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Publié par Patrick Granet

Le « complot juif » est une théorie du complot qui prête aux Juifs une volonté de dominer le monde. Ce mythe est particulièrement incarné par lesProtocoles des Sages de Sion, document du début du xxe siècle se présentant comme un programme juif de domination du monde, mais en réalité créé par le faussaire antisémite russe Matveï Golovinski pour le compte de la police politique tsariste.

Relevant originellement de l'antijudaïsme, les théories du complot juif sont plus élaborées que la simple allégation antisémite : ayant un auteur ou groupe d'auteurs précis, elles sont des constructions plus complexes et insistent sur l'accusation de domination.

La théorie du complot juif connaît un regain de popularité en Europe durant les années 1930, années de crise, après avoir été développée dans le manifeste d'Adolf Hitler, Mein Kampf. À l'époque, une telle théorie est cautionnée principalement à droite et à l'extrême droite : la droite de l'époque est fortement nationaliste et hait donc autant le Juif apatride que le communisme, qu'elle attribue aux Juifs1, tandis qu'à gauche le Juif est parfois accusé de contrôler la finance et se trouve parfois assimilé à la figure du capitaliste (en réalité cela était marginal ; en fait de nombreux leaders de la gauche étaient eux-mêmes Juifs ou d'origine juive, et furent d'ailleurs victimes d'attaques antisémites de la part de la droite - c'est par exemple le cas de Léon Blum).

Après la mise en œuvre de la « Solution finale à la question juive » par les nazis et la création de l’État d'Israël, le thème du complot juif renaît dans certains milieux antisionistes qui assimilent abusivement les substantifs « sionisme » et «fascisme» et les adjectifs «juif» et «sioniste». Cette fraction radicale d'antisionistes a développé une opposition à Israël fondée sur l'antisémitisme et la contestation de la Shoah. La théorie du complot sionistequi en résulte est considérée par Pierre André Taguieff et Jacques Tarnero comme une variante moderne de la théorie du complot juif.

La thématique du complot juif connaît aujourd'hui une popularité dans certains mouvements extrémistes au Moyen-Orient, comme le Hamas qui se réfère explicitement aux Protocoles des Sages de Sion dans sa charte.

Histoire de la théorie du complot juif[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Judéo-maçonnerie.

Le 20 août 1806, Augustin Barruel reçoit à Paris une lettre de Florence provenant d'un capitaine italien, Jean Baptiste Simonini, dans laquelle ce dernier exprime la satisfaction que lui a procuré la lecture de ses Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme. Il tient toutefois à évoquer un témoignage personnel qui prend la forme d'une théorie du complot juif évoquant la thèse de la judéo-maçonnerie, la maçonnerie étant sous la direction du judaïsme. Barruel transmet la lettre au pape Pie VII, qui lui répond par son secrétaire, puis au roi Louis XVIII2. Ces correspondances ont été publiées pour la première fois en 1882, dans le journal jésuite La Civiltà Cattolica3. Elles sont republiées en 1924dans l'ouvrage d'Aleksander Dmitrievich Netchvolodow, L'Empereur Nicolas II et les Juifs2.

À la fin du xixe siècle, l'idée d'un « complot juif » s'est rapidement développée en Europe. L’origine de cette croyance se confond avec l’un des chapitres de Biarritz, un roman publié à Berlin en 1868. Ce roman, signé du pseudonyme de « Sir John Retcliffe », était l'œuvre de Hermann Goedesche, un fonctionnaire et essayiste allemand qui avait été révoqué des services de poste prussienne. Dans un chapitre intitulé « Dans le cimetière juif de Prague », il décrit une réunion de rabbins issus des douze Tribus d’Israël et prenant tour à tour la parole dans le vieux cimetière juif de Prague. Ils annoncent alors un plan méthodique, rigoureusement articulé, de domination et de contrôle du monde. Suivent alors plusieurs publications en Europe orientale où, peu à peu, le roman Biarritz se déforme. Le récit des dialogues révélant le complot juif est imprimé séparément en Russie à partir de 1872, et publié sans la mention de son caractère de fiction pour dénoncer ledit complot. Ainsi isolé de son contexte romanesque, le récit atteint la France en 1880 sous la forme d'une histoire vraie. Dans le numéro du Contemporain de juillet 1881 par exemple, la scène du cimetière juif passe pour être véridique, connue grâce au témoignage d’un authentique diplomate britannique, « Sir John Readclif » (le nom a déjà été légèrement déformé). En 1896, dans l’ouvrage de François Bournaud Les Juifs, nos contemporains, les propos des douze rabbins sont fondus en un seul monologue, celui du rabbin Eichhorn (ou Reichhorn) sous l’appellation « le discours du rabbin ». La diffusion va alors être sans cesse élargie. Il faut cependant attendre 1933, dans l’édition suédoise et dans l’introduction qui la précède, pour voir enfin annoncer la mort de “Sir John” (le nom a encore été modifié), « mystérieusement assassiné » comme il se doit4.

En 1859 le philosophe contre révolutionnaire Joseph de Maistre s'exprime sur ce qu'il perçoit comme une attitude nuisible du judaïsme dans son livre Quatre chapitres inédits sur la Russie5.

En 1869, le juif russe converti au christianisme Jacob Brafmann publia un essai nommé Kniga Ḳahala6 dans lequel il développe le concept du Kahal juif ou l'idée d'une sorte de pouvoir central de la communauté juive sous la forme d'un conseil d'administration, tissant la trame de nombreux complots7.

Osman Bey critiqua l'Alliance israélite universelle, voyant dans ses avatars l'ayant précédés les déclencheurs de la Révolution française et désigna la franc-maçonnerie comme contrôlée par le judaïsme (thèse judéo-maçonnique). Il dénonça un complot juif visant à s'attaquer à la Russie.

Dans les années 1870, il fut suivi par Hippolytus Lutostansky dans ses écrits8.

En 1882, Emmanuel Chabauty publia dans son livre9 un opuscule de l'abbé Jean-Baptiste Bouis, présenté comme prêtre d'Arles en 1644, décrivant une lettre de 1489 intituléeLettre des juifs d'Arles envoyée aux juifs de Constantinople rédigée au nom des juifs de Provence par le Rabbin d'Arles, leur chef, écrivant à ses frères de Constantinople, le 13 janvier 1489, pour leur demander la ligne de conduite à suivre dans le contexte de l'édit sévère de Charles VIII de France, moins tolérant que les anciens rois de Provence, par lequel il enjoignait aux juifs provençaux de se faire chrétiens ou de quitter le pays. Le texte présente également la réponse du 21 novembre de cette même année des juifs de Constantinople, les enjoignant à la dissimulation, à la prise de pouvoir clandestine et à la pratique secrète du judaïsme. Il pourrait s'agir d'une copie ancienne d'un faux provenant d'Espagne10.

Pour l’archevêque Léon Meurin, la volonté juive de domination se comprendrait théologiquement. Ainsi en 1893, dans son livre la franc maçonnerie Synagogue de Satan, il prête aux juifs la non compréhension du sens spirituel des prophéties de l'ancien testament, et l'idée que le messie sera un roi terrestre chargé de subjuguer toutes les nations en leur faveur exclusive11.

Dès 1898, les Jésuites dans la revue La Civiltà Cattolica dénoncent le Premier congrès sioniste comme étant un « complot sioniste mondial ». Dans la foulée, un agent secret de l’Okhrana lance la première version des Protocoles des Sages de Sion. On peut considérer le « discours du rabbin » d'Hermann Goedesche comme un précurseur, lequel fut d'ailleurs parfois publié comme ajout à certaines éditions des Protocoles12.

Le thème du complot juif est particulièrement présent en France lors de l'affaire Dreyfus. En Allemagne, la thématique du complot juif se cristallise notamment autour de familles juives influentes, telles que la dynastie des Rothschild, accusée de contrôler les systèmes financiers du monde ou la Réserve fédérale des États-Unis.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Les Protocoles des Sages de Sion et Judéo-bolchevisme.

Après la Première Guerre mondiale, les Protocoles des Sages de Sion gagnent en succès : ils expliquent en substance la Grande Guerre et la révolution bolchévique – les tenants du complot fantasment volontiers sur la coïncidence des dates entre la Déclaration Balfour (2 novembre 1917) et celle de la Révolution d'Octobre (7 novembre 1917). Les Protocoles se modifient et passent alors pour être les « séances secrètes du 1er Congrès sioniste ». Ainsi, en 1924, l’éditeur allemand Theodor Fritsch peut publier les « Protocoles sionistes ». Les effets se font sentir rapidement, dans un contexte où les foules avides cherchent des explications à des phénomènes qui semblent les dépasser.

De même, la Grande Dépression en 1929 trouve pour certains une explication toute faite dans le complot juif mondial. En Allemagne, le Parti nazi a abondamment usé de ce postulat du complot juif. La propagande allemande a fortement nourri le mythe de la banque juive, notamment via l'idée que les Rothschild suscitaient des guerres entre les gouvernements en manipulant les fonds.

À l'inverse, un petit livre est paru en Hollande, en 1933, écrit sous le pseudonyme de Sydney Warburg (Les ressources du national-socialisme, trois conversations avec Hitler) ; ce livre, désormais republié depuis 1983 sous le titre anglais Hitler's Secret Backers, désigne toujours des banquiers juifs, dont la famille Warburg, comme ayant financé ou contribué à financer le national-socialisme.

Après 1945[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Théorie du complot sioniste, Négation de la Shoah et Lobby juif.

Après la Seconde Guerre mondiale, les négationnistes du génocide nazi accusent les juifs de contrôler les gouvernements, les historiens, les systèmes judiciaires.

« [D'après les négationnistes,] les Juifs ont su organiser un mensonge à échelle mondiale, un complot afin de bâillonner ou acheter les historiens du monde entier, voire des États. » 13

Articles détaillés : Cosmopolite sans racine et Sionologie.

Articles détaillés : Gouvernement d'occupation sioniste, Taxe juive et Affaire Rosenthal.

En 1985, le journaliste et essayiste britannique Douglas Reed a développé une théorie du complot juif dans son livre La Controverse de Sion, dans lequel il explique que les juifs ont instrumentalisé les deux guerres mondiales et en prépareraient une troisième dans le but d'installer un gouvernement mondial à leur solde14. Il a été qualifié d'antisémite virulent15. Néanmoins, il avait renoncé à publier son ouvrage de son vivant et s'était réfugié en Afrique du sud.

James von Brunn, auteur de la fusillade au United States Holocaust Memorial Museum (Musée de l'Holocauste de Washington) en 2009, est l'auteur d'un essai dénonçant un complot juif mondial : Kill the Best Gentiles16.

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Dans la littérature[modifier | modifier le code]

  • Les théories du complot juif sont le thème du roman d'Umberto Eco, Le Cimetière de Prague. Dans la quatrième page de couverture de sa traduction française, l'ouvrage définit Les Protocoles des sages de Sion comme un « évangile antisémite ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Daniel Pipes (1997): Conspiracy: How the Paranoid Style Flourishes and Where It Comes From, (The Free Press - Simon & Shuster), p.93. ISBN 0-684-83131-7
  2. a et b Aleksander Dmitrievich Netchvolodow, L'Empereur Nicolas II et les Juifs, Étienne Chiron, Paris, 1924, ASIN B001D7RNEA, p.231-236
  3. Nicolas Deschamps, Les Sociétés Secrètes et la Société, III, p. 661.
  4. Raoul Girardet, Mythes et mythologies politiques, 1986.
  5. Quatre chapitres inédits sur la Russie p. 111 [archive]
  6. Jacob Brafmann, Kniga Ḳahala, Wilna, 1869 [archive]
  7. Article BRAFMANN, JACOB sur jewishencyclopedia [archive]
  8. Texte en ligne [archive] 'The invention of sacred tradition, par James R. Lewis, Olav Hammer, p.79
  9. Emmanuel Chabauty, Les juifs nos maîtres !, (1882), Texte en ligne [archive].
  10. Les revues scientifiques d'études juives: passé et avenir : à l'occasion du ... By Simon Claude Mimouni, Judith Olszowy-Schlanger, p.86 [archive]
  11. la franc maçonnerie Synagogue de Satan. p. 96 [archive]
  12. What are "The Protocols of the Elders of Zion"? [archive], 1 juin 1999
  13. Gilles Karmasyn, « La loi Gayssot et ses critiques de bonne foi », phdn.org, 2002, section 1 « Le négationnisme : un discours antisémite [archive] »
  14. Douglas Reed, The Controversy of Zion (Veritas, 1985) Texte en ligne en français [archive]
  15. Michael Billig, Methodology and Scholarship in Understanding Ideological Explanation, cité par Clive Seale, dans Social Research Methods: A Reader [archive], accessed 27 January 2008
  16. [archive]Le Monde, James von Brunn, idéologue raciste et tireur présumé du Musée de l'Holocauste, 11.06.09

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Les Protocoles des Sages de Sion

Les Protocoles des Sages de Sion1 (le titre varie en fonction des éditions en langue française, dont certaines sont intituléesProtocoles des Sages de Sion, sans l'article Les2, ou « Protocols » de Sages de Sion3 ou Les Protocoles des Sages d'Israël4), en russe : Протоколы сионских мудрецов ou Сионские протоколы, est un faux qui se présente comme un plan de conquête du monde établi par les juifs et les francs-maçons.

Ce document fut rédigé à Paris en 19015, par un informateur de l'Okhrana, la police secrète de l'Empire russe, Mathieu Golovinski6. Il plagie le Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu de Maurice Joly, pamphlet satirique décrivant un plan fictif de conquête du monde par Napoléon III, pour décrire un programme élaboré par un conseil de sages juifs afin d'anéantir la chrétienté et dominer le monde.

L'auteur et ses commanditaires voulaient convaincre le tsar et son gouvernement des méfaits d'une trop grande ouverture à l'égard des juifs de l'Empire, réputés comme les chantres inconditionnels de la vie moderne et intéressés au premier chef par un changement libéral de régime7 depuis que leur statut avait été dégradé par les gouvernements réactionnaires comme celui d'Alexandre III8. Le tsar refusa de l'utiliser, estimant que ce texte décrédibilisait son action9.

Le livre réunit les comptes-rendus d'une vingtaine de supposées réunions secrètes exposant un plan de domination du monde qui utiliserait violences, ruses, guerres, révolutions et s'appuierait sur la modernisation industrielle et le capitalisme pour installer un pouvoir juif mondial.

Adolf Hitler y fait référence dans Mein Kampf10 comme argument justifiant à ses yeux la théorie du « complot juif » et en fait ensuite l'une des pièces maîtresses de la propagande du Troisième Reich11. Ce livre joue également un rôle clé dans la théorie du ZOG apparue dans les milieux suprémacistes blancs d'extrême droite aux États-Unis12. Il est devenu aujourd'hui tout à la fois une figure emblématique de l'antisémitisme et de la falsification.

Sommaire

Publication[modifier | modifier le code]

Les Protocoles des Sages de Sion, parfois surtitrés Programme juif de conquête du monde, sont parus en Russie en deux temps et deux versions. D'abord des extraits en 1903 dans le journal Znamia (Знамя) puis une version complète en 1905 éditée par le moine mystique Serge Nilus, et en 1906 par Gueorgui Boutmi, officier et écrivain nationaliste13. Dès avril 1902, ils avaient fait l'objet d'un article dans Novoyé Vriemia14. Il est possible qu'ils circulèrent d'abord sous forme manuscrite ou une impression très artisanale. Ils sont traduits en allemand en 1909 et lus en séance au Parlement de Vienne15. Avec la Révolution d'Octobre en 1917, et la fuite de Russes antirévolutionnaires vers l'Europe de l'Ouest, l'aire d'influence des Protocoles s'élargit16. Ils deviennent internationalement connus en 1920 lorsqu'ils paraissent en Allemagne (janvier) puis sont traduits en anglais (février) et en français17.

Dans son édition du 8 mai 1920, The Times de Londres évoque ce « singulier petit livre » dans un éditorial titré « Le Péril juif, un pamphlet dérangeant. Demande d'enquête », qui tend à démontrer le caractère authentique du texte18 en insistant sur sa nature de prophétie réalisée. Cet article est publié alors que les Russes blancs étaient en train de perdre la guerre civile et que les « durs » du parti conservateur voulaient discréditer les nouveaux maîtres du Kremlin en dénonçant une « Pax Hebraica »19. Un an plus tard, le 17 août 1921, le Times revient sur le sujet et publie la preuve du faux sous le titre La fin des Protocoles. Cependant, les thèmes des Protocoles seront repris au cours des années suivantes dans de nombreux ouvrages (pseudo-scientifiques, polémistes, ou de fiction) antisémites publiés à travers l'Europe20,21.

Les premières traductions françaises sont publiées en 1920 et 1922 par le prêtre catholique Ernest Jouin dans la Revue internationale des sociétés secrètes sous le titre Les Protocols de 1901, en 1921 par l'écrivain monarchiste Roger Lambelin22, et en 1924 par le journaliste antisémite Urbain Gohier sous le titre Les Protocoles des sages d'Israël23.

Un faux[modifier | modifier le code]

L'examen attentif a mis en évidence le caractère fictif de ce texte : les Protocoles sont un plagiat du Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu, publié à Bruxelles en 1864 par Maurice Joly, où l'ombre de Nicolas Machiavel est le porte-parole de l'empereur Napoléon III qui explique son complot pour la domination du monde. La supercherie devient évidente par simple comparaison ligne à ligne des deux textes. Ce que fit Pierre Charles dans son étude critique et comparative24. Le discours de Machiavel dans le dialogue est transposé, l'internationale juive remplaçant l'empereur des Français.

La vérité sur son auteur n'a, quant à elle, été découverte qu'à la fin du xxe siècle par un historien en littérature russe : Mikhail Lépekhine grâce à l'ouverture des archives soviétiques à partir de 1992. Le faussaire était devenu compagnon de route des Soviétiques, qui détenaient les documents. Cependant, Henri Rollin, un membre du deuxième bureau français, a écrit et publié en 1939 un ouvrage intitulé L'Apocalypse de notre temps (réédité aux Éditions Allia en 2005) qui montre le processus de création puis d'utilisation de ce texte par les courants d'abord pro-tsaristes, puis fasciste et nazi. La découverte de 1992 ne vient donc que corroborer ces affirmations.

En Suisse, pendant le procès de Berne entre 1933 et 1935, la fausseté des Protocoles a été retenue par les juges.

Les historiens universitaires sont d'accords sur l'identification du faussaire, la structure du texte falsifié et l'analyse des causes de la falsification et il ne subsiste plus de doute sur ce document. Malgré tout, Les Protocoles des Sages de Sion sont encore mentionnés par des groupes antisémites, voire certains régimes, comme preuve de l'existence d'un complot juif international25.

Histoire[modifier | modifier le code]

Mathieu Golovinski connaît bien les techniques de la propagande, ayant travaillé dans les années 1890 pour le Département de la presse à Saint-Pétersbourg dirigé par Michel Soloviev, un antisémite qui fait de Golovinski son protégé.

Exilé à Paris, il travaille au Figaro avec Charles Joly, le fils de Maurice Joly, et il exerce ses talents auprès de Pierre Ratchkovski pour la police politique russe (l'Okhrana) en France. La politique de discrimination à l'égard des juifs par le régime de Nicolas II y suscite des critiques. Des antisémites russes en exil veulent conforter l'empereur dans sa politique, voire l'inciter à la durcir.

En 1897, un cambriolage exécuté par l'Okhrana dans la villa suisse de l'exilé russe Élie de Cyon entraîne le vol d'un grand nombre de documents, dont un pamphlet politique contre le comte de Witte, rédigé par de Cyon à l'aide des Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu de Joly. Il s'agirait d'une source d'inspiration desProtocoles26.

Ainsi, Ratchkovski commande les Protocoles, destiné à l'origine au tsar seulement. Le texte, « authentifié » par le ministère de l'Intérieur malgré la réticence du plus proche conseiller du tsar, le comte de Witte27, se veut une preuve décisive d'un plan juif de domination du monde reposant sur la modernisation industrielle et financière.

L'antisémitisme du propos va de pair avec l'antimaçonnisme. Pierre-André Taguieff indique que le titre en russe d'une des deux premières éditions en 1905 était « Extraits des protocoles anciens et modernes des Sages de Sion de la société mondiale des francs-maçons28 » et qu'il s'agissait de promouvoir l'image de « Sages de Sion, figures fictives du mythe anti-judéo-maçonnique29 ». L'auteur des Protocoles fait en effet dire aux juifs : « La Loge maçonnique joue, inconsciemment, dans le monde entier, le rôle d'un masque qui cache notre but. »

Modèles littéraires[modifier | modifier le code]

Le Protocole des Sages de Sion est considéré par certains auteurs comme un écrit d'inspiration romanesque. Selon Umberto Eco, le protocole « révèle son origine romanesque car il est peu crédible, sauf dans l'œuvre de Sue, que les « méchants » expriment de façon si voyante et si éhontée leurs projets maléfiques [...] : « nous avons une ambition sans limites, une cupidité dévorante, nous sommes acharnés à une vengeance impitoyable et brûlante de haine »30. » Le modèle du pamphlet anti-bonapartiste de Maurice Joly, copié par Golovinsky, est le complot jésuite de Monsieur Rodin dans Le Juif errant et Les Mystères du peuple d'Eugène Sue. Cependant, il est à noter que ces œuvres d'Eugène Sue ne font nullement référence à une quelconque complot juif mais qu'au contraire, elles sont un pamphlet contre la bêtise et les dangers de l'intolérance et du fanatisme quel qu'il soit[réf. nécessaire].

Un autre modèle littéraire est la rencontre entre Cagliostro et les Illuminés pour ourdir le complot maçonnique de l'affaire du collier de la reine dans Joseph Balsamo (1849) d'Alexandre Dumas. En 1868, un auteur de libelles calomnieux, Hermann Goedsche publie sous le pseudonyme de sir John Retcliffe, un roman populaire Biarritz, où il plagie Dumas, en mettant en scène le Grand Rabbin annonçant son plan de conquête du monde aux représentants des douze tribus d'Israël réunis dans le cimetière juif de Prague. En 1873, le roman est repris par un pamphlet russe Les Juifs, maîtres du monde, présenté comme une vraie chronique. En 1881, Le Contemporain le publie comme venant d'un diplomate anglais, sir John Readcliff. En 1896, c'est le Grand Rabbin qui se nomme John Readcliff, dans Les Juifs, nos contemporains de François Bourmand. Selon Jacques Halbronn, il conviendrait de rappeler que la fin des années 1880 est le théâtre d'une résurgence de l'antitalmudisme, du fait de la traduction en français des ouvrages d'August Rohling : les Protocoles constitueraient une tentative d'élaboration d'un Talmud laïc — d'où l'usage du mot Sages qui a une connotation talmudique — permettant d'inclure les juifs non religieux au sein du champ antijuif. À partir de ce faux Talmud pourrait dès lors se développer, par réaction, un nouvel antitalmudisme. Rohling serait donc directement ou indirectement une sources des Protocoles, son cadre, qu'il faudrait croiser avec celle du plagiat de Joly qui en constitue le contenu. Golowinski aurait été marqué par le contexte antitalmudique parisien tel qu'il régnait au début des années 1890, celles de la rédaction des Protocoles.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Au terme d'une de ses études sur les Protocoles, Pierre-André Taguieff propose cinq fonctions qu'ils peuvent remplir dans l'imaginaire — et dans la réalité, puisque la mise au jour d'un complot (n'existant que dans l'esprit de ses découvreurs) est souvent suivie de l'organisation bien réelle d'un contre-complot :

  1. aider à l'identification des forces occultes à l'origine du complot chimériques — et confirmer qu'elles sont impitoyables ;
  2. lutter contre ces forces en révélant les secrets qui les rendent puissantes ;
  3. justifier la contre-attaque contre l'ennemi désormais clairement identifié comme totalement néfaste ;
  4. mobiliser les foules (et/ou les autorités) pour la cause que les révélateurs du complot défendent ;
  5. recréer un monde enchanté, fût-il épouvantable et terrorisant31.

Les Protocoles ont effectivement rempli ces fonctions à travers les décennies et bientôt les siècles, et leur utilisation sans cesse réactualisée démontre s'il le faut la recherche permanente d'explications pseudo-rationnelles à la marche du monde32 : rédigés pour lutter contre les révolutionnaires anti-tsaristes, les Protocoles ont servi aux visées antisémites, antisionistes, antiaméricaines et, plus récemment, antimondialisations.

Antisémitisme nazi[modifier | modifier le code]

Ce texte servit par la suite d'instrument de propagande antisémite, aux nazis notamment33. Dans Mein Kampf, Adolf Hitler peut ainsi écrire34 :« Les Protocoles des sages de Sion, que les juifs renient officiellement avec une telle violence, ont montré d'une façon incomparable combien toute l'existence de ce peuple repose sur un mensonge permanent. « Ce sont des faux », répète en gémissant la Gazette de Francfort et elle cherche à en persuader l'univers ; c'est là la meilleure preuve qu'ils sont authentiques. Ils exposent clairement et en connaissance de cause ce que beaucoup de juifs peuvent exécuter inconsciemment. C'est là l'important35. ».

Pendant de nombreuses années, Goebbels n'a pas utilisé les protocoles dans la propagande antisémite qu'il orchestrait. Ce n'est qu'après une lecture du texte et une discussion du 13 mai 1943 avec Hitler qu'il pense pouvoir les utiliser. Dans la recension qu'il fait de la discussion, Goebbels se dit « stupéfait » à la fois par la modernité du texte et par la rigueur dans l'exposition du projet juif de domination mondial36.

En Union soviétique[modifier | modifier le code]

Les journaux soviétiques firent unanimement silence sur l'arrêt du procès de Berne. Pourtant les Izvestia avaient dépêché sur place Ilya Ehrenbourg qui avait été chargé de rendre compte du développement du nazisme et de l'antisémitisme, question spécialement débattue alors à la SDN. L'article d'Ehrenbourg, dûment écrit et transmis, ne parut pas37.

Diffusion dans le monde arabe[modifier | modifier le code]

La première traduction des Protocoles des Sages de Sion en arabe (à partir d'une version française) fut publiée au Caire en 1925 puis à Jérusalem en 1926. Selon Gilbert Achcar, ils n'ont « néanmoins connu qu'une diffusion marginale dans les pays arabes avant 1948 » et il souligne qu'elle fut le fait de chrétiens et non de musulmans38, à l'encontre des thèses sur le sujet défendues par Bernard Lewis.

Rachid Rida, que Gilbert Achcar décrit comme « le père spirituel de l'intégrisme islamique arabe moderne »39 s'en inspire dans un texte, qui fait suite aux émeutes de 1929, dans lequel son « argumentaire anti-juif […] puis[e] à toutes les sources en combinant des arguments conformes à la tradition musulmane la plus hostile aux juifs »40.

Une traduction de 1951 est diffusée dans le monde musulman après « l'intense exacerbation du conflit palestinien de 1948 » et de la Nakba (« catastrophe », exode palestinien)38. En 1967, les Presses islamiques de Beyrouth publient la version française de Roger Lambelin sous le titre Protocoles des Sages de Sion : texte complet conforme à l'original adopté par le congrès sioniste réuni à Bâle (Suisse) en 189741.

Pour Gilbert Achcar, les « insanités que contient ce pamphlet ont connu une diffusion beaucoup plus vaste que le pamphlet lui-même » et qu'elles ont largement contribué à la « diffusion de l'antisémitisme dans le monde arabe »38. Il insiste sur les différences de motivations des diffuseurs des Protocoles en Europe, qui n'avaient que des desseins antisémites, et celui des diffuseurs du pamphlet dans le monde arabe qui cherchaient à « excuser la défaite infamante […] des États arabes devant le mouvement sioniste et à expliquer pourquoi ce dernier avait pu gagner le soutien de l'ensemble des puissances du camp victorieux de la Seconde Guerre mondiale »42.

Des personnalités arabes firent référence aux Protocoles dans des rencontres officielles ou dans des écrits. Par exemple, en 1929, suite à sa comparution devant la Commission Shaw chargée d'étudier les causes des émeutes de 1929 en Palestine mandataire, le mufti de Jérusalem Mohammed Amin al-Husseini se référa aux Protocoles pour démontrer que les sionistes avaient attaqué les Arabes43. Tom Segev rapporte le cas d'un notable palestinien qui, bien que conscient du discrédit qui pèse sur les Protocoles, ne pouvait expliquer la défaite arabe dans la guerre de 1948 sans une collusion entre le sionisme et le communisme dans le cadre d'un plan visant à la domination du monde44. En septembre 1958, le président égyptien Gamal Abdel Nasser, qui n'était pas antisémite, demanda cependant à un journaliste lors d'un interview s'il connaissait les Protocoles et lui en conseilla la lecture car ils démontreraient que « 300 sionistes, dont chacun connaît tous les autres, gouvernent le destin du continent européen et élisent leurs successeurs parmi leur entourage »45.

En 2003, la nouvelle bibliothèque d'Alexandrie inaugure son musée de manuscrits où figure une traduction en arabe des Protocoles à côté de manuscrits de la Torah. Le directeur le justifie en déclarant : «Il se peut que le livre des Protocoles des Sages de Sion soit plus important pour les juifs que la Torah, puisqu'ils gèrent leur vie selon ses principes»46.

Usages et références actuels[modifier | modifier le code]

La Charte du Hamas fait également référence aux Protocoles et à d'autres poncifs antisémites47. L'article 32 y indique que « le plan sioniste (...), après la Palestine (...) ambitionne[] de s'étendre du Nil à l'Euphrate (...) [comme stipulé] dans « Les Protocoles des Sages de Sion » »48.

Gilbert Achcar rapporte cependant que la charte serait en cours d'amendement en se référençant à Azzam Tamimi, un proche du Hamas qui, « sensible au dommage causé à l'image du mouvement palestinien [par l'antisémitisme de la charte] » a déclaré dans le Jerusalem Post en février 2006 que : « Toutes ces absurdités sur Les Protocoles des Sages de Sion et les théories du complot - toutes ces bêtises - seront éliminées » dans la version amendée49.

Il est également popularisé par divers feuilletons télévisés :

  • un feuilleton télévisé égyptien, repris par de nombreuses télévisions arabes, Cavalier sans monture, qui évoque de façon centrale dans l'intrigue les Protocoles des Sages de Sion présenté comme un livre tenu secret par des juifs mais supposé authentique50 ;
  • le feuilleton Diaspora, diffusé par Al-Manar, la télévision du Hezbollah ;
  • une série télévisée Al-Sameri wa Al-Saher, sur Al-Alam Télévision, la télévision iranienne, comprenant non seulement une dénonciation du supposé pouvoir des juifs sur le monde, mais un négationnisme ouvertement exprimé à l'égard des crimes commis envers les juifs.

Les Protocoles des Sages de Sion aujourd'hui[modifier | modifier le code]

De nombreux auteurs, dont Pierre-André Taguieff et Catherine Nicault, ont mis en évidence les multiples utilisations des Protocoles à travers l’histoire, qu’il s’agisse de la dénonciation de soi-disant complots judéo-bolchévique et judéo-capitaliste ou de la propagande nazie51.

Le texte est encore diffusé, en particulier dans les milieux antisémites et/ou antisioniste et dans le monde arabo-musulman[réf. nécessaire]. Alain Goldschläger écrit en 1989 que bien que leur fausseté soit reconnue, les Protocoles n’en demeurent pas moins une « vérité intrinsèque » pour certains[Qui ?] et un outil de propagande52.

Dans le droit international[modifier | modifier le code]

En termes de droit international, il faut mentionner l’article 20 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques53 qui interdit :

  1. toute propagande en faveur de la guerre ;
  2. tout appel à la haine nationale, raciale ou religieuse qui constitue une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence.

Une diffusion des Protocoles afin de promouvoir la haine envers la communauté juive est donc contraire au Pacte.

Droit européen[modifier | modifier le code]

Si les articles 10 et 11 de la Convention européenne des droits de l’homme défendent le droit d'expression et d'association, son article 17 précise que ces droits ne peuvent être utilisés pour les limiter. La Cour européenne des droits de l’homme estime que le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme, le nationalisme agressif, la discrimination à l’égard des minorités et des immigrés sont contraires à la Convention54.

Droit français[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste de livres censurés en France#Contestations contentieuses de l'article 14 ou des interdictions.

Les Protocoles furent interdits de diffusion pendant une dizaine d’années suite à l’arrêté du 25 mai 1990 du ministre de l’intérieur Pierre Joxe, « considérant que la mise en circulation en France de cet ouvrage est de nature à causer des dangers pour l’ordre public en raison de son caractère antisémite »55. Cet arrêté n’est plus en vigueur puisqu’il se basait sur l’article 14 de la Loi du 29 juillet 1881 relatif au contrôle de la presse étrangère, lequel article, après avoir été modifié à plusieurs reprises, notamment par le décret-loi du 6 mai 1939, fut définitivement abrogé suite à l'avis n° 380.902 du Conseil d’État rendu le 10 janvier 200856. Cet avis faisait suite à la décision n° 243634 du Conseil d’État en date du 7 février 2003, selon laquelle le décret-loi du 6 mai 1939, qui modifiait l'article 14 de la Loi du 29 juillet 1881, était abrogé par l'article 1er du décret n° 2004-1044 du 4 octobre 200457. En droit français, la diffusion des Protocoles des Sages de Sion est donc légale, ce qui explique d’ailleurs l’édition de 2010, présentée par Philippe Randa58.

Droit américain[modifier | modifier le code]

Le Premier amendement de la Constitution des États-Unis d’Amérique ne met pas de limite au droit d'expression. Les États-Unis ont toutefois ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et doivent donc le respecter pour l’interdiction d’incitation à la discrimination, l’hostilité ou la violence. La Cour Suprême a affirmé à plusieurs reprises qu’un individu ne peut être puni pour avoir tenu des propos contredisant la norme sociale59. Les États ne peuvent donc ni punir les citoyens antisémites, ni les empêcher de recevoir des analyses défendant ces idées. Ils peuvent cependant punir les incitations à la violence, la discrimination, l’obscénité, le harcèlement, l’incitation à l’émeute (fighting words), les menaces, les crimes et les diffamations60.

Il n’existe donc aucune interdiction concernant la diffusion des Protocoles des Sages de Sion aux États-Unis.

Les Protocoles dans la littérature[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le nom de Sion est souvent pris comme symbole de Jérusalem.
  2. Version française de l'édition par l'« Organisation de propagation islamique », Téhéran, 1981
  3. Édition chez Grasset, Paris, 1921.
  4. édition de la « Vieille France » due à Urbain Gohier, pour la version de 1924 et celle, revue, de 1925.
  5. La langue de l'original, russe ou français, est incertaine. Voir Cesare De Michelis [1997] et Pierre-André Taguieff [2004], chapitre II, «1.2. Alexandre du Chayla».
  6. (en) Binjamin W. Segel, A Lie and a Libel: The History of the Protocols of the Elders of Zion, University of Nebraska Press (ISBN 0-8032-9245-7) p. 97.
  7. P.-A. Taguieff, L'Imaginaire du complot mondial. Aspects d'un mythe moderne, éd. Mille et une nuits, 2006, p. 118-119.
  8. Léon Poliakov, Mémoires, éd. Grancher, 1999, pp. 21-22.
  9. Pierre-André Taguieff, Les protocoles des sages de Sion, histoire d'un faux [archive].
  10. Adolf Hitler, Mein Kampf, p.160 consultable sur fr.calemeo.com [archive]
  11. Norman Cohn, Warrant for Genocide: The Myth of the Jewish World-Conspiracy and the Protocols of the Elder of Zion (New York: Harper & Row Publishers, 1966), pp. 32–36.
  12. Deborah Lipstadt, « The Protocols of the Elders of Zion on the Contemporary American Scene », dans Richard Allen Landes (dir.), Steven T. Katz (dir.), The Paranoid Apocalypse: A Hundred-year Retrospective on the Protocols of the Elders of Zion, NYU Press, 2012, 264 p.(ISBN 978-0814748923), p. 181.
  13. Pour la généalogie et les différences entre versions, voir Cesare G. de Michelis, Les Protocoles des sages de Sion, philologie et histoire, 1997, en bibliographie.
  14. Jacques Halbronn, Le texte prophétique en France. Formation et fortune, thèse d'État, université Paris X, 1999.
  15. Jacques Halbronn, Le Sionisme et ses avatars au tournant du xxe siècle, Ramkat, 2003[réf. incomplète].
  16. P.-A. Taguieff [2006], p. 120-121.
  17. sur la réception des Protocoles en Allemagne, France et pays anglo-saxons, voir Jacques Halbronn, Aspects du processus de traduction des Protocoles, 2002.
  18. P.-A. Taguieff [2006], p. 123.
  19. Léon Poliakov, De Moscou à Beyrouth. Essai sur la désinformation, Calmann-Lévy, 1983, p. 27. (ISBN 2-7021-1240-4)
  20. P.-A. Taguieff, op. cit., p. 123 ; et L. Poliakov, De Moscou à Beyrouth, op. cit., p. 27.
  21. Cependant, à en croire Les Protocoles des sages de Sion : Faux et usages d'un faux dePierre-André Taguieff, (Fayard, 2004), Jacques Bainville dans l'Action française avait reconnu le plagiat (P.A.T. ne donne pas la date mais il semble d'après le contexte que ce soit dès 1921).
  22. Édition Grasset, Paris, 1921
  23. Édition de la Vieille France.
  24. Pierre Charles: Les protocoles des sages de Sion, dans Nouvelle Revue théologique, vol. 65, 1938, pp.56-78, 966-969, 1083-1084.
  25. Tristan Mendès France, Michaël Prazan, Une tradition de la haine: Figures autour de l'extrême-droite, Paris-Méditerranée, 1998, 153 p. (ISBN 9782842720544) p. 14.
  26. texte en ligne [archive] Forms of hatred: the troubled imagination in modern philosophy and literature, par Leonidas Donskis, p.46
  27. Vladimir Fédorovski, De Raspoutine à Poutine, éd. Tempus, p. 26.
  28. P.-A. Taguieff, L'Imaginaire du complot mondial, Mille et une nuits, coll. Les petits libres n° 63, 2006, p. 114.
  29. P.-A. Taguieff, L'Imaginaire du complot mondial, Mille et une nuits, coll. Les petits Libres n° 63, 2006, p. 116.
  30. Umberto Eco De la Littérature Grasset 2003, p.367-370
  31. P.-A. Taguieff, L'Imaginaire du complot mondial, p. 192-193.
  32. P.-A. Taguieff, op. cit.
  33. Norman Cohn, Warrant for Genocide: The Myth of the Jewish World-Conspiracy and the Protocols of the Elder of Zion, New York, Harper & Row Publishers, 1966, pp. 32–36.
  34. Adolf Hitler, Mein Kampf, p.160 consultable sur sur fr.calemeo.com [archive]
  35. Adolf Hitler, Mein Kampf, chap. XI, p. 307, Nouvelles Éditions latines.
  36. Jeffrey Herf, L'Ennemi juif, p. 194
  37. Arkadi Vaksberg, Staline et les juifs- L'antisémitisme russe : une continuité du tsarisme au communisme, Robert Laffon, 2003, p.76
  38. a, b et c Gilbert Achcar [2009], p. 183-184.
  39. Gilbert Achcar [2009], p. 179
  40. Gilbert Achcar [2009], p. 185.
  41. Pierre-André Taguieff, L'imaginaire du complot mondial: aspects d'un mythe moderne, Mille et une nuits, 2006, p. 143.
  42. Gilbert Achcar [2009], p. 320.
  43. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Éditions Complexes, 1999, p. 134.
  44. Tom Segev, One Palestine. Complete, Holt Paperbacks, 1999, pp. 508-511.
  45. Selon Gilbert Achcar ([2009], pp. 313-323), Nasser n'était pas antisémite et cette référence aux Protocoles marque plus un manque de culture que du racisme. Il resitue les mesures antijuives prises par Nasser dans le contexte du conflit israélo-arabe. Citation p. 319.
  46. Pierre-André Taguieff, Les Protocoles des Sages de Sion, faux et usages d'un faux, 2004, chapitre «Chronologie».
  47. Gilbert Achcar, Les Arabes et la Shoah, Sindbad, 2009, p.374.
  48. Traduction française de la Charte du Mouvement de la Résistance Islamique - Palestine (Hamâs) [archive] publiée dans Jean-François Legrain, Les voix du soulèvement palestinien 1987-1988, Le Caire, Centre d'Études et de Documentation Économique, Juridique et Sociale (CEDEJ), 1991.
  49. Gilbert Achcar, Les Arabes et la Shoah, Sindbad, 2009, pp. 374-380.
  50. Plot Summary: Horseman Without A Horse [archive]
  51. Pierre-André Taguieff, « Les Protocoles des Sages de Sion, ou le plus célèbre des faux anti-juifs », Le Point Hors-Série, 21 (janvier-février 2009), pp. 88-89 ; Pierre-André Taguieff, Les Protocoles des Sages de Sion. Faux et usages d’un faux, Paris, Berg International/Fayard, 2004 (1ère éd. 1992) ; Catherine Nicault, « Le procès des protocoles des sages de sion, une tentative de riposte juive à l’antisémitisme dans les années 1930 », Vingtième Siècle, 53 (janvier-mars 1997), pp. 68-84.
  52. Alain Goldschläger, « Lecture d’un faux ou l’endurance d’un mythe : les Protocoles des Sages de Sion », Cahiers de recherche sociologique, 12, 1989, pp. 91-101.
  53. Le texte original du Pacte international relatif aux droits civils et politiques est disponible à l’adresse suivante : http://ec.europa.eu/justice/policies/privacy/docs/un-art17_fr.pdf [archive]
  54. http://www.echr.coe.int/Documents/FS_Hate_speech_FRA.pdf [archive]
  55. Arrêté du 25 mai 1990 interdisant la circulation, la distribution et la mise en vente d’un ouvrage. NOR: INTD9000211A (JORF n°121 du 26 mai 1990), voir en ligne [archive].
  56. Voir le résumé des modifications concernant l’article 14 de la Loi du 29 juillet 1881 sur la page suivante : [1] [archive].
  57. Décret n°2004-1044 du 4 octobre 2004 portant abrogation du décret-loi du 6 mai 1939 relatif au contrôle de la presse étrangère. NOR: INTD0400141D.http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=188B4E1B590668B475E05EECD900F94A.tpdjo12v_2?cidTexte=JORFTEXT000000807025&dateTexte=20041005 [archive]
  58. Philippe Randa (éd.), Protocoles des Sages de Sion. Un paradoxe politique, théorique et pratique, Paris, Déterna, 2010.
  59. Lyrissa B. Lidsky, « Where’s the Harm?: Free Speech and the regulation of Lies »,Washington and Lee Law Review, 65 (2008), p. 1094.
  60. Lyrissa B. Lidsky, « Where’s the Harm?: Free Speech and the regulation of Lies »,Washington and Lee Law Review, 65 (2008), pp. 1094-1095.
Bibliographie[modifier | modifier le code]

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