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Publié par Patrick Granet

Malgré la chute du bloc soviétique, malgré la révélation au public des crimes du
stalinisme et des conditions de vie atroces (y compris pour les travailleurs) dans les
dictatures du bloc de l'Est, une partie de la population rejette encore le capitalisme et
propose envers et contre tout un projet communiste comme alternative. Qui donc sont ces
militants qui semblent fous? ---- Certains diront qu'il s'agit d'anciens privilégiés
nostalgiques qui s'accommodaient du manque de liberté, car ces régimes leur assuraient une
vie tranquille. Pourtant parmi les militants communistes, une bonne partie est née après
1989 et vient de pays n'ayant jamais fait partie du bloc de l'Est. D'autres diront que ce
sont de jeunes idéalistes qui choisissent le projet communiste pour se donner une attitude
de rebelle. «C'est vrai», diront-ils «moi aussi quand j'étais jeune j'étais trotskiste,
Guévariste, etc., mais après je suis revenu à la raison». Pourtant la difficulté de la vie
de militant (coût en temps, en argent, répression policière, etc.) aurait dû venir
facilement à bout de l'unique envie qu'auraient ces jeunes de passer pour des rebelles.

En réalité, la raison qui explique l'existence de militants communistes (notamment parmi
les jeunes) encore de nos jours est bien plus simple : le système capitaliste ne permet
pas d'offrir des conditions de vie décentes à toute la population et le projet communiste
représente toujours une alternative viable.


La vie sous le système capitaliste : Démocratie et marché libre ? :

Au risque d'enfoncer des portes ouvertes, je me permets de rappeler que la vie en système
capitaliste est un enfer pour la majorité des êtres humains. Les personnes n'ayant pas eu
la chance de naître dans une famille aisée vivant dans les pays du premier monde (à savoir
les USA et les pays d'Europe occidentale) souffrent au quotidien de nombreuses situations
injustes générées directement par le capitalisme. Ainsi la pauvreté augmente alors que la
production de richesses n'a jamais été aussi élevée. Les travailleurs sont obligés
d'accepter des emplois sous n'importe quelles conditions et à n'importe quel salaire pour
survivre. La crise économique sert de prétexte pour détruire les acquits du mouvement
syndical tels que la sécurité sociale, les allocations de chômage,etc. Pendant que nos
conditions de vie empirent, les riches accumulent toujours plus de richesse à tel point
que désormais les 10% les plus riches de la planète détiennent 85% du patrimoine mondial.1
Et malheur à ceux qui oseraient contester cette injustice, les états avec leurs polices,
leurs armées et leurs services de renseignements travaillent à réprimer tout mouvement de
contestation.

Quand au sort des populations ne vivant pas au centre de l'économie mondiale il est bien
pire que celui que nous connaissons. Alors que la colonisation appartient officiellement
au passé, des peuples subissent encore aujourd'hui l'impérialisme des grandes compagnies
(comme le montre la mise au service de l'état brésilien au profit de la FIFA) qui agissent
souvent par l'intermédiaire des états impérialistes (l'intervention militaire française au
Mali pour protéger les intérêts d'Areva en est un bon exemple). De ce fait, des
populations entières sont obligées de quitter leur pays pour trouver un avenir meilleur
dans les pays du Nord où elles sont exploitées par des patrons peux scrupuleux2, traquées
par la police, expulsés au mépris des dangers qu'ils courent,etc.

N'oublions pas non plus que le capitalisme génère d'autres types d'organisations utilisant
la violence pour opprimer et déposséder les travailleurs. On peut citer l'exemple du crime
organisé qui prospère grâce à la pauvreté en profitant de la misère dans laquelle beaucoup
de gens vivent (via la vente de drogue dans les quartiers, les extorsions ou encore le
trafic d'êtres humains). Pour les plus naïfs, il est important de préciser que les chefs
de ces organisations mafieuses collaborent avec les élites étatiques et avec les
compagnies privées légales3.

Ce système va même jusqu'à mettre en péril la survie de l'humanité tout entière puisque

l'exploitation économique toujours plus grande de notre planète rendue nécessaire par le
besoin de croissance, risque d'avoir des conséquences irréversibles sur l'environnement.4

Après cette liste loin d'être exhaustive on ne peut que constater qu'exploitation,
pauvreté, et violence sont les lots quotidiens de la majorité des êtres humains sous le
capitalisme.

Réforme ou révolution ? :

À moins d'êtres insensibles à ces nombreux drames qui se passent sous nos yeux, il est
évident qu'il est nécessaire d'y trouver des solutions. Mais une question se pose encore «
Est il possible de trouver des solutions dans le cadre du système capitaliste ? » ou plus
simplement « Le système capitaliste est il réformable ? ». La réponse à cette question
peut se trouver dans l'analyse marxiste de l'économie et de la société.

Marx analyse les sociétés au travers du matérialisme dialectique :

Matérialisme signifie que la cause première de toute chose est matérielle (ce qui est
physique, ce qui peut être observé, sentit, touché, etc.).

Ainsi selon Marx la manière dont s'organise une société provient avant tout de contraintes
physiques (par exemple la production de biens, la présence de ressources sur un territoire
ou encore le niveau d'évolution des technologies, etc.). De ces conditions matérielles
découlent les idées (les projets politiques, des idéologies telles que les religions,
etc.) qui en sont donc la conséquence et non la cause.

Selon Marx, la dialectique serait un outil permettant d'analyser l'évolution des sociétés
au travers de ses contradictions. Lorsqu'il y a deux éléments antagonistes (la thèse et
l'antithèse), cela génère une contradiction . Celle-ci va soit déboucher vers une
destruction de la thèse et de l'antithèse, soit vers une fusion entre ces deux éléments
qui crée une synthèse (un nouvel élément) ainsi que son opposé « l'antisynthèse »,
générant une nouvelle contradiction et ainsi de suite.

Ces deux notions permettent à Marx d'analyser l'évolution et l'architecture des sociétés.

Chaque système économique dépend avant tout du niveau des technologies disponible pour la
production de biens, à chaque niveau technologique correspond un type de rapports de
production (esclavage, servage, salariat). Les sociétés se divisent alors en fonction de
la place qu'occupent les groupes d'humains dans ces rapports de productions ; il s'agit
des classes sociales. L'agencement de ces conditions matérielles forme l'infrastructure
des systèmes économiques (leur base matérielle).

Quant aux institutions, régimes politiques, et religions, elles forment la superstructure
des systèmes économiques. C'est-à-dire qu'elles existent et s'organisent non pas de
manière autonome, mais en fonction de l'organisation de l'infrastructure. La
superstructure est donc directement dépendante de l'infrastructure. Le rôle de cette
superstructure est d'assurer la pérennité du système en place. Ainsi par exemple, l'état
utilisera sa police pour réprimer toutes révoltes tandis que les religions, les médias et
l'école fourniront une justification idéologique au système en place afin de prévenir
l'émergence d'idées contestataires.

L'évolution des sociétés quant à elle, trouve son origine dans la contradiction qui se
crée entre les niveaux technologiques des forces productives et les rapports de
productions qui leur correspondent. En effet la technologie a tendance à évoluer de
manière constante (on fait tout les jours de nouvelles recherches qui amènent à
l'invention de nouvelles machines, de nouveaux produits, etc.) alors que les rapports de
productions évoluent quant à eux par palier. En effet ces rapports de production ne
peuvent pas s'adapter de manière constante aux nouvelles technologies. Peux à peux la
contradiction entre le niveau technologique des forces productives et les rapports de
productions devenus inadapté, amène à des tensions dans la superstructure qui vont
déboucher sur des révolutions. La Révolution française de 1789 en est un exemple typique :
alors que les technologies permettaient de commencer l'industrialisation du pays et le
passage au capitalisme bourgeois, les rapports de productions (le servage et les
corporations d'artisans) empêchaient cette évolution. La bourgeoisie a donc pris le
pouvoir afin de passer aux rapports de production capitaliste (à savoir le salariat
généralisé) et de mettre en place une superstructure (passage à un état bourgeois, interdiction des corporations,etc.) assurant sa nouvelle position dominante.

De nos jours les cette contradiction entre technologies et rapports de production est
visible dans un phénomène appelé « la baisse tendancielle du taux de profit ». En effet,
les rapports de productions capitalistes impliquent la concurrence entre chaque
entreprise. Pour se maintenir dans la course les patrons d'entreprises se voient obligés
d'investir une part de plus en plus importante de leur capital dans l'acquisition de
nouvelles technologies de production. Or seul le « surtravail » est réellement producteur
de valeur ajoutée. En effet, il s'agit du temps de travail que le travailleur donne
gratuitement à son patron (puisque le travailleur travaille pour son patron plus que le
temps nécessaire à la satisfaction de ses besoins et à sa reproduction). Étant donné que
les capitalistes investissent de plus en plus d'argent dans les technologies et de moins
en moins pour engager des travailleurs, leur taux de profit diminuent sur le long terme.
Pour retarder cette baisse tendancielle de leur taux de profit, les bourgeois ont recours
à plusieurs mécanismes. Ils peuvent baisser les salaires pour un temps de travail égal ou
faire l'inverse ; augmenter le temps de travail de l'ouvrier pour un même salaire (dans
les deux cas, il s'agit d'augmenter le taux d'exploitation des travailleurs). La
bourgeoise a aussi eu recours à la colonisation (elle utilise le néo-colonialisme de nos
jours) afin de trouver des déboucher pour leurs produits (afin de combler un manque de
demande dans les métropoles) et de s'approprier des matières premières à un coût minimum
(pour réduire les coûts de production). La financiarisation de l'économie est aussi un
autre symptôme de cette baisse tendancielle du taux de profit. En effet lorsqu'un secteur
n'est plus assez rentable, les capitalistes n'ont d'autre choix d'investir leur argent
dans d'autres secteurs. Or une fois que tous les secteurs sont devenus peux rentables, les
capitalistes ne peuvent qu'investir dans le secteur financier (une économie fictive) en
spéculant sur des profits futurs. Cela crée des bulles spéculatives qui finissent
obligatoirement par s'effondrer, créant ainsi une crise financière puis économique (comme
en 2008).
Ainsi cette baisse tendancielle du taux de profit explique la récente crise économique. La
bourgeoisie n'a donc d'autres choix que de diminuer leurs coûts de production et
d'augmenter les taux d'exploitation en délocalisant nos entreprises, en diminuant nos
salaires et en détruisant nos conditions de travail. Les sociaux-démocrates l'ont très
bien compris, mais refusent de sortir du cadre capitaliste. C'est pourquoi ils acceptent
de mettre en place les politiques patronales d'austérité et de destruction des droits des
travailleurs tout en tentant d'en atténuer les conséquences. La situation est telle que
des secteurs entiers de l'économie s'effondreraient s'ils devaient respecter les lois
sociales en vigueur. La restauration et la construction en constituent les exemples les
plus frappants puisque ces secteurs n'ont d'autres choix que d'utiliser massivement le
travail au noir. L'économie informelle voir criminelle ne peuvent même plus être combattue
efficacement sous peine de créer un effondrement économique. Ainsi plusieurs états
européens ont par exemple décidé d'inclure dans le calcul de leur Produit Intérieur Brut
(PIB) le trafic de drogue et de la prostitution5.

Le système capitaliste n'a donc pas la possibilité économique de nous offrir une vie
digne. Bien au contraire pour se maintenir il est obligé de nous exploiter toujours plus,
de monopoliser de plus de plus de richesses, etc. Aussi tout projet de réforme sociale au
sein de ce système est un voeu pieux. Une révolution permettant la destruction du salariat
est un passage obligé pour améliorer radicalement et durablement les conditions de vie du
tout les opprimés.

Le communisme, une utopie inapplicable ? :

Une dernière question se pose alors. S'il est nécessaire de renverser le système
capitaliste pour enfin avoir une vie décente, quel nouveau système doit prendre sa place ?
Autrement dit, par quoi remplacer le capitalisme ? Au premier abord, lutter pour une
société communiste semble être un mauvais choix. N'avons-nous pas tous appris dans nos
cours d'histoire ou dans les médias que toutes les tentatives de mettre en place le
communisme mènent inévitablement vers des dictatures inhumaines ? Pourtant, en poussant
nos recherches plus loin il apparaît vite que cette thèse ne résiste pas à l'épreuve des
faits.

Tout d'abord, précisons que contrairement à une croyance largement répandue aucun régime
(même les régimes staliniens) n'a jamais n'a prétendu appliquer le communisme dans son
pays. C'est en effet impossible puisque le communisme ne pourra être appliqué qu'après le
triomphe de la révolution au niveau mondial, la disparition des classes sociales, et après
l'apparition d'une génération d'humains ayant été élevée selon les valeurs de solidarités,
d'égalité et de partage. Notre génération ne pourra donc jamais vivre dans une société
communiste puisque nous avons été élevés sous le capitalisme et que nous avons par
conséquent intériorisé ses normes.

Pour répondre à la question du passage du capitalisme au communisme, plusieurs types de
solutions ont été expérimentées au cours de l'histoire. Il existe tout d'abord les
expériences issues des courants marxistes orthodoxes et léninistes qui prônent le passage
par une phase transitoire avant d'arriver au communisme. Selon les léninistes, avant
d'atteindre le communisme, les sociétés devraient passer par une phase appelée «
socialisme ». Durant cette phase, l'état serait maintenu, il deviendrait l'instrument de
la domination du prolétariat sur la bourgeoisie, et se verrait conférer la propriété des
moyens de production et la planification de l'économie. En pratique, toutes ces
expériences ont débouché sur la création d'un état autoritaire opprimant les travailleurs
qu'il est censé défendre. La raison de ces échecs, vient du fait que les léninistes, ont
eu une croyance absolue dans la pensée de Marx, sans en voir les lacunes. En effet, sans
rien nier de l'apport théorique considérable du philosophe pour comprendre nos sociétés,
il ne faut pas oublier que le matérialisme dialectique reste avant tout un paradigme
d'analyse qui par définition ne peut être qu'imparfait. Ainsi l'une des grandes erreurs de
Marx a été de ne pas considérer qu'il puisse exister des rapports de dominations ne
découlant pas directement des conditions matérielles (l'infrastructure). Cela l'a mené à
avoir dans certains de ces écrits une conception déterministe de l'histoire où la
révolution serait inévitable et tout découlerait des conditions matérielles des sociétés.
Les léninistes ont quant à eux privilégié une lecture scientiste voir biblique de Marx,
sans jamais le critiquer, ni utiliser l'apport d'autres auteurs. Ils en ont déduit que «
la science marxiste » utilisée par une avant-garde éclairée (organisé dans un parti
prenant le pouvoir au sein de l'état) leur permettrait de déduire des recettes miracles
pour atteindre le communisme6. Inévitablement, les élites du parti ont commencé par nier
toute autonomie de pensée aux travailleurs, pour ensuite se transformer en une oligarchie
contrôlant l'état dans son seul intérêt. Les expériences socialistes sont les plus connues
et cela a causé un grand tord à la cause communiste puisque la majorité des gens associent
désormais URSS ou la Chine maoïste au concept de communisme.
Heureusement, tous les courants révolutionnaires n'ont pas commis ces erreurs. Ainsi
d'autres expériences inspirées des conceptions libertaires, ont résolu avec plus de succès
la question du passage du capitalisme au communisme. Les communistes-libertaires ne voient
pas la révolution comme un passage entre deux systèmes prédéterminés à l'avance par la
marche de l'histoire. Ils considèrent au contraire qu'il s'agit d'un processus continu qui
se vit avec tous les opprimés. Ainsi, les libertaires refusent d'attendre l'abolition du
capitalisme pour commencer à lutter contre les toutes les oppressions (de genre, de race,
et de classe) et pour expérimenter des modes d'organisations alternatifs. C'est pourquoi
dans leur pratique quotidienne, les libertaires tentent d'appliquer et d'apprendre par
eux-mêmes les principes qui doivent fonder la future société communiste.

Étatisme versus autogestion

Cette différence de pratique a conduit les libertaires à mener des expériences plus
réussies dans les territoires qu'ils ont réussi à contrôler au cours de l'histoire. Les
libertaires ont toujours refusé d'abdiquer leur pouvoir à un état « ouvrier » tout
puissant contrôlé par une avant-garde « éclairée ». Ils ont préféré prendre leur destin en
main et organiser la production et la vie politique et sociale par eux-mêmes. C'est
pourquoi les libertaires se sont toujours battus pour l'autogestion.

L'autogestion implique que les décisions (que ce soit au niveau économique ou politique)
soient prises de manière démocratique. Concrètement, les gens se réunissent en assemblées
populaires (ou en comités d'usine pour l'organisation de la production) pour débattre, et
ensuite si aucun consensus n'est atteint, procéder à un vote sur les mesures à prendre.
Les décisions ne pouvant être prises au niveau local sont prises par des représentants
élus par ces assemblées, via un mandat impératif. Contrairement au mandat représentatif
appliqué dans les « démocraties » bourgeoises, où le peuple laisse tout son pouvoir de
décision à des représentants, sans possibilités de les contrôler entre deux élections. Les
élus au mandat impératif sont à tous moments révocables, ils doivent se faire les
porte-parole des décisions de leurs bases à qui ils doivent régulièrement rendre des
comptes. En résumé, l'autogestion c'est l'application de la démocratie directe au niveau
économique et politique.


Bien entendu, l'autogestion au niveau économique implique que les moyens de production
soient collectifs . Cependant, les libertaires estiment que les producteurs doivent
s'associer librement en fonction de leurs intérêts et non subir une collectivisation
forcée imposée par le haut.


Les libertaires ont donc une conception réellement démocratique de la révolution, car ils
considèrent que ce sont les opprimés eux-mêmes qui sont les plus à aptes à prendre des
décisions correspondants à leurs intérêts. C'est pourquoi, contrairement aux socialistes
autoritaires, les libertaires refusent de prendre possession de l'état et préfèrent
l'abolir dès l'avènement de la révolution. En effet, l'état est l'organe bureaucratique
par excellence qui a pour but de perpétuer les dominations. Tout groupe qui en prendrait
donc le contrôle même s'il prétend agir dans l'intérêt général finirait donc
inévitablement par utiliser son pouvoir (police et armée) pour imposer ses décisions et
agir dans son intérêt propre. L'analyse des expériences socialistes autoritaires montre la
justesse de cette conclusion. Ainsi, au cours des révolutions, les libertaires ont
toujours prôné la collectivisation et non la nationalisation des moyens de production,
l'organisation de la production par des comités d'usine (au lieu de la confier à des
techniciens du parti), et enfin le remplacement la police et l'armée (bras armés de
l'état) l'état par des milices populaires où les officiers étaient démocratiquement élus.
L'histoire prouve que lorsque ces mesures furent effectivement appliquées, de meilleurs
résultats furent obtenus que ce soit en termes de respect des libertés qu'en termes
d'efficacité de la production.



Parmi, les nombreuses expérimentations du socialisme-libertaires, on peut citer comme
exemple la Makhnovtchina en Ukraine de 1918 à 1921, l'expérience libertaire menée par la
CNT en Espagne durant la guerre civile de 1936 à 19397 ou encore les territoires contrôlés
par l'EZLN dans le Chiapas au Mexique de 1994 à nos jours8. Ces exemples restent certes
minoritaires au regard des nombreuses expériences socialistes tentées, mais n'oublions pas
que les « démocraties » bourgeoises restent elles même une minorité dans le monde
capitaliste. Il est aussi clair que ces expériences ne sont pas exemptes de tous défauts
et c'est pourquoi il est absolument nécessaire de les étudier, de les faire connaître pour
ensuite mieux les critiquer. Cependant, elles ont le mérite de prouver qu'il existe des
alternatives autogestionnaires viables au capitalisme.


C'est pour toutes ces raisons que les militants communistes libertaires ou de la gauche
autogestionnaire en général ne sont pas de doux rêveurs engagés dans un combat vain. Bien
au contraire, ce sont des personnes réalistes sur la nature du capitalisme qui refusent de
vivre dans un monde d'exploitation et de misère et qui luttent pour un projet concret
permettant l'amélioration de la condition humaine. La seule chose qui manque à la
réalisation de ces utopies, c'est vous ! Nous avons besoin de toutes les forces
disponibles pour enfin renverser le capitalisme et mettre en place un nouveau système qui
nous permettra de vivre librement et dignement.



NB : Cet article fait de nombreuses fois appel à la pensée de Marx pour la simple raison
qu'il constitue à mon sens une bonne base pour introduire les idées communistes à des
personnes n'y ayant jamais été confrontées. Cependant il ne saurait constituer la seule
base théorique pour élaborer des stratégies révolutionnaires et un projet de société
alternatif. Particulièrement lorsqu'il s'agit d'aborder la question du passage du
capitalisme au communisme. C'est pourquoi je recommande notamment la lecture de « Un
projet de société communiste libertaire » (édité par Alternative Libertaire) qui réalise
une esquisse de la société future pour laquelle nous luttons. Je conseille aussi la
lecture de « L'anarchisme » de Daniel Guérin qui analyse les actions, les stratégies et
les expériences des libertaires au cours des différentes révolutions du 20ème siècle.


1 http://www.inegalites.fr/spip.php?article1393


2
http://www.rtl.be/info/belgique/societe/1108750/de-plus-en-plus-de-sans-papiers-exploites-en-belgique-un-jour-mon-patron-n-a-plus-voulu-me-payer-


3
http://blogs.mediapart.fr/blog/cadtm/190614/hsbc-une-banque-au-lourd-passe-et-au-present-sulfureux


4
http://www.lalibre.be/actu/planete/rechauffement-climatique-agir-avant-2030-sinon-52da9d9f357029ad9fc8bd16


5
http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2014/06/04/doper-leconomie-la-belgique-integre-drogue-et-prostitution-au-calcul-de-son-pib/


6 Et ce malgré les beaux discours sur l'état ouvrier démocratique de Lénine dans « L'état
et la révolution » qui sont en totale contradiction avec ses actions durant la révolution
russe.

ALTERNATIVE LIBERTAIRE BRUXELLES

Le communisme, projet viable ou utopie irréaliste