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Publié par Patrick Granet

Les partisans du "totalitarisme" religieux (1) ne sont ni des « victimes » ni des "camarades dans l’erreur" !
dimanche 25 janvier 2015, par Yves
ou


Du bon usage des explications « sociologiques » en milieu militant...


Dans une récente tribune parue dans « Le Monde » Olivier Roy compare les révoltés d’extrême gauche qui pratiquaient la lutte armée dans les années 70 aux djihadistes-internationalistes (2) européens au XXIe siècle. Si cette comparaison a un objectif purement pédagogique (J.P. Filiu les a, lui, comparés aux combattants antifascistes des Brigades internationales lors d’une émission de radio), pourquoi pas... mais à condition de souligner immédiatement les limites de cette comparaison.


Face à la paranoïa anti-musulmane actuelle, il peut en effet être utile de rappeler aux Européens qu’eux-mêmes ont pu, à certains moments de l’histoire, s’enthousiasmer pour des causes politiques lointaines, apprendre à manier les armes et être prêts donner leur vie pour leur idéal (3).


Mais justement ces idéaux « antifascistes » dans les années 30 contre Franco, ou « anti-impérialistes/anti-capitalistes » dans les années 70 ne glorifiaient pas la mort et la destruction ;


– ils étaient mus par des idéologies marxisantes ou marxistes ayant une base à peu près rationnelle, en tout cas ils étaient l’objet d’innombrables débats menés en toute liberté ;


– ils ne prônaient ni la vente des femmes, ni la mise en esclavage de leurs adversaires, ni le massacre des enfants, ni le génocide de telle ou telle ethnie, comme moyens utiles pour faire triompher leur cause ;


– ils ne tuaient pas indifféremment tous les civils qui leur tombaient sous la main ;


– ils prenaient pour cibles les soldats du camp opposé, ou ceux qu’ils jugeaient être les représentants de la classe capitaliste (4) ;


– enfin les mouvements anticapitalistes se réclamaient d’idées égalitaires (égalité entre les hommes, les peuples, entre les hommes et les femmes ) au contraire des mouvements fascistes ou autoritaires du siècle passé ou des islamistes actuels.


Ces différents points constituent, à mon avis, des différences fondamentales et montre les limites des comparaisons avancés par Roy et Filiu.


Néanmoins, chez certains gauchistes ou radicaux décérébrés par le néostalinisme et l’altermondialisme il se trouve aujourd’hui des individus pour « s’identifier » plus ou moins aux djihadistes (5) actuels et pour expliquer/excuser leurs actes.


Pour l’illustrer, je citerai deux extraits significatifs d’une correspondance récente avec une sympathisante d’extrême gauche.


Au commencement de notre discussion, elle m’écrivit, « Si cette femme avait été une fille d’une pauvre famille d’origine "immigrée", isolée en banlieue parisienne, stigmatisée et discriminée par la République qui dénigre son origine et son existence, opprimée par les hommes..., elle serait vraiment devenue une terroriste. » (Amédy Coulibaly, le tueur du supermarché cacher de Vincennes, travaillait dans une multinationale américaine, n’était ni chômeur ni smicard puisqu’il gagnait entre 2000 et 2200 euros par mois et aucune de ses 9 soeurs – femmes/immigrées/discriminées donc – qui ont connu une certaine ascension sociale n’est devenue "djihadiste"...)


Il m’a toujours semblé étonnant que, personne ne se soit demandé pourquoi les descendants des esclaves importés d’Afrique aux Etats-Unis ne sont jamais devenus des « terroristes » et pourquoi ils ont cherché toutes sortes de moyens de lutte contre la domination capitaliste-blanche, de l’autodéfense armée à la non-violence en passant par les luttes associatives et syndicales. C’est donc bien qu’il n’existe aucun lien automatique, inévitable, entre la condition de dominé (fut-elle celle d’esclave ou de descendant d’esclave) et le « terrorisme », n’en déplaise aux sociologues pressés.


Cela dit, ce genre de raisonnement à courte vue et à tonalité identitaire est exactement le même que celui tenu par Mme Houria Bouteldja dans son article « Moi, Mohammed Merah (6) ».


J’ajouterai que la stratification sociale chez les auto-dénommés « musulmans » est plus complexe qu’on le croit. Selon une enquête du CEVIPOF menée en 2003, 30 % d’entre eux appartiendraient aux « professions intermédiaires » (contremaîtres, instituteurs, infirmiers, travailleurs sociaux, etc.), aux commerçants-artisans et aux cadres supérieurs. De telles données factuelles s’opposent aux simplifications de tous ceux qui essaient plus ou moins d’expliquer/excuser les actions commises par Merah, Nemmouche, Coulibaly et les frères Kouachi en présentant la plupart des « musulmans » comme étant victimes de discriminations sociales et économiques si intolérables que la société capitaliste les aurait poussés dans les bras des islamo-djihadistes. Quant aux 66% qui sont ouvriers et employés (donc qui travaillent) ils ne s’entraînent pas non plus au maniement de la kalachnikov tous les matins avant de partir au boulot... Les « musulmans » de culture ou de religion sont parfaitement capables de réfléchir et de faire des choix politiques.


Comme j’objectais à ma correspondante que des « victimes du capitalisme et de l’Etat », il n’y en avait pas que chez les femmes d’origine étrangère et les « immigrés », mais aussi pléthore dans les rangs du prolétariat « autochtone », comme on put le constater avec le fascisme italien et le nazisme allemand, chez les néo-nazis actuels de l’ex-Allemagne de l’Est, ou les électeurs du Front national, ma correspondante me fit cette réponse consternante mais finalement banale aujourd’hui : « Pour moi il n’est pas possible de mettre dans le même sac les terroristes d’origine immigrée stigmatisés depuis leur naissance et ceux qui sont devenus fascistes militants en vivant le déclassement de leur condition sociale, lié à la condition/crise économique, car le point de départ n’est pas du tout le même dans les deux cas. Tu sais bien que le statut social des "travailleurs immigrés" et celui des "franco-français" n’ont jamais été les mêmes dès la construction de l’État-nation et la colonisation. Ces "pauvres fachos blancs" n’étaient jamais l’AUTRE du moins dans leur propre pays, pas probablement sur le plan économique, mais au moins sur le plan social. »


L’AUTRE, le grand mot est lâché. Ce mot qui sème la confusion depuis des décennies, le plus souvent sans rien ajouter d’essentiel à l’antiracisme (7). Surtout quand il est le support d’une idéologie et de comportements auto-complaisants du type « Plus ouvert à l’autre que moi, tu meurs », si répandus chez les antiracistes de salon, les associations de quartier financées par les politiques avec des arrière-pensées électorales, les politiciens donneurs de leçons, etc.


Ce qui peut être utile dans le cadre d’une analyse thérapeutique, d’un groupe d’entraide psychologique, peut difficilement se traduire en termes politiques, sinon dans le multiculturalisme municipal et étatique dont on sait qu’il mène à la formation de communautés parallèles qui se retrouvent – de fait – fermées à « l’Autre », tout en tenant un discours à l’opposé de leurs pratiques pour continuer à recevoir des subventions destinées à financer le... « vivre ensemble ».


On trouve le même catalogue d’explications sociologiques dans un article de Julien Salingue (http://resisteralairdutemps.blogspot.fr/2015/01/tueries-charlie-hebdo-et-porte-de.html ) : « misère et relégation sociale, ghettoïsation, racisme structurel, oppression identitaire, stigmatisation et humiliation individuelle et collective, etc. » Et notre militant du NPA de continuer : « Les facteurs de radicalisation des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly ne sont pas à chercher uniquement dans la politique étrangère de la France, mais aussi (et avant tout) dans sa politique intérieure. On pourra ainsi se pencher un instant sur « l’enfance misérable des frères Kouachi » ou remarquer, non sans intérêt, que le meilleur ami de Coulibaly a été tué par un gardien de la paix lors d’un braquage en 2000, et que le même Coulibaly s’était singularisé, en 2010, en dénonçant les conditions de détention à Fleury-Mérogis. En d’autres termes, on peut dire (sans l’excuser) que cet attentat est un attentat français et l’expression (horriblement déformée) d’un ressentiment violent contre un « modèle » qui n’est qu’une machine à stigmatiser et à fabriquer des inégalités. »


Il est significatif que Julien Salingue utilise l’expression « horriblement déformée », car c’est l’expression qu’ont toujours utilisée les trotskystes pour qualifier les dictatures du socialisme réellement inexistant. Pour eux ces systèmes totalitaires d’exploitation et d’oppression des travailleurs étaient des « Etats ouvriers dégénérés » ou « bureaucratiquement déformés », donc quelque part ils recélaient quelque chose de positif, ils étaient un lointain héritage « déformé » de la révolution d’Octobre. Or, il n’y avait absolument rien de positif, rien d’ouvrier, rien de socialiste, dans les Etats staliniens, pas plus qu’il n’y a rien de positif dans « le ressentiment violent (...) contre une machine à stigmatiser et à fabriquer des inégalités ». Ce ressentiment-là, tant qu’il ne reste qu’un ressentiment, est aussi à la base de tous les fascismes et de toutes les dictatures....


Ces citations montrent les ravages exercés par les théories du post-colonialisme et de l’antiracisme purement compassionnel (débarrassé de toute problématique de classe) dans les milieux militants, surtout ceux des classes moyennes-intellectuelles. Plutôt que de déceler les parentés entre les différentes formes de fascismes (y compris les « fascismes » ou les « totalitarismes » religieux), ces théories réactionnaires amènent certains militants d’extrême gauche (et parfois libertaires) à brandir des explications « sociologiques » qu’ils réservent exclusivement aux « immigrés » (trois ou quatre générations après que leurs ancêtres furent arrivés en France !) mais dont ils excluent les prolétaires « franco-français » qui votent pour le Front national ou ont des sympathies encore plus clairement fascistes.


Il faut tout de même rappeler que le fascisme ne s’est pas implanté seulement en Europe et que les mouvements nationalistes du Sud, de l’Inde à l’Irak en passant par l’Egypte et la Palestine, furent fascinés par le fascisme italien et le nazisme allemand, et ce bien au-delà des simples alliances tactiques qu’ils crurent bon de nouer avec le Troisième Reich pour accélérer leur accession à l’indépendance.


Il est certes difficile d’assimiler purement et simplement les djihadistes internationalistes d’aujourd’hui, qu’ils soient d’origine européenne (convertis) ou extra-européenne aux fascistes ou aux nazis des années 30. Mais la comparaison prudente entre ces formes de fascisme, ou au moins d’idéologies totalitaires, est possible même si un long travail d’étude et d’analyse reste encore à faire (il n’a malheureusement jusqu’ici été réalisé que par des historiens réactionnaires anglo-saxons partisans de la théorie du conflit des civilisations).


Le fait que cette comparaison soit violemment refusée par ma correspondante montre bien la nocivité de l’influence des théories postcoloniales sur l’extrême gauche et leur sous-estimation catastrophique de l’antisémitisme globalisé actuel (8).


Il n’existe aucun lien entre les discriminations dont sont l’objet les populations d’origine maghrébine ou africaine en Europe et le fait d’entrer dans une école juive comme Mohamed Merah et de tuer calmement trois enfants juifs l’un après l’autre ; ou d’entrer dans un supermarché casher et de tuer tranquillement des clients juifs comme Amédy Coulibaly ou de se rendre au musée juif de Bruxelles et de tuer des Juifs comme Mehdi Nemmouche.


Les gens de gauche, les libertaires ou les gauchistes qui avancent des explications « sociologiques » pour analyser des meurtres de civils juifs en Europe actuellement se fourvoient totalement. On ne peut expliquer l’antisémitisme en France (ou ailleurs) par des raisonnements intemporels et abstraits sur le colonialisme ou le racisme. Surtout dans un Etat qui a laissé massacrer 70 000 juifs dont des milliers d’enfants arrêtés par la police française. Il est significatif que dans son article Julien Salingue consacre plusieurs lignes à dénoncer l’ « islamophobie (9) » et une seule à ce qu’il appelle la « tuerie de Vincennes » (comme si elle n’avait pas eu lieu dans un magasin juif, seulement dans un endroit sans signification particulière « à Vincennes » ; et comme s’il n’était pas capable de penser ENSEMBLE et l’antisémitisme et la paranoïa antimusulmane) . Ce refus de mentionner explicitement l’antisémitisme djihadiste (et ses sources à la fois religieuses et politiques dans le monde arabo-musulman (10) ) est une des caractéristiques les plus répandues dans l’extrême gauche ou chez les libertaires dits « antisionistes » et la cécité de Julien Salingue n’a rien d’ étonnant. Dans son cadre de pensée et dans celui de beaucoup de gauchistes et d’universitaires postmodernes actuels, « l’islamophobie » serait structurelle (11) , inséparable de la structure capitaliste-occidentale-néocoloniale actuelle alors que l’antisémitisme ne serait qu’un vieux préjugé secondaire, un « poison odieux » (dixit Salingue) certes mais en voie de disparition et de surcroît manipulé par Israël cette monstrueuse « tête de pont de l’impérialisme américain ».


Pourtant l’antisémitisme de gauche (12) existe depuis plus d’un siècle et demi et a eu lui aussi, et a toujours, une fonction « structurelle » au sein des sociétés capitalistes y compris celles du bloc prétendument « socialiste ».


Pourtant, exterminer les Juifs est une vieille obsession chrétienne occidentale (13) – mais pas seulement. Cette obsession purificatrice a été reprise par les extrêmes droites française et allemande à la fin du XIXe siècle, puis par le nazisme au XXe siècle, et enfin adoptée par certains courants de l’islam politique nationaliste, tiers-mondiste, surtout à partir des années 30.


Les différences importantes entre ces idéologies réactionnaires et totalitaires ne doivent pas nous aveugler sur leur parenté. Les partisans de l’islam politique, du moins dans sa version djihadiste-internationaliste ou nationale-tiers-mondiste, qui prennent les Juifs pour cibles sont clairement les zélés continuateurs des fascismes européens. Ils ne sont pas des « victimes du capitalisme et de la République », ou alors ils le sont autant que n’importe quel prolétaire fasciste d’Aube Dorée, de Casa Pound ou du Front national quand il met ses idées en pratique et tue des travailleurs immigrés ou des militants de gauche.


Or quand des fascistes européens tuent des travailleurs arabes, kabyles, africains ou pakistanais, on ne voit jamais les gauchistes brandir des explications sociologiques pour « expliquer » ces meurtres... Je ne vois donc aucune raison de soutenir soudain ce « deux poids, deux mesures » quand des meurtres politiques, antisémites ou pas, sont commis par des prolétaires dont les parents ou les grands-parents viennent du Sud...


Un « fasciste », ou un partisan du totalitarisme religieux, reste un ennemi, quelles que soient ses origines et quelles que soient les discriminations dont il ait été victime.


Y.C., Ni patrie ni frontières, 25/01/2015


1. Ce terme de « totalitarisme" religieux est insatisfaisant et je l’utilise faute d’un concept plus sophistiqué. Celui de « fascistes religieux » n’est pas non plus adéquat. Il est imparfait d’abord parce que historiquement il a été et est surtout utilisé par les néoconservateurs partisans de la théorie du conflit voire de la guerre des civilisations. Et aussi parce que ceux qui l’utilisent à gauche, comme les communistes-ouvriers iraniens et irakiens, ou plus récemment certains anarchistes, ne l’ont jamais défini de façon précise et semblent en même temps considérer que l’islam serait une religion plus dangereuse que les autres. Or, toutes les religions sont néfastes...


2. Il peut sembler curieux d’accoler ces deux termes ensemble. Le djihadisme est inter-nationaliste : c’est une des raisons pour lesquelles Malcolm X s’est trouvé renforcé dans son attachement à l’islam après un pèlerinage à La Mecque. Il y a effectivement une dimension inter-nationaliste dans l’islam (à condition de tenir compte des sous-divisions sunnites/chiites et des autres sous-sous-divisions). Et cela explique comment ils arrivent à abolir les frontières ou du moins à tenter d’abolir les frontières virtuelles (Internet) et réelles (celles tracées par le colonialisme mais aussi celles entre les Etats de la vieille Europe). Il s’agit donc d’un courant à la fois internationaliste et mondialisé.
Après avoir lu cette note, un camarade m’a fait remarquer : « Pas exactement : le chiisme (en tout cas pour les dodécimains au pouvoir en Iran) est pour un Islam centralisé, avec un clergé organisé et une compréhension du rôle de l’État. Le sunnisme dans toutes ses variantes est pour le califat qui est un concept supranational et qui nie les États existants. » Dont acte.


3. Et on peut également en profiter pour rappeler à ceux qui sont obnubilés par la « barbarie » – qui serait uniquement, selon les médias, « musulmane » et « extra-européenne » – que celle-ci a une longue histoire sanglante au sein même du monde chrétien occidental, depuis les guerres de religion jusqu’aux crimes de masse du nazisme et du stalinisme – sans compter les crimes de guerre et génocides commis dans les empires coloniaux par les puissances européennes, bien sûr.


4. Cf. à ce propos, « Attentats et accidents de travail : une théorie confuse et dangereuse » (http://www.mondialisme.org/spip.php?article194) et « Camarades, votre loi du talion ne sera jamais la mienne » ( http://www.mondialisme.org/spip.php?article2228 ).


5. Cet article ne prend pas en compte les multiples motivations des djihadistes étant partis des pays occidentaux pour se battre à l’étranger. Pour le peu qu’on en sait, ces motivations sont très diverses tout comme leurs originales sociales. Et les djihadistes ne sont pas tous des hommes, loin de là. Mon objectif est ici uniquement de réagir face au stéréotype gauchiste qui présente les djihadistes comme des exploités, discriminés qui se seraient trompés de cibles, presque des « camarades dans l’erreur »...


6. Cf. la critique de ce texte dans « Mohamed Merah, Houria Bouteldja et la compassion à deux vitesses », http://www.mondialisme.org/spip.php?article1822


7. Sur les limites de l’antiracisme purement compassionnel on pourra lire : « "Haine de l’autre", racisme et religion », http://www.mondialisme.org/spip.php?article2084 et surtout « Racisme institutionnel et action affirmative » http://www.mondialisme.org/spip.php?article1057.


8. « Multiplicité des formes de l’antisémitisme et antisémitisme « mondialisé » actuel » (http://www.mondialisme.org/spip.php?article2128 )


9. A ce sujet on pourra lire notamment : « – « Islamophobie ? Mythes et réalités - A propos des arguments d’un obscurantiste « radical » (2007) ; « Le jésuite Pierre Tevanian est un digne représentant de la confusion gauchiste postmoderne » (2013) et « Dix questions aux libertaires sur "l’islamophobie" » (2012).


10. Multiplicité des formes de l’antisémitisme et « antisémitisme mondialisé » actuel, http://www.mondialisme.org/spip.php?article2128


11. Cette théorie du racisme structurel, utilisée aux Etats-Unis depuis cinquante ans, a été importée en France beaucoup moins pour expliquer le racisme institutionnel en France (ce qui aurait été utile) que pour expliquer ladite « islamophobie » (que je préfère appeler paranoïa antimusulmane). Par opposition, l’antisémitisme est vu par la majorité des partisans de la thèse de l’islamophobie/phénomène structurel comme une relique du passé, une « opinion odieuse » qui n’aurait plus d’emprise sociale et plus de fonction politique. Pour renforcer la thèse de l’islamophobie dans des buts de propagande, il est évident que l’on a intérêt 1) à considérer que tous les gens qui se prénomment Mohammed ou Fatima sont des musulmans pratiquants alors même que l’on sait que les pratiquants de l’islam ne dépassent pas les 30% de cette dite « communauté » ; 2) à ne parler que de ceux parmi ces « musulmans » qui sont des prolétaires ou des chômeurs....Le résultat de ce mélange entre racisme anti-Arabes (bien réel) et hostilité/discriminations/peurs vis-à-vis de l’islam (bien réelles, elles aussi) comme religion est que la critique sereine de l’islam devient très difficile puisque cette religion est censée être au cœur de la culture, des mœurs et des pensées quotidiennes de 3,5 millions de musulmans (estimation basse acceptée par peu de sociologues), 6/7 millions (chiffre accepté par les gauchistes et presque tous les politiciens) et 12 millions (chiffre du FN... et que j’ai entendu dans la bouche d’auditeurs de radios communautaires qui gonflent le nombre de croyants).
La théorie de « l’islamophobie » a enfin un autre inconvénient majeur : elle empêche aussi de réfléchir aux raisons pour lesquelles des jeunes convertis européens dits « blancs » vont se battre en Syrie ou en Irak. Ce n’est certainement pas le racisme ( !) dont ils ont été victimes qui les pousse dans cette voie. Et ils représentent 25% des djihadistes étrangers....


12. Cf. « Sur les sources de l’antisémitisme de gauche, anticapitaliste et/ou anti-impérialiste » (http://www.mondialisme.org/spip.php?article2055 ) ; « Le sionisme, l’antisémitisme et la gauche », interview de Moishe Postone ( http://mondialisme.org/spip.php?article2117 ). « Pourquoi le SPD et le KPD furent-ils autant désarmés face à l’antisémitisme nazi ? » http://www.mondialisme.org/spip.php?article2118


13. Malgré ses limites, et surtout ses considérations ultraréactionnaires sur certains plans et son aveuglement total face à la religion juive, on pourra se reporter au petit livre de Claude Berger (« Pourquoi l’antisémitisme ? », Editions de Paris/Max Chaleil, 2013) pour ce qui concerne les dimensions religieuses pluriséculaires des antisémitismes chrétiens et musulmans.


Ni patrie ni frontières


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es partisans du "totalitarisme" religieux (1) ne sont ni des « victimes » ni des "camarades dans l’erreur" !

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