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Publié par Patrick Granet

La victoire de la coalition réformiste Syriza, aux élections législatives grecques, ouvre une nouvelle période de la lutte des classes en Grèce. Depuis 2010, le peuple grec s’est battu contre la dette injuste imposée par les impérialistes, notamment français et allemands, l’Union européenne et le Fond monétaire international (FMI), contre les prétendus plan d’« économie », imposés par les impérialistes pour ponctionner les richesses nationales. Mais depuis deux ans maintenant, avec l’acceptation par le gouvernement grec du deuxième plan du FMI, la fraction combative du peuple plaçait ses espoirs dans la victoire de Syriza.

Beaucoup de Grecs ont voté pour la coalition car c’était pour eux la seule perspective d’amélioration de leurs conditions de vie. Ainsi, ce vote est logique et compréhensible. Faute de perspective révolutionnaire, le peuple se résout à soutenir le programme qui promet « le changement » au prix d’une entente avec l’impérialisme. La victoire de Syriza n’est pas l’apothéose de la révolte du peuple grec, elle n’est pas le signe que le pays serait au bord de la révolution. En France, l’élection de Mitterrand en 1981 avait soulevé un espoir immense, mais a été en fait une étape importante de la contre-offensive bourgeoise contre le mouvement populaire. Les organisations révolutionnaires et le mouvement populaire du peuple grec peuvent éviter que la même chose ne se répète en Grèce.

Syriza veut renégocier la dette, en faire annuler une partie et rééchelonner le remboursement du reste ; faire diminuer les impôts et augmenter le salaire minimum ; assurer l’accès à la santé et à l’électricité pour les plus pauvres. Syriza veut obtenir des impérialistes, du FMI, de l’Union européenne, qu’ils acceptent de réorienter les fonds consacrés aux plans d’« économie » pour financer ces mesures sociales. Syriza affirme qu’il est dans l’intérêt des impérialistes de céder aux revendications minimales du peuple grec, pour sauver l’Union européenne et sa monnaie. Syriza s’engage donc à protéger les intérêts fondamentaux du Capital impérialiste en échange de concessions en faveur du peuple : c’est là la définition du réformisme.

Par ailleurs, Syriza vient d’annoncer qu’il formerait un gouvernement avec le parti réactionnaire chauvin des « Grecs indépendants », annonçant des concessions sur un certain nombres de revendications démocratiques de son programme, comme les droits des migrants ou des LGBT. A l’avenir, à quoi Syriza sera t-elle prête à renoncer pour gouverner ?

Le nouveau gouvernement améliorera probablement un peu les conditions de vie du prolétariat et du peuple grec. Mais en refusant de s’opposer à leurs deux ennemis fondamentaux, l’impérialisme franco-allemand et la bourgeoisie grecque, en refusant d’affronter les causes fondamentales de la crise économique et sociale, Syriza n’empêchera pas de nouvelles catastrophes dans un futur plus ou moins proche.
Ce qui a ruiné le peuple grec, ce n’est pas sa prétendue fainéantise ou malhonnêteté, mais la domination du Capital impérialiste étranger, appuyé sur une bourgeoisie locale ultra-parasitaire.

La seule voie d’avenir, c’est le renforcement du mouvement révolutionnaire, l’offensive du mouvement de masse, pour redonner confiance au peuple et au prolétariat de Grèce, battre les partisans de la conciliation avec l’impérialisme, qui ne sont forts que parce que les masses sont faibles.

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MOTS-CLÉS

construction européenneeuropepetitcarouselréformisme

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