il nous faut, actuellement et dans les années à venir, réduire massivement les émissions de carbone et subventionner la production des énergies renouvelables (EnR), pour que la planète puisse avancer dans la résolution du changement climatique. Mais dans le même temps, ces mêmes personnes argumentent sur le fait que l'exploitation du solaire et de l'éolien est déjà compétitive, ou le sera très bientôt.

Ces deux arguments sont incompatibles et les personnes qui tablent en même temps sur ces deux points se trompent, que ce soit sur l'un ou sur l'autre.

Une partie de l'excès d'optimisme dont certains font preuve sur la réduction des émissions de carbone reposait sur l'affirmation qu'en l'espace de quelques années seulement, le solaire et l'éolien deviendraient tellement abordables que leur usage se répandrait dans le monde entier. Si c'était le cas, ce traité n'aurait plus lieu d'être actuellement. Nous aurions déjà résolu le problème du changement climatique et nous n'aurions plus besoin d'en faire plus.

Les énergies renouvelables réellement compétitives?

La secrétaire exécutive de la convention-cadre des Nations Unies pour le climat (CCNUCC), Christiana Figueres affirme que : « Combinées à des investissements dans des batteries de stockages, les énergies renouvelables sont actuellement réellement compétitives par rapport aux énergies fossiles, même pour les applications reliées à un réseau électrique ».

Si c'est vrai, le solaire et l'éolien devraient bientôt dominer le marché de l'énergie. Après tout, les gens ne brûlent pas de l'énergie fossile juste pour contrarier les personnes comme Mme Figueres. Ils le font parce que c'est abordable et fiable. Si les propos de Mme Figueres sont avérés et s'il n'y a de ce fait plus aucune raison d'utiliser les énergies fossiles, les gens vont naturellement passer aux énergies renouvelables.

Déjà, en 1976...

Il reste à savoir pourquoi Mme Figueres exhorte les gouvernements à « s'engager clairement dans une action étalée sur un siècle » contre le changement climatique.

Très probablement parce que l'affirmation selon laquelle les énergies renouvelables sont compétitives n'est tout simplement pas vraie.

Nous avons déjà entendu cela avant. Déjà en 1976, le célèbre environnementaliste Amory Lovins avait déclaré que la compétitivité de l'énergie solaire était imminente : « Une économie majoritairement ou entièrement solaire peut être établie aux États-Unis avec des technologies douces relativement simples qui ont fait leurs preuves et qui sont actuellement rentables ou à peu près rentables ». En 1984, le Worldwatch Institute nous ont informé que les subventions de l'éolien « ne seront plus nécessaires dans quelques années ». Plus récemment au Royaume-Uni, la Solar Trade Association avait prédit qu'elle pourrait se passer des subventions d'ici 2020. Quelques temps après, elle a repoussé cette date jusqu'en 2028.

Une énergie verte encore beaucoup plus chère, en Afrique

On nous dit souvent que l'énergie verte est compétitive en Afrique. L'énergie verte, et notamment l'éolien, peut effectivement aider les pays africains, par exemple à fournir de l'électricité aux zones rurales isolées.

Mais cela ne constitue qu'une petite partie de la situation dans son ensemble. Les réseaux électriques apporteront de loin plus de bénéfices à la majorité des populations. Selon une étude de la Banque Mondiale en 2011, l'énergie renouvelable « constituera l'option la plus abordable pour une faible minorité des ménages en Afrique, même en tenant compte des éventuelles réductions des coûts dans 20 ans ». Les éclairages solaires populaires coûtent presque 2 euros par kWh. Dans les grandes agglomérations d'Ethiopie, du Ghana et du Kenya, la fourchette tarifaire moyenne de l'électricité fournie par les centrales hydroélectriques et les centrales thermiques au gaz et au pétrole se situera probablement entre 0.15 et 0.24 euro par kWh. En Afrique du Sud, où le charbon alimente 90% des centrales, ce coût s'élève à seulement 0.08 euro par kWh.

... et en Inde

Et c'est encore plus vrai en Inde. En dépit des éventuelles baisses de prix sur le solaire et l'éolien, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) estime que même en 2040, leurs coûts seraient supérieurs aux coûts moyens de production d'énergie.

A l'heure actuelle, l'énergie verte coûte 158 milliards d'euros en subventions chaque année - une facture s'élèvera à 194 milliards d'euros par an d'ici 2040.

Il serait toutefois intéressant - voire surprenant pour beaucoup - de noter que même avec des subventions massives et des politiques très vertes mettant en œuvre toutes les promesses des gouvernements, nous ne tirerons des énergies renouvelables que 2.4% de notre consommation énergétique globale en 2040, selon l'AIE.

Il faut vraiment avoir une vision ultra-optimiste sur l'économie verte pour voir un monde où l'énergie verte est sur le point de devenir compétitive - ou l'est déjà, comme l'affirme Mme Figueres. Mais si vous persistez à argumenter dans ce sens, il serait totalement incohérent que vous encouragiez en même temps les subventionnements à long-terme.

Le solaire et l'éolien auront encore besoin d'être soutenus durant plusieurs années et ils ne contribueront pas à résoudre substantiellement le changement climatique dans les années à venir. Autrement, s'ils sont sur le point de devenir compétitifs, nous pouvons réduire les subventions.

La dérive des énergies nouvelles : la preuve par l'exemple

Dans ce blog que j'alimente de la conférence sur le climat à Paris, j'ai critiqué les activistes et les participants pour leur fixation sur « l'aide climatique ». J'ai souligné que ce n'est pas ce dont les populations les plus pauvres du monde ont besoin, ni ce qu'elles souhaitent.
Il serait intéressant d'en voir un exemple réel. Vous en trouverez un sur le site web de Greenpeace, Dharnai Live. Avec des images de gens souriants en Inde et des vues aériennes prises par des drones de toits couverts de panneaux solaires, destinés à nous réconforter intérieurement. Après « 30 ans dans l'obscurité », comme le déclame le site, l'énergie verte vient à leur rescousse.
Mais voyons plutôt cet article du Scientific American qui nous ramène à une réalité moins grisante.

Dharnai, ou l'électricité solaire aléatoire

En 2014, sous le slogan « L'accès à l'énergie simplifié », Greenpeace a doté le village de Dharnai d'un système de micro-grilles alimenté par des panneaux solaires - un réseau électrique qui n'est pas connecté au réseau central de l'Inde. Selon le récit de Greenpeace, « Dharnai avait refusé de tomber dans le piège de l'industrie des énergies fossiles ». Cela s'apparente plutôt à une paraphrase très libre de ce que les gens qui vivent dans ce village souhaitaient pour eux-mêmes.
Une rétrospective en 2010 vous apprendra que les habitants de Dharnai ont collecté 640 euros dans l'espoir de pouvoir se payer un accès au réseau électrique, qui dans la majorité des cas en Inde est alimenté par des centrales à charbon. 4 ans plus tard, le village étant toujours sans électricité, Greenpeace a sauté sur l'occasion pour voler à leur rescousse avec un système solaire.

Trois fois plus cher...

Le jour où l'électricité fut branchée dans le village, les batteries ont été vidées en quelques heures. Un garçon du village se souvient qu'il voulait faire ses devoirs tôt le matin avant de partir travailler dans les champs, mais il n'y avait pas assez d'électricité pour l'unique lampe de son foyer.
Aujourd'hui, l'électricité produite par ce système solaire coûte trois fois plus que celui du réseau central, et elle nécessite également l'usage d'ampoules économiques, qui coûtent 66 fois plus que les ampoules classiqueHeureusement pour les habitants de Dharnai - si ce n'est pour le récit de Greenpeace - le village est aujourd'hui branché au réseau central.
A l'époque, Greenpeace avait invité le Ministre en Chef de l'état à l'inauguration de l'installation solaire afin qu'il puisse rencontrer des habitants pleins de reconnaissance. Cependant, lorsqu'il est apparu en public, il a été accueilli par une grande foule portant des pancartes ou entonnant des chants pour réclamer « de la vraie électricité » (celle que l'on utilise pour alimenter sa cuisinière et son réfrigérateur, ou qui permet à vos enfants de faire leur devoir tôt le matin) et non « une fausse électricité » (c-à-d l'énergie solaire).

Après une semaine de protestations devant le ministre et les caméras des chaînes de télévision, un transformateur de 100-kWh a été installé, et Dharnai reçut de l'électricité moderne. Aujourd'hui, les deux tiers des ménages initialement bénéficiaires du projet de panneaux solaires ont choisi de ne plus y souscrire, et le reste s'en sert principalement comme solution de réserve lors des pannes du réseau central.

C'est une partie de l'histoire que Greenpeace ne vous dira pas - mais elle démontre la nécessité de s'interroger lorsque des gens bien-pensants nous disent qu'il faut pourvoir aux besoins énergétiques de chacun avec les technologies vertes inefficaces disponibles actuellement.
Traduit par Ninah Rahobisoa

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Scientifique a écrit le 07/12/2015 à 20:50 :

Lomborg n'a rien "d'écologique" et est même classé comme criminel du climat, belle référence comme "auteur" :
http://www.lefigaro.fr/sciences/2015/12/07/01008-20151207ARTFIG00317-les-portraits-des-criminels-du-climat-placardes-dans-paris.php#xtor=AL-201

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voiture électrique a écrit le 07/12/2015 à 14:56 :

La voiture électrique est la panacée contre la pollution!!!!! On disperse la pollution des villes sur le reste du pays!!! Sachez qu'une de ces voitures produit 145g de CO2 au km en Allemagne et chez nous moins de 100g grâce au nucléaire. Le rendement final de ce produit est exécrable. Qu'on arrête un peu de bourrer le mou à ceux qui n'ont pas la possibilité de comprendre.

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Quem a écrit le 07/12/2015 à 14:06 :

Très instructifs tous ces petits papiers à charge contre la cop21... Dans quel but, pour quel objectif, au service de qui? Certe la panacée n'existe pas et c'est un mix énergétique qui nous fera progresser plutôt qu'une solution verte subventionnée à perte. Comme, par exemple, le tout nucléaire Français dont le coût réel, recyclage compris, n'a jamais été honnêtement pris en compte. Il ne faut pas tomber dans les mêmes excès que les ecolos purs et durs juste histoire de faire du sensationnalisme. Dommage, vraiment dommage que cette série de papiers soit orientés de cette manière, ce n'est pas un travail journalistique. Les dérives sont partout.

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Réponse de TRIBUNE le 07/12/2015 à 14:28 :

Qui a a dit que l'auteur était journaliste? Il n'est pas présenté comme tel. Et il a un point de vue, mettant en avant les contradictions des écologistes, leurs incohérences. A côté d'articles reflétant ce qui se passe à la COP21

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edc10 a écrit le 07/12/2015 à 10:57 :

Et oui. Merci pour ce temoignage. Encore une preuve que les enr ne peuvent être que des "compléments" aux centrales électriques "fossiles", et pas des "alternatives". Une réalité "physique", n'en déplaisent aux idéologues verts qui manipulent les médias et pronent la "sortie" du nucl grace aux renouvelables.

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