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Publié par Patrick Granet

Le Comité des Nations Unies pour les droits économiques, sociaux et culturels a déclaré l’eau " indispensable à la vie et à la santé ". " Le droit de l’être humain à l’eau est donc fondamental pour qu’il puisse vivre une vie saine et digne. C’est la condition préalable à la réalisation de tous ses autres droits."

plusieurs personnes ont été blessées à Yopougon, à l’ouest d’Abidjan, suite à une pénurie d’eau.

Plusieurs témoins rapportent que des affrontements ont eu lieu entre groupes d’habitants de Yopougon - Micao, à l’ouest de la capitale ivoirienne, Abidjan, suite à une pénurie d’eau.

Une bousculade pour s’approvisionner en eau à dégénéré en affrontements. Une dizaine de personnes ont été blessées, dont des femmes et des enfants, rapporte XInhua.

Les fréquentes pénuries à Abidjan et dans d’autres localités à l’intérieur du pays sont sources de désagréments et parfois d’incidents.

Le manque d’accès à l’eau potable est un problème majeur sur le continent. Les autorités ivoiriennes ont entamé des chantiers d’envergure pour renforcer l’alimentation des populations en eau potable.

Les coupures d’eau et d’électricité dans certains pays d’Afrique sont quotidiennes.

Comment résoudre la crise de l’eau en Afrique ?

DIMANCHE 16 JUIN 2013 / PAR FOUÂD HARIT

NYFA 2013, Libreville - Gabon | Ph : Fouâd Harit pour Afrik.com ©

Un sujet sensible et complexe. Pourtant, l’eau devrait être une ressource ouverte à tous sans distinction aucune. Il s’agit d’un droit naturel aux populations et d’un devoir pour les responsables politiques de répondre à ce droit. Il existe pourtant, encore en 2013, une grave crise de l’eau en Afrique. Quelles sont donc les solutions pour donner accès à l’eau potable à toutes les populations africaines ?

Ils étaient six, secteurs public et privé confondus, à tenter d’apporter des solutions à un grave problème qui touche l’Afrique comme d’autres continents, dans le cadre d’un « débat » consacré à la crise de l’eau au NYF Africa 2013 à Libreville, Gabon. Pourtant, force est de constater qu’aucun des intervenants n’a été en mesure de donner des réponses convaincantes pour une action concrète. « Les pays doivent prendre conscience des priorités. Les objectifs n’ont pas été atteints, ce qui signifie que l’eau n’est pas une priorité dans plusieurs pays africains ». Cette citation est l’un des nombreux exemples de propos exprimés par les participants à cette conférence sur la crise de l’eau.

Les Africains mesurent aujourd’hui que les gouvernements ne placent pas la gestion de l’eau dans leurs priorités et que les financements alloués à cet enjeu majeur sont minimes. Ce qu’ils attendent, ce sont des solutions.

L’activiste Saran Kaba Jones, fondatrice et directrice de Face Africa, une ONG qui lutte contre la pauvreté et la crise de l’eau en Afrique, a probablement été la seule du panel à véritablement répondre la question. Il n’y a, pour l’heure, tout simplement « pas de solution monolithique » ! Et ce, par manque d’engagement et de bonne volonté.

Saran Kaba Jones a soulevé là un point important. A titre d’exemple, il y a 128 ONG au Liberia qui « luttent » pour faciliter l’accès à l’eau aux habitants, un chiffre important. Mais 75% de la population n’a pas accès à l’eau potable. « Clairement, il y en a qui ne font donc pas leur travail », affirme-t-elle. Pourtant, c’est avec les aides et les pressions du privé que les gouvernements placeront dans leurs priorités des plans d’actions pour faciliter l’accès à l’eau potable. Certains Etats ne consacrent que 1% de leur budget à l’eau. Un chiffre jugé dérisoire par Saran Kaba Jones.

Quelques chiffres pour nous mettre en situation : pour fournir de l’eau à 200 ou 300 personnes sur 20 ans, il faut 5000 dollars au Liberia. Avec 1,3 milliards de dollars, 80 000 habitants peuvent bénéficier d’eau courante et potable. C’est peu, estime Saran Kaba Jones. Mais alors qu’attend le gouvernement libérien pour investir dans ce secteur ? Après 15 ans de guerre civile, celui-ci met pour le moment l’accent sur les infrastructures routières, etc. « L’eau n’est pas une priorité au Liberia », selon l’activiste.

Deux solutions sont à explorer. Créer des infrastructures pour fournir de l’eau de façon massive et encourager le secteur privé à prendre des risques pour s’aventurer dans les zones non explorées par les gouvernements. Mais l’argent pour financer leurs actions reste le premier besoin des ONG qui s’engagent vraiment dans la lutte de « l’eau pour tous ».

L’accaparement du Nil, un scénario qui inquiète l’Egypte

MARDI 14 MAI 2013 / PAR FOUÂD HARIT

Vue aérienne de zones agricoles en bordure du Nil

L’Egypte voit la ruée étrangère vers les terres agricoles en Afrique comme une menace pour ses ressources en eau. Les acquisitions par des pays étrangers de milliers d’hectares de terres au Soudan et en Ethiopie nécessitent une plus grande consommation d’eau. L’ennui est que ces trois pays puisent leur eau dans le Nil. Les besoins sont telles qu’il ne reste aujourd’hui plus beaucoup d’eau dans le fleuve.

Les plaines fertiles du continent africain attisent la convoitise des pays étrangers. A ce sujet, le Soudan et l’Ethiopie sont les destinations privilégiés de l’Arabie Saoudite, la Corée du Sud, la Chine et l’Inde où ces pays font l’acquisition de terres pour la production de blé, de riz et de maïs pour ensuite les exporter chez eux. La Corée du Sud, qui importe 70% de ses céréales, et l’un des plus gros exploitants agricoles au Soudan. Il a acquis 688 000 hectares dans le pays pour produire du blé. En Ethiopie, c’est l’Arabie Saoudite qui y trouve son compte. Une entreprise saoudienne a loué une terre de 10 000 hectares, avec la possibilité de l’étendre à 300 000, pour cultiver du riz. L’Inde y loue plusieurs milliers d’hectares pour la production de son maïs, de son riz et autres cultures.

Au-delà du problème d’eau que nous aborderons, se pose celui de la réduction de l’approvisionnement alimentaire dans les pays africains. Les gouvernements, eux, voient ces achats et ces locations de terres comme une aubaine. Davantage d’argent dans les caisses de l’Etat (et dans leurs proches). Mais elles accentuent aussi et surtout la famine. Et les agriculteurs, en colère, sont expulsés des terres de leurs ancêtres pour qu’elles soient revendus aux étrangers.

La liaison terre-eau

A priori, toutes ces ventes et locations de terres éthiopio-soudanaises par de riches gouvernements étrangers et entreprises agro-industrielles internationales n’ont aucun lien avec l’Egypte. Mais qui dit acquisition de terres, dit acquisition d’eau. Travailler la terre nécessite un arrosage régulier et plus important. Tout comme l’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie puisent leurs eaux dans le fleuve du Nil.

L’accord sur les eaux du Nil, signé en 1959 entre l’Egypte et le Soudan, a donné à l’Egypte 75% du débit du fleuve et 25% au Soudan et tous ces nouveaux intérêts commerciaux ne font pas partie de cet accord. L’Ethiopie qui n’a jamais vraiment aimé cet accord, et de fait car il a hérité de 0% du débit du fleuve, a annoncé en 2010 la construction à l’horizon 2015 du « Grand Barrage de la Renaissance ». L’édifice d’un tel barrage hydroélectrique sur son bras du Nil réduirait fortement le débit de l’eau vers l’Egypte.

Un barrage d’intérêts

Depuis 2010, l’évolution d’une nouvelle ligne diplomatique est donc née autour du Nil. Le projet de ce barrage éthiopien soulève un débat sur l’impact qu’il aurait sur le débit du fleuve en Egypte mais aussi au Soudan. Le gouvernement éthiopien argue que son pays contribue le plus au développement du Nil étant donné que le fleuve y trouve sa source à 85%. Il avance également le motif d’une érosion qui contribue considérablement à la perte de ses sols fertiles d’où la nécessité de construire un barrage. Ce barrage présenterait par ailleurs des avantages pour la Chine et l’Inde, deux importants investisseurs dans la région, qui pourraient ainsi faire augmenter le potentiel d’irrigation.

Dans son projet, l’Ethiopie trouve le soutien d’Etats qui ont signé en 2010 le traité d’Entebbe, aussi connu sous le nom de « cadre de coopération et d’accord du Nil ». Ce traité, qui a pour principal objectif de rendre illégitime le veto Egyptien, a été la conséquence directe de l’échec des pourparlers avec l’Egypte dans le cadre de l’Initiative du bassin du Nil (IBN) en 1999.

Pénurie d’eau

Selon la carte mondiale du stress hydrique, l’Egypte est en zone sensible. Le pays fait face à une pénurie physique d’eau. Le prélèvement d’eau dans les rivières dépasse 75% des disponibilités pour l’agriculture, l’industrie et la consommation humaine. Le prélèvement total d’eau par habitant et par an en m3 dépasse 970. Au soudan, il est de 683,4 m3 et de 80,5 m3 en Ethiopie.

La guerre du Nil

La ruée vers les terres agricoles n’est donc pas une bonne nouvelle pour l’Egypte, d’autant plus que l’Ethiopie et le Soudan occupent à eux deux les trois quarts du bassin du Nil. Avec ses 81 millions d’habitants, l’Egypte devrait compter en 2025 plus de 100 millions d’habitants. Trouver de la nourriture mais surtout de l’eau pour une population si nombreuse devient un défi lorsque le pays est classé en zone sensible. Selon les estimations des Nations Unies, le Soudan (44 millions d’habitants), l’Ethiopie (83 millions d’habitants) et l’Egypte compteront à eux trois 272 millions de personnes en 2025 et 360 millions d’habitants d’ici à 2050. La demande croissante en eau, la croissance de la population et les acquisitions étrangères de terres fertiles, sans parler du fait que l’agriculture en Egypte est totalement dépendante du Nil, pourraient laisser place, dans un futur proche, à un scénario dramatique. Une véritable guerre des eaux pourrait être déclenchée !

Afin d’éviter un tel scénario, Earth Policy Institute préconise de « passer à des cultures moins intensives en eau », adopter « des technologies d’irrigation plus efficaces en eau ». L’institut invite également les Etats de la région à s’unir contre l’accaparement des terres par les gouvernements et les entreprises étrangers.

Cameroun : combien coûte l’eau ?

Enquête. Un règlement de service de distribution de l’eau existe au Cameroun et devrait rendre la vie des Camerounais plus facile, pourtant les consommateurs d’eau doivent toujours faire la queue pour obtenir le précieux liquide avant de le faire décanter pour enfin pouvoir le consommer en espérant (peut-être) ne pas en tomber malade.

Bien malin celui qui saura donner le coût réel de l’eau au Cameroun. Les bornes fontaines publiques se sont raréfiées dans les centres urbains et même en milieu rural. L’eau qui y coule est vendue aux usagers parfois à plus de 1 000 F le mètre cube, soit près de trois fois son prix réel ! Ces consommateurs ayant attendu plusieurs heures n’ont d’autre choix que d’accepter.

Tous les Camerounais, victimes de l’eau

Les Camerounais qui ont la chance d’un accès privé à une eau supposée potable, n’en sont pas pour autant à l’abri de désagréments. L’eau qui coule des robinets change systématiquement de couleur ou cesse de couler sans avertissement de la compagnie de distribution. Les usagers de certains quartiers en sont ainsi privés pendant de nombreux jours. « Avec cette eau c’est la tombola, il faut toujours penser à constituer des réserves pour éviter des mauvais désagréments même quand on a un branchement à son domicile », conseille Pulchérie Menka, une ménagère.

En plus, l’eau du robinet ou l’eau achetée aux fontaines publiques demeure impropre à la consommation. Pour tous, il faut encore payer pour filtrer l’eau. « L’eau qui coule des robinets de l’ancienne Snec est parfois si rouge qu’on est obligé de la passer par un filtre avant consommation. Il faut donc en plus se doter d’un filtre moderne qui ne court pas les rues », explique Armand, un usager.

Cette situation expose les Camerounais à de nombreuses maladies hydriques. Le choléra, la typhoïde, des diarrhées multiformes comptent parmi les maladies les plus recensées dans les formations sanitaires locales. Pourtant éradiqué dans plusieurs pays africains, le choléra est une réalité au Cameroun. Ces derniers mois, il a été enregistré près de 3 000 cas et une centaine de décès notamment là où l’eau potable fait défaut.

Et pourtant le consommateur a des droits intangibles

« Je bénéficie d’un branchement d’eau de la Snec depuis douze ans mais ne sait pas si nous, les consommateurs, avons aussi des droits vis-à-vis de l’ancienne Snec. On peut nous couper l’eau pendant des jours sans sommation sans que nous puissions nous plaindre ; Mais si nous sommes en retard de règlement de notre facture d’un jour, on nous frappe une amende de 5 000 F », renchérit Mama Tchossa. Cette réalité est partagée par la plupart des consommateurs ou abonnés de la Camerounaise Des Eaux (CDE) à qui l’Etat a confié la distribution de l’eau potable.

Un "règlement du service affermé de distribution de l’eau potable dans les centres urbains et périurbains du Cameroun" est pourtant en vigueur depuis décembre 2010. Ce document définit les conditions et les modalités de fourniture d’eau potable aux demandeurs conformément aux contrats d’affermage et de performance signés entre l’Etat du Cameroun, la Cameroun water utilities (Camwater) et la CDE. Il consacre ces droits et devoirs des usagers.

La Camwater, la CDE et l’Etat n’ont, jusqu’à présent, pris aucune initiative pour divulguer le contenu de ce document qui pourrait causer d’énormes préjudices à ces deux entreprises peu enclines à respecter leurs engagements vis-à-vis de leurs clients et usagers. Ils sauraient alors que tout Camerounais peut solliciter et obtenir un abonnement et un branchement de l’eau du service public dans des délais très courts. Le fermier, en l’occurrence la CDE doit veiller à lui offrir une eau de qualité et lui verser des indemnités en cas de non respect des clauses contractuelles indiquées dans ce règlement de service.

Une situation de travaux en cours

A peine 30% de la population camerounaise a aujourd’hui accès à l’eau potable. Des efforts ont néanmoins été consentis en 2009 pour résorber le déficit : la production d’eau a augmenté de 15,6% à 124,3 millions de mètres cube. Cela a été rendu possible grâce à l’extension et à la densification des réseaux urbains et périurbains, à la réhabilitation de certains ouvrages et équipements de production de l’eau potable et surtout la mise en service de l’usine de traitement de Ayato. De nouvelles unités de production ont par ailleurs été créées à Batcham, Soa, Pouma, Ngambe et Dizangue. La Camwater projette ainsi, d’ici 2016 de doubler le nombre d’abonnés. Un engagement certes louable, mais qui sera toujours loin de faire baisser la facture d’eau potable. En attendant, à chacun selon sa bourse.

Avoir de l’eau et mourir de soif

JEUDI 22 MARS 2012 / PAR OUMAROU DOUKHALI

Reportage. Le Cameroun célèbre de concert avec les autres pays du monde la journée mondiale de l’eau ce 22 mars et bien qu’arrosé par de nombreux cours d’eau, avec une forte pluviométrie, obtenir de l’eau reste un parcours du combattant. Avoir de l’eau potable dans les robinets est une véritable gageure. Bien plus, son absence est parfois autant préjudiciable que sa présence du fait de sa qualité qui charrie de nombreuses maladies hydriques.

Le point de distribution d’eau potable offert par la société Sic Cacao au quartier Bassa à Douala ne désemplit jamais. Tôt les matins et jusqu’à 18H30, cet espace aménagé à la sortie sud de cette entreprise grouille de monde. L’image ici est colorée et bucolique. Jeunes, adultes, femmes et hommes se bousculent au rythme infernal des cliquetis et bruits des bidons et ustensiles de transport d’eau. Deux robinets laissent couler le précieux liquide qui est ensuite récupéré par les usagers en fonction de l’ordre d’arrivée. Le premier est réservé aux enfants de moins de quinze ans et le second aux adultes qui l’exploitent sous le contrôle de quelques jeunes qui en ont fait une de leurs activités génératrices de revenus. « On n’a pas besoin d’une quelconque police pour faire respecter cette disposition qui est connue et acceptée tacitement par tous. Cela évite non seulement les bousculades, mais en plus, facilite la tâche aux petits enfants et aux femmes qui ne peuvent jouer des coudes », justifie un de ces jeunes.

Postés dans ce point de collecte d’eau à longueur de journée, la vingtaine de jeunes se relaie à tour de rôle et en fonction des jours précis pour aider de grandes personnes qui y arrivent à bord de voitures ou d’engins à deux roues, transportant de nombreux bidons. Il n’est pas rare de trouver garer en ce lieu cinq véhicules ou encore une dizaine de motos en attente de ces bidons. Parti du rond-point à bord de sa moto, Samuel qui a tout juste été servi embarque une centaine de litres d’eau sur son engin. Deux bidons de 25 litres chacun sont disposés de part et d’autre de l’engin. Deux autres sur le siège arrière et le plus petit des bidons devant le siège du conducteur. « j’effectue ce rituel une fois par semaine pour ravitailler ma famille en eau potable. Cette eau de forage est de bonne qualité comparée à celle qui coule des robinets de la Camwater et pour cela je n’hésite pas à mettre le prix pour l’avoir », justifie-t-il.

La qualité a un coût

En effet, les porteurs de ces gros bidons et propriétaires de véhicules ou d’engins se font généralement aider. Une fois leurs engins ou véhicules garés, ils sont approchés par ces jeunes qui les récupèrent pour les remplir d’eau. Ils les transportent ensuite jusque dans les véhicules ou près de l’engin pour l’embarquement. « Le bénéficiaire de ce service nous gratifie alors en fonction de sa bourse. Nous pouvons alors recevoir entre 500 et 1000 F que nous nous partageons. Il m’arrive parfois de gagner jusqu’à 3000 F par jour les week-ends », explique un jeune. Cette pratique est désormais monnaie courante dans toutes les grandes villes du pays où obtenir de l’eau potable est un parcours de combattant. Les quelques rares propriétaires de robinets qui ont réussi à bénéficier d’un branchement de la Camwater et de la société camerounaise des eaux n’hésitent pas à revendre le précieux sésame à leurs voisins. Des usagers parcourent souvent de nombreux kilomètres pour trouver un point de vente. L’occasion faisant le larron, de nombreux particuliers n’hésitent plus à creuser des forages privés. Ils raccordent alors leurs voisins à l’aide d’un compteur qui leur paient une consommation mensuelle ou encore vendent l’eau directement à partir de leur robinet. Même des usagers pourtant branchés par la Camwater se retrouvent parfois pris au même piège du fait du rançonnement de la fourniture d’eau. Présente ou absente dans les habitations, l’eau potable demeure une denrée rare et coûteuse.

L’accès à l’eau potable dans toute l’Afrique, un espoir lointain ?

L’accès à l’or bleu, un enjeu de taille en Afrique. Du 12 au 17 mars, le sixième Forum Mondial de l’Eau se tient à Marseille. Environ 20 000 personnes de 140 pays participent aux réflexions et échanges pour apporter des solutions quant à l’accès universel à l’eau potable. Une problématique qui concerne 40% de la population d’Afrique subsaharienne.

Le Forum Mondial de l’Eau, intitulé « Temps des solutions », qui se tient à Marseille du 12 au 17 mars 2012, réunit près de 20 000 participants de 140 pays différents (institutions, entreprises, associations, élus locaux). « Les défis sont immenses et les faits tenaces », a lancé le Premier ministre français, François Fillon, dans son discours d’ouverture lundi. Il a exhorté la communauté internationale à « réfléchir aux moyens de rendre cet accès universel en 2030 », à « se mobiliser pour y remédier », qualifiant la situation d’« inacceptable ».

Environ 40% de la population d’Afrique subsaharienne n’a pas accès à l’eau potable. C’est le continent où l’accès à une eau de qualité est le plus limité, selon le quatrième rapport de l’Onu sur l’eau. Pourtant, l’Afrique compte dix-sept grands fleuves et une centaine de grands lacs, auxquels s’ajoutent de considérables nappes phréatiques.

Les enjeux ou problèmes spécifiques de l’eau en Afrique

Compte tenu de l’accroissement des besoins multiples et surtout de la forte croissance de la population mondiale, l’eau est plus que jamais devenue un enjeu majeur dans les sociétés. D’une part, les pays occidentaux satisfont leurs besoins au prix d’investissements financiers lourds permettant d’accéder, de distribuer et de traiter l’eau douce. D’autre part, les pays du Sud sont confrontés à d’énormes difficultés, dont l’ampleur est tributaire des caractéristiques physiques, démographiques, économiques et politiques de chacuns.

L’Afrique reste confrontée à un immense « stress hydrique », s’expliquant par une forte pénurie d’eau qui pèse sur une partie importante des populations. Au sud du Sahara, environ 300 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable (plus du tiers de la population du continent) et un habitant sur deux souffre de maladies résultant de la pénurie ou de la mauvaise qualité de l’eau.

L’inégale répartition géographique des ressources en or bleu est une caractéristique importante du continent africain. Le problème est lié à la réduction des territoires endoréiques, des territoires où l’écoulement des eaux n’atteint pas la mer et se perd dans des dépressions fermées. L’irrégularité et la diminution des précipitations depuis les années 70 n’ont, qui plus est, fait qu’aggraver la question des besoins en eau. En Afrique australe et en Afrique orientale, les populations alternent ainsi depuis les deux dernières décennies entre sécheresses et inondations.

Par ailleurs, la fragilisation des écosystèmes, à travers une forte intensification des activités agricoles, une intensification de la déforestation, un développement des activités industrielles et une urbanisation massive, a contribué au risque de manque d’eau dans plusieurs parties du continent.

Gestion partagée et maitrisée de l’eau

En Afrique subsaharienne, l’exploitation et la maîtrise de l’eau, tant en milieu rural qu’urbain, sont devenues des questions stratégiques au regard de l’accroissement démographique, de la diversification des activités économiques et de la dégradation actuelle de l’environnement. L’eau est donc l’objet de nombreuses convoitises et tensions entres les états mais aussi entre milieux urbains et ruraux.

La réalisation d’une vraie gestion durable de l’eau repose donc sur le développement d’un partage équitable et sur une économie de l’eau qui concilie les intérêts des acteurs concernés.

Message de Sid Ahmed Ag Ahmouden en compagnie de sa soeur Mai Walette, tous deux de l’ethnie des Iforas, au nord du Mali.

Faire face au défi de l’eau pour nourrir l’Afrique

MERCREDI 17 DÉCEMBRE 2008 / PAR STÉPHANE BALLONG

Une conférence réunissait des représentants des pays africains à Syrte. L’Afrique comptera deux milliards d’habitants d’ici 2050. Deux milliards de personnes à qui il faut assurer les besoins en nourriture, en eau et en énergie. L’accroissement de la production agricole pour garantir la sécurité alimentaire s’impose au continent. Pour y parvenir, une maîtrise et une gestion efficace de ses ressources en eau pour l’agriculture et l’énergie seront indispensables. Plusieurs techniques existent et peuvent permettre au continent de relever ce défi. Du 15 au 17 décembre, des dirigeants du continent se sont réunis pour étudier les financements nécessaires à cet effet.

« L’eau pour l’agriculture et l’énergie en Afrique ». Une conférence qui s’est achevée ce mercredi, à Syrte, en Libye, a réuni autour de ce thème, les ministres et hauts fonctionnaires de 53 pays africains. Ils se sont mis d’accord sur l’importance de la maîtrise et de l’utilisation rationnelle des ressources en eau au plan national, régional et continental au profit de l’agriculture et de l’énergie. C’est la seule voie, selon eux, d’assurer la sécurité alimentaire et les besoins sans cesse croissants du continent en énergie.

Pendant trois jours, ils ont étudié un programme de 65 milliards de dollars, retenu par le Fonds des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), et qui présente en détaille les besoins en investissements dans l’irrigation et l’énergie hydro-électrique dans chacun des 53 pays d’Afrique. C’est la première fois que des bilans exhaustifs par pays, portant sur les besoins en investissements à court, moyen et long termes sont établis et adoptés. Selon Luis Silva, directeur du centre de coordination des ressources en eau (CCRE) de la Cedeao [1], basée au Burkina Faso, l’Afrique doit rattraper dans ces différents domaines. « Les pays riches maîtrisent 70 à 80% de leurs potentiels hydrauliques. En Asie, ce taux est passé de moins de 4% à près de 50% au cours des trente dernières années. En Afrique, il reste encore inférieur à 4% », indique-t-il.

Une gestion concertée des bassins transfrontaliers

Pourtant, les techniques pour la maîtrise des ressources en eau en Afrique existent et se développent de plus en plus. Celles qui sont utilisées dans les pays industrialisés peuvent être adaptées aux pays africains, affirme Jean-François Donvier, directeur de l’office international de l’eau, basé à Paris. Mais selon lui, l’urgence en Afrique, au sud du Sahara, est le renforcement de la gestion coordonnée des bassins transfrontaliers. « Il faut préalablement mettre en place des autorités administrative, juridique…, pour une gestion concertée entre les pays ayant en commun un ou plusieurs cours d’eau ».

Ensuite, devrait suivre le financement de l’installation des infrastructures. Bien qu’en matière de gestion concertée des ressources en eau, des organismes interétatiques sont en train de se mettre en place un peu partout sur le continent, en termes de financements d’infrastructures beaucoup reste à faire. L’Afrique devrait mettre la main à la poche. « Il ne faut pas s’attendre à ce que les partenaires en développement financent à 100% ces investissements », prévient Jean-François Donvier.

La maîtrise de l’eau en Afrique subsaharienne est confrontée à deux principaux problèmes : le stockage et l’acheminement, explique Luis Silva. Les infrastructures à mettre en place sont donc celles qui répondront à ces besoins, à savoir les barrages et les réseaux de distribution. Les infrastructures déjà existantes doivent être restaurées et de nouvelles construites. Les lacs doivent être protégés.

Produire plus avec moins d’eau

Tous les spécialistes s’accordent à dire que l’irrigation sera la clé de la sécurité alimentaire en Afrique car moins de 10% des terres irrigables sont exploitées, selon le CCRE. « Mais avant d’irriguer les terres, affirme Luis Silva, il faut pouvoir stocker l’eau et l’utiliser quand on le veut et où on le souhaite ». Il ajoute que « l’irrigation est d’ailleurs pratiquée dans nombre de pays de la sous région ouest-africaine, mais c’est la technique utilisée qui est inefficace ». En Afrique subsaharienne, la méthode traditionnelle est la plus courante. Or cette technique consistant à acheminer l’eau de sa source vers le point de son utilisation par un canal à ciel ouvert favorise le gaspillage. En raison de l’évaporation et aux fuites dans les canaux, d’une part, et parce qu’elle achemine de l’eau plus qu’il en faut, d’autre part. « Elle est aussi agressive pour le sol et peut provoquer l’érosion », précise Jean-François Donvier.

« Nous devons, estime M. Silva, nous orienter vers des techniques plus économes en eau, telles que les méthodes par aspersion ou le goutte-à-goutte ». Ces pratiques sont plus coûteuses à leur installation, car plus sophistiquées, mais plus efficace. En général, il s’agit de systèmes permettant de pomper l’eau du sous-sol, et de l’acheminer grâce à un tuyau vers la terre à irriguer. Là, elle est restituée sous forme de pluie. L’avantage de ces techniques est qu’elles permettent d’utiliser la quantité d’eau nécessaire aux plantes, et de maintenir la couverture du sol. Selon Luis Silva, ce sont ces technologies qu’il faut privilégier en Afrique. Car le défi pour le continent, souligne-t-il, « c’est de produire beaucoup plus avec moins d’eau ».

En 2050, la population africaine devrait doubler, selon plusieurs projections, pour atteindre deux milliards de personnes. Cette croissance va créer une forte pression sur les besoins alimentaires, en eau et en énergie. Pour faire face à ce challenge, le continent doit multiplier au moins par deux sa production alimentaire, et se résoudre à une gestion rationnelle des ressources en eau. Des ressources naturelles qui ne sont pas illimitées

[1] Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest

Plus d’un milliard de migrants d’ici 2050

MARDI 15 MAI 2007 / PAR KHALED ELRAZ

Les effets démographiques du réchauffement de la terre. L’ONG anglaise « Christian Aid » a publié lundi 14 mars 2007 un rapport alarmiste sur les effets démographiques prévisibles du réchauffement climatique dans les prochaines décennies.

Le chiffre paraît hallucinant, comparé à la population de chaque pays européen, qui se chiffre en dizaines de millions, ou même de l’Europe entière, qui se chiffre en quelques centaines de millions. Dans les 4 décennies qui viennent, en l’espace d’une génération et demie, plus d’un milliard de personnes devraient avoir accompli une migration pour fuir les effets du réchauffement climatique.

Plus d’un milliard d’émigrés forcés…

Le titre du rapport est on ne peut plus explicite : « Marée humaine : la véritable crise migratoire » et le sens de l’étude présentée est clair : c’est un avertissement sur le rythme et l’accélération des déplacements de population au XXIème siècle.

L’échec de la lutte contre la soif et la faim

Les chiffres de l’ONG sont fondés sur les évaluations des différentes agences des Nations Unie, à commencer par la FAO et sur les travaux du GIEV, Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat, dont les études, non encore publiques, font état de 1,1 à 3,2 milliards d’être humains qui souffriront de la soif et du manque d’eau, tandis qu’entre 200 et 600 millions de personnes mourront de faim, parce qu’ils subiront directement les effets de l’assèchement des terres agricoles… Selon le GIEC, plus de la moitié de la population mondiale connaîtra des problèmes liés à l’eau en 2080. Ainsi l’accès aux ressources naturelles vitales sera un enjeu majeur sur tos les concurrents.

A l’évidence le manque d’eau et de nourriture sera responsable d’une bonne partie des déplacements de population prévisibles en Afrique, par exemple, où « Christian Aid » souligne le caractère « particulièrement exposé » du Mali. Mais il sera aussi responsable d’événements tragiques qui accentueront les déplacements de population : les guerres ou les conflits territoriaux liés à la détention des ressources agricoles et aquatiques rares.

La montée des océans

Enfin l’un des effets immédiats du réchauffement sera la montée du niveau des océans, qui contraindra entre 2 et 7 millions de personnes, chaque année, à refluer plus loin à l’intérieur des terres, dans une forme de migration forcée imposée par les mutations géologiques…

En plaçant sur la table, à quelques jours du G8, ces synthèses prospectives chiffrées, « Christian Aid » a un objectif clair : amener une prise de conscience rapide des enjeux des politiques de co-développement et du renforcement des modèles alternatifs de développement humain.

Il est indispensable d’engager tout de suite les actions de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il est indispensable de provoquer une forte mobilisation au Nord et à l’Ouest, pour que les évolutions engagées ne s’emballent pas, et que le réchauffement de la planète de la transforme pas en enfer collectif ! En particulier pour les habitants du Sud du globe...

DOSSIER

L’Eau en Afrique

Rapport mondial des Nations Unies sur l’eau : « L’eau, une responsabilité partagée »

LUNDI 13 MARS 2006 / PAR VITRAULLE MBOUNGOU

Un habitant de la planète sur cinq n’a pas toujours accès à l’eau potable. La crise de gouvernance et les changements environnementaux privent d’eau potable un habitant sur cinq dans le monde. C’est ce qu’indique le deuxième Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau, dévoilé à la presse jeudi dernier à Mexico. Il met l’accent sur la mauvaise gestion des ressources en eau.

Par Vitraulle Mboungou

1,1 milliard de personnes dans le monde n’ont toujours pas accès à des ressources suffisantes en eau potable. Le deuxième rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau, intitulé « L’eau, une responsabilité partagée », démontre, en s’appuyant sur les conclusions du premier rapport de 2003, que la crise mondiale de l’eau résulte en grande partie d’une crise des systèmes de gouvernance qui détermine les modalités de distribution de l’eau. Ces systèmes décident « qui peut avoir quelle eau, quand et comment, et décident qui a droit à l’eau et aux services connexes ». Fruit d’un travail commun entre 24 agences des Nations Unies, cette deuxième édition présente, une semaine avant le 4e Forum mondial de l’eau (Mexico, 16-22 mars), une analyse approfondie de la situation mondiale des ressources en eau.

Nombreuses sont les personnes dans le monde (2,6 milliards) qui ne bénéficient pas de service d’assainissement. Une large majorité d’entre elles se trouve dans les pays les plus pauvres, notamment en Afrique subsaharienne. Cette situation quelque peu alarmante, peut se révéler être un obstacle majeur pour atteindre l’un des objectifs du Millénaire pour le développement, qui vise à réduire de moitié d’ici 2015, le pourcentage de la population privée d’approvisionnement en eau potable. La corruption reste selon le rapport, un des principaux problèmes qui nuit gravement à la situation. Par ailleurs 30 à 40% des ressources en eau ne sont pas comptabilisées à cause des raccordements illégaux et des fuites dans les canalisations et les canaux.

De plus en plus de catastrophes naturelles liées à l’eau

Ce rapport pointe également du doigt les catastrophes naturelles liées à l’eau. De plus en plus nombreuses, elles représentent 90% des catastrophes naturelles dans le monde. La mauvaise utilisation des sols en serait la principale cause. Il cite le cas du lac Tchad, qui a perdu près de 90% de sa superficie depuis les années 1960, essentiellement à cause du surpâturage, de la déforestation et de grands projets d’irrigation non durables. Parallèlement, les sécheresses, qui touchent chaque année différents pays d’Afrique de l’Est, sont un exemple frappant de la progression significative de ces phénomènes. Elles ont des conséquences tragiques aussi bien au niveau économique que sanitaire. De ce fait, des pays, comme le Mali, en Afrique de l’Ouest, dont l’économie dépend essentiellement de la production agricole, ont énormément du mal à faire face aux problèmes posés par la pénurie d’eau. Dans ce pays où 80% de la population a une activité agro-pastorale, le rapport préconise donc une meilleure maîtrise des ressources en eau.

L’absence de ressources en eau, en particulier pendant les périodes de sécheresse, a véritablement un effet dévastateur sur l’alimentation. Elle est en grande partie responsable de la crise alimentaire que connaît actuellement des pays comme l’Ethiopie, le Kenya et la Somalie. Depuis quelques temps ces pays sont effectivement confrontés aux problèmes de famine qui touchent leurs régions les plus arides. La sécheresse a entraîné dans ces pays une famine qui menacent 6,2 millions de personnes. Rappelons également qu’une eau de mauvaise qualité joue un rôle majeur dans les mauvaises conditions de vie et reste la cause de nombreux problèmes de santé. Elle est par exemple à l’origine des maladies comme le paludisme, le choléra mais aussi les maladies diarrhéiques. Ce deuxième rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau sonnent donc comme une alerte rouge aux différents Etats de la planète.

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