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Publié par Patrick Granet

30 novembre 2014 15h27 · Normand Baillargeon
Ce matin à Dessine-moi un dimanche, j’ai fait un petit billet sur les conseils de table de Kant, un austère philosophe des Lumières qui aimait dîner en compagnie d’amis. Pour ceux et celles que ça intéresserait, voici ces conseils de Kant.
Ils se trouvent dans son : Anthropologie du point de vue pragmatique, I ère partie, III, paragraphe 88.
Les voici, en résumé:
Il est souhaitable de ne pas manger seul : les repas pris en compagnie sont une manifestation de notre véritable humanité raffinée.
Le nombre de convives est important. Outre l’hôte, on devrait retrouver à table pas moins de convives que les grâces (3) et pas plus que les muses (9) : 4 à 10 personnes est donc selon Kant un idéal à viser.
Écouter de la musique à table (cette mode commençait à se répandre..) est une monstruosité de mauvais goût, dit-il. Le repas est un moment de conversation, il devrait procurer ce plaisir de la compagnie mutuelle, tout autant que le plaisir de manger.
À une table bien garnie où on mange longtemps, la conversation devrait passer par trois moments. Celui du récit, où on donne et prend des nouvelles des convives et de leurs connaissances; celui du raisonnement, où on discute et débat de divers sujets plus (ou moins) sérieux : cela aiguise l’appétit pour les mets et la bouteille; celui des jeux d’esprit et des plaisanteries, enfin, qui repose de ce qui précède et prépare la digestion.
Pour ces conversations de table, il donne des conseils :
Se rappeler que prendre un repas ensemble, c’est se témoigner respect et confiance
Choisir des sujets sur lesquels tous et toutes pourront parler avec assurance
Permettre que s’installent des pauses, mais pas de silences mortels
Éviter le papillonnage d’un sujet à un autre et aussi les conversations privées
Ne pas laisser naître ou se prolonger la prétention à avoir le dernier mot : la conversation à table est un jeu et pas un combat.
Se rappeler que le ton importe autant que le contenu, surtout sur les sujets sérieux.